L'enjeu réel
L'extrême droite n'est pas un sujet à la mode. Son retour sur le devant de la scène politique n'est pas seulement une gueule de bois pour lundis noirs. Ce peut être un risque réel.
L'extrême droite n'est pas notre obsession. L'équipe de RésistanceS vient d'horizons sociaux et philosophiques variés. Immergés dans la réalité complexe, souvent dure, de ce millénaire finissant, nous sommes engagés à des degrés divers dans la vie de la cité, la politique au sens noble.
Chacun à notre manière, nous cherchons à répondre à la vraie question que pose cette société en mutation : comment assurer à chacun une place digne, sur une terre habitable ? L'emploi, la justice, l'éducation, le cadre de vie, voilà quelques enjeux véritables. Pour y répondre, des doctrines, des partis, se sont construits. Avec des êtres humains plus ou moins sincères. Pas avec des surhommes.
Nous avons le choix, nous pouvons même formuler nos propres réponses. Nul ne saurait en imposer de toutes prêtes. Cela s'appelle la démocratie. En disant cela, nous espérons enfoncer des portes ouvertes.
L'extrême droite a les réponses. Après avoir décrit en termes simplistes une partie de la réalité (magouilles, insécurité), elle met en joue les partis traditionnels, l'immigration, etc. Elle détient, bien sûr, une doctrine plus élaborée - dont on a vu les effets sinistres il y a un demi-siècle. Mais celle-ci, comme dans toutes les sectes, est réservée aux initiés. A son public-cible, elle déverse statistiques inventées, amalgames indécents (Avec le FN, faites de la résistance), et autres recettes démagogiques qui ratissent d'autant plus large que les réflexes démocratiques s'émoussent... ou n'ont jamais été acquis.
Le meilleur barrage contre l'extrême droite sera de redonner un sens au mot démocratie. Si le discours d'extrême droite peut séduire, c'est aussi grâce à l'oubli. Non seulement l'oubli des pratiques démocratiques par certains élus, la perte des repères gauche/droite prétendument dépassés, qui empêchent d'identifier l'extrême droite derrière son masque populiste ou poujadiste, mais aussi la perte de la mémoire.
Qui se souvient par exemple qu'à l'automne 1932, aux dernières élections libres, le parti nazi était crédible pour quelque 40% des votants, à qui il promettait le pain et la liberté ? L'extrême droite enfonce des portes ouvertes sur l'abîme.
« RésistanceS » se positionne comme un observatoire pour détecter les activités des pyromanes d'extrême droite, autour d'installations hautement combustibles et d'usagers parfois irresponsables. Ces inconsciences peuvent mener à des Vitrolles, en attendant pire.
Notre projet, est, pour comencer, d'aider à susciter des ripostes, comme fin mars à Strasbourg. Une fois ce déblayage réalisé, les citoyens pourront se consacrer aux vrais problèmes, cités plus haut.