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Contre lextrême droite antisociale Le FPÖ a accumulé les succès électoraux depuis que Jörg Haider en a pris la direction en 1986. Il est désormais le deuxième parti du pays. Il y a là plusieurs raisons de sinquiéter. Il est difficile de comprendre, au regard de nos connaissances sur le nazisme, que 27 % des électeurs autrichiens aient voté pour la formation de Haider. Invoquer le fait que lAutriche se présente à elle-même et aux autres pays comme étant une des premières victimes du nazisme pour expliquer le trou de mémoire quant à ladhésion de nombreux Autrichiens au IIIe Reich allemand, nest pas satisfaisant. Haider a non seulement vanté la politique hitlérienne en matière demploi, mais il a appelé ses concitoyens à respecter les " vétérans de la Waffen SS ". Par ailleurs, pour l"ancien " président du FPÖ, lAutriche nest pas vraiment un pays, mais une province allemande, et par conséquent, la légitimité de lEtat nest pas reconnue pleinement. On peut aussi sinterroger sur une démocratie qui, depuis la fin de la guerre mondiale, gère, loin des citoyens, les antagonismes sociaux. Ces derniers sont réglés de manière paritaire dans le cadre dun dispositif non officiel, appelé Proporz. Ce mode de fonctionnement se passe très bien de toute forme dengagement individuel et de mobilisation collective. On comprend mieux pourquoi les Autrichiens, peu accoutumés au fait que lespace public soit investi par les citoyens pour exprimer leurs opinions, furent surpris de voir les rues de Vienne investies par les manifestants anti- Haider. Quelle est la valeur dune démocratie qui fonctionne loin des citoyens et sans que ne se développe, au cur de la société, une culture démocratique. Depuis 15 ans, la politique menée au niveau du pays est de type néolibérale. Et, comme partout ailleurs où ce type de politique fut appliqué, ce sont les franges de la population les plus fragiles de la société qui en font les frais. En Autriche aussi, les dirigeants ont fondé leur politique sur la confiance cynique dans la passivité des plus fragiles. Dès lors, comment ne pas voir là une explication parmi dautres, de la montée du FPÖ. Celui-ci a su gagner aux dernières élections 40 % du vote ouvrier et près de 50 % de la petite classe moyenne. Nos hommes politiques ont beau jeu de crier contre Haider, mais ils approuvent et mènent ici les politiques néolibérales qui ont, là-bas, rendue possible larrivée de lextrême droite au gouvernement, au côté du parti conservateur. Pour quun régime démocratique puisse reposer sur des bases solides, il convient tout dabord que les citoyens qui forment ensemble la communauté politique prennent connaissance de leur histoire et quils lentretiennent. Ensuite, il convient que les responsables dorganisations syndicales ou politiques favorisent lémergence dune culture démocratique au sein de leurs organisations respectives avec lespoir quelle influence la société toute entière. Enfin, il conviendrait de remettre en question les politiques néolibérales qui, partout simposent et qui, partout accroissent les inégalités sociales. Nos gouvernants, lUnion européenne, le Fonds monétaire international, la banque mondiale, lOrganisation Mondiale du Commerce, etc., tous nous enseignent quil ny a pas dautre politique possible. Sous prétexte de nous mobiliser pour gagner la compétition économique internationale, on nous impose un modèle unique et soi-disant incontournable. Lidéologie de la compétitivité sapparente, en fait, à une pédagogie de la soumission. Face à cette idéologie néolibérale et au déficit démocratique de nos régimes, il faut quune opposition forte et démocratique naisse afin de ne pas laisser le champ libre à lextrême droite. La rédaction du site RésistanceS |