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Le Dossier spécial "résistances en Autriche, la lutte continue" du site internet "RésistanceS", vous propose

Le premier numéro

Evil : Austria !

Edition française – n° 1 - Juin 2000
Ce bulletin électronique mensuel a pour objectif de diffuser, en plusieurs langues, des informations sur la situation politique actuelle en Autriche. Il est réalisé par l'organisation antifasciste autrichienne Rosa Antifa Wien (RAW). Un réseau européen, de Vienne à Amsterdam, en passant par Lyon et Bruxelles (notamment), s’est mis en place pour soutenir Evil : Austria !. " RésistanceS " est membre de ce réseau. Vous aussi, soutenez - et diffusez auprès de vos ami(e)s – cette voix de la résistance autrichienne. Un grand merci d'avance pour votre solidarité (M.AZ.)

EDITO…

Bienvenue dans ce premier numéro de Evil: Austria!

Voici notre nouveau bulletin d'information mensuel, qui a pour objet
de vous informer de la situation actuelle en Autriche et des
conséquences de la politique du nouveau gouvernement. Nous avons pris la décision de lancer ce bulletin car nous nous sommes rendu compte que peu de gens connaissent la véritable situation en Autriche, surtout depuis l'étranger. Le gouvernement a atteint son objectif : dans les discussions au sujet des "sanctions" de l'Union européenne, la folie quotidienne de ce pays a finalement disparu de l'ordre du jour pour le public international. Nous voulons éviter la
normalisation de la droite et de l'extrême-droite au gouvernement en Autriche. Mais nous sommes également motivés par des raisons plus personnelles : le contrôle international freine l'aggravation de la situation, pour l'heure du moins. Il est donc essentiel de distribuer ce bulletin aussi loin et aussi fréquemment que possible, afin d'informer un maximum de lecteurs sur la situation autrichienne.

Donc : distribuez, distribuez et distribuez encore ! Utilisez comme bon vous semble ce matériel pour toutes vos publications, mais ayez l'amabilité de nous envoyer un Email pour nous en avertir si vous le faites.

Nous nous efforçons en outre de distribuer ce bulletin en différentes
langues et nous serions reconnaissants si certains pouvaient nous
aider à le traduire. Si vous souhaitez nous aider et si vous parlez
d'autres langues que l'Allemand, l'Anglais ou l'Espagnol, faites-le
nous savoir !

Voilà, cet édito est assez long, il me semble... Une dernière chose :
merci de nous faire parvenir vos critiques et vos remarques à
l'adresse suivante : raw@swi.priv.at

Bonne lecture !

L’actualité autrichienne

> Les "sanctions" selon Haider
Durant la cérémonie d'inauguration d'un bâtiment officiel en
Carinthie, Joerg Haider a réclamé des poursuites judiciaires à
l'encontre des politiciens qui "agissent contre l'Autriche", visant
particulièrement le leader du Parti social démocrate, Gusenbauer, et le Parlementaire européen Voggenhuber, membre du Parti Vert. Haider s'appuyait sur le paragraphe 248 de la Législation autrichienne :
"(1) Toute personne insultant ou outrageant intentionnellement la
République autrichienne ou un de ses Etats fédéraux de manière telle que cet agissement soit porté à la connaissance du grand public, sera passible d'une peine d'emprisonnement allant jusqu'à un an".

Outre le scandale que constitue en soi cet article de loi, il est
particulièrement odieux de l'appliquer contre une opposition
politique. Selon nous (et nous ne sommes pas les seuls), le simple
fait de réclamer l'emprisonnement de leaders de l'opposition démontre le souhait d'un régime autoritaire et dévoile, une fois de plus, la véritable personnalité de Joerg Haider. Des paragraphes similaires ont été employés, à leur époque, par Mussolini et Franco pour museler leur opposition.

Mais Joerg Haider n'est pas le seul à réfléchir dans cette logique,
j'en veux pour preuves les déclarations d'autres membres du parti :
la Secrétaire du FPOe, Theresia Zierler, estime que cette idée "vaut la peine d'y réfléchir".

Pour le Ministre de la justice du FPOe (avocat et compagnon
d'association d'étudiants en droit de Haider), Dieter Boehmdorfer,
cela "vaut la peine de poursuivre" cette idée. Le Chancelier fédéral
du Parti populaire autrichien (OeVP), Wolfgang Schuessel, parle d'un "thème de l'été". S'il se réfère à la liberté d'opinion selon le
point de vue de Schuessel, Haider peut en effet poursuivre sur de
telles idées.

> "Hump? Dump? Lump?" La canaille...
Hilmar Kabas a été élu président de la section viennoise du FPOe lors de sa dernière convention. Nous devons à Kabas le "Stop à
l'infiltration étrangère" à Vienne au cours de la dernière campagne
électorale, ce qui lui avait valu une tarte à la crème en plein
visage, il y a quelque temps.

Lorsqu'un membre de son parti lui a remis un autre gâteau (pas dans le visage, celui-là), Kabas a prononcé quelques mots à l'intention du Président autrichien Thomas Klestil (qui a refusé à Kabas le portefeuille de Ministre de la Défense du fait de ses propos relatifs à l'"infiltration étrangère"). Kabas a déclaré que Klestil s'est comporté comme une canaille (en Allemand : "Lump").

Différents reporters ont souhaité savoir ce que Kabas avait voulu dire par là. Mais Kabas a finalement perdu patience et déclaré : "En ce qui concerne Klestil, je n'ai jamais dit une chose pareille ("Lump" = canaille). Peut-être ai-je dit quelque chose comme "Hump" (?) ou "Dump" (??), je ne m'en souviens plus exactement." (NDR : "Hump" et "Dump" n'existent pas en Allemand ;
depuis lors, des linguistes tentent de découvrir le sens de ses
paroles). Nous ne comprenons pas davantage. Nous ne nous souvenons que de "Humpty-Dumpty". Le Ministère public a mené une enquête mais Klestil a rejeté les poursuites en précisant : "Cette déclaration porte en elle-même son propre jugement". Bonne chance à Kabas, il s'en est sorti comme un gamin imbécile.

Le FPOe, dérangé par de fausses pages d'accueil sur Internet, telles que www.fpo.at, a réagi très vite, cette fois, et s'est réservé les domaines www.dump.at et www.lump.at. Mais www.hump.at était déjà réservé par quelqu'un d'autre. Il peut être intéressant d'y jeter un oeil, de temps à autre.

> La méthode autrichienne pour renouer avec le passé (1)
Au cours de l'"Opération de printemps", un raid anti-stupéfiant de
grande ampleur et à motivation raciste dans le cadre duquel plus de 100 Noirs ont été arrêtés, un jeune Noir qui se déclare mineur a
également fait l'objet d'une arrestation. Il encourt à présent une
condamnation pour trafic de stupéfiants, mais la question reste de
déterminer si le tribunal pour mineurs est compétent ou non. Un
expert médical, Johann Szilvassy, a été consulté afin de déterminer
l'âge de ce jeune. Ce qu'il a fait en mesurant la largeur du nez, les
dimensions des testicules, la densité de la pilosité pubienne, la
longueur de la tête et enfin, mais non des moindres, la largeur de la
bouche du jeune homme ! Cet expert de l'espèce humaine est bien connu : il est le co-créateur du "Hall des Races" au Musée d'Histoire naturelle de Vienne, fermé il y a quatre ans, et il écrit des
articles pour le magazine d'extrême-droite "Aula".

Cet expert a "établi" que le jeune accusé est âgé de 22 à 25 ans, ce qui implique pour lui le doublement du degré de la peine encourue. Il a en outre ajouté à sa déclaration au tribunal : "Si l'immigration se poursuit, la population blonde disparaîtra au cours des prochaines générations. La pigmentation sera plus sombre". La défense a demandé à l'expert s'il était "influencé idéologiquement" dans son opinion et a protesté contre cette "preuve".
Le procureur du Ministère public, Eisenmenger, ayant pris la défense de Szilvassy, ce dernier a pu poursuivre (il a depuis pris sa retraite, volontairement). Une enquête a permis de déterminer - ô surprise! - que le procureur du Ministère public est très à son aise
dans les milieux d'extrême-droite : il est membre de l'association
estudiantine d'escrime "Arminia".
En 1997, il a fait parvenir une "liste de corps" aux adhérents
d'Arminia, relative aux personnes dont on "devrait toujours conserver un souvenir honorable", et parmi lesquelles figuraient des criminels de guerre nazis. En 1980, il s'est engagé dans un comité électoral présidentiel soutenant Norbert Burger, leader du parti d'extrême-droite NDP (Parti démocratique national). Pour la police, le passé de Eisenmenger ne semble pas poser de problème. Eisenmenger a déclaré avoir fait l'objet de "vérifications" préalables à sa nomination de procureur.

> La méthode autrichienne pour renouer avec le passé (2)
Le 4 juin 2000, lors de son discours d'inauguration, le nouveau
président de la "Section de Basse Autriche" du FPOe, Ernst Windholz, nous a fait partager ses "idées". S'adressant aux fonctionnaires de long exercice, il les a honorés d'un "notre honneur, c'est notre foi", ce qui n'est autre que la maxime des Waffen-SS (corps armé hitlérien). Il a déclaré après-coup dans une interview qu'il ne connaissait pas le contexte, n'ayant "rien à voir avec la période de 1938 à 1945".

> La méthode autrichienne pour renouer avec le passé (3)
Le Sénateur au Parlement, membre du FPOe, John Gudenus, a accordé une interview au nouveau magazine "Profil", dans laquelle il a précisé le souhait du nouveau gouvernement de renouer avec le passé de l'Autriche et de faire face à ses crimes de l'Holocauste.
En ce qui concerne les indemnisations pour les victimes de travaux
forcés sous le régime nazi, il a déclaré : "Les indemnisations sont
nécessaires au maintien des relations économiques, notamment avec les U.S.A.. Elles n'ont pas d'autre signification. Ces indemnisations ne sont rien d'autre qu'un budget de protection à verser. Dans notre situation actuelle, nous devons faire patte de velours devant les grandes puissances. Mais le peuple autrichien n'est en rien impliqué dans les événements survenus durant cette période".

Ajoutons ses propos au sujet d'Ed Fagan, un avocat des victimes de la terreur nazie : "(...) cela n'arrange rien d'entretenir des
sympathies pour des gens comme lui". (NDR : Ed Fagan est juif.)

> La Loi et l'Ordre
Dans la nuit du 3 mai, Richard W. (26 ans) originaire de Sierra
Leone, a été retrouvé mort dans sa cellule d'une institution
pénitentiaire de Vienne destinée aux jeunes délinquants. Richard W. avait été arrêté le 1er mai (exactement un an après le décès de
Marcus Omofuma, lors de son transport par la police autrichienne) et battu par la police selon des témoins oculaires. Le gouvernement a imposé un arrêt des informations à ce sujet. Le rapport officiel de l'autopsie a précisé que Richard W. est décédé sous l'effet de stupéfiants, mais ce rapport fourmille de contradictions.

Le lendemain matin, quelques heures après le décès de Richard W., Lubinor B. (40 ans), originaire de Slovaquie, était retrouvé mort
dans une cellule d'un département de police de Vienne. Cette nouvelle a été maintenue secrète durant plus d'une semaine. Selon le rapport d'autopsie provisoire, la victime présentait une forte concentration de marihuana dans l'urine, ainsi que des traces de Méthadone et d'antidépresseurs.

Le 19 mai 2000, un revendeur présumé de marihuana a été abattu par la police. Imre B. n'était pas armé et aucune trace de stupéfiant n'a été découverte dans sa voiture, dans laquelle il a été tué. La police a déclaré que sa mort n'avait pas été causée intentionnellement.

Le gouvernement FPOe-OeVP avait promis un durcissement de sa
politique des stupéfiants... C'est fait : 3 morts en 3 semaines,
faisant suite au slogan pré-électoral du FPOe "Pas de pitié pour les dealers". Peu importe que les victimes aient été effectivement
dealers ou non.

Une centaine de personnes ont tenté de manifester contre la violence policière, à la suite de ces trois morts, le 20 mai à Vienne. Dès le début, la police a mis en ¦œuvre une stratégie d'escalade. Casques, boucliers, matraques et surveillance par hélicoptères... Un officier a déclaré : "Aujourd'hui, il y aura une émeute."
Après l'arrivée du WEGA (la brigade de police spéciale de Vienne,
comprenant nombre d'électeurs du FPOe), les forces de l'ordre ont
commencé le matraquage des manifestants. Vingt-quatre personnes ont été mises à l'écart et battues par la police durant plusieurs heures. La foule a été repoussée par les cordons de police et frappée sans raison ! Au moins quatre personnes
ont été blessées. Les ambulances étaient déjà sur place avant le
début de l'émeute policière et on pouvait voir le sang des
manifestants à proximité des ambulances. Après trois heures et demie, la quasi-totalité des 24 personnes du groupe encerclé ont été autorisées à quitter les lieux. Une d'entre elles a été maintenue en prison durant quelques heures.

Avant l'assaut de la police, un article est paru dans le plus lu des
journaux autrichiens, le "Neue Kronenzeitung" (qui avait publié
plusieurs articles sur les "dealers nigériens" et les activistes de
gauche). Cet article avait annoncé des émeutes causées par des
"anarchistes extrêmement violents" lors d'une manifestation de masse le 20 mai (alors qu'aucune manifestation n'était prévue pour ce jour), ce qui autorisait des assauts violents de la police, à titre
préventif.

La situation en Autriche est de plus en plus difficile et de fortes
vagues de répression sont menées contre les activistes de gauche,
relayées notamment par des articles du "Neue Kronenzeitung". Pour les personnes de couleur et les porteurs de "mauvais passeport", l'Autriche est dangereuse et même menaçante depuis longtemps !

(Triste) post-scriptum : le 17 mai , un réfugié afghan de 5 ans est
décédé. De "vrai Autrichiens", un médecin, un gérant d'hôtel,
l'ambulancier... ont refusé toute assistance jusqu'au décès de
l'enfant. Cet incident a été rendu public une semaine plus tard.

> "Fin de message" pour le SEK ?
Selon un rapport paru dans l'hebdomadaire autrichien "Profil", un
"groupe spécial pour le département d'enquêtes criminelles" (le
"SEK") sera dissous après une période d'essai de 6 mois. "Profil"
indique tenir ces informations de cercles internes aux services de
police. La brève histoire du SEK est déjà bien mouvementée :

Au début du mois de mars 2000, des policiers masqués appartenant au SEK ont arrêté trois personnes lors de la manifestation "Opernball". Lors de la première tentative d'arrestation, le policier a voulu pousser une jeune femme dans une voiture. La seconde fois, deux personnes ont été tirées d'un taxi par deux hommes ne pouvant être identifiés comme des fonctionnaires de police, et qui ont sorti des armes au lieu de présenter leurs insignes d'identification. Les deux manifestants ont été arrêtés devant les policiers non informés et très étonnés. La scène a été entièrement filmée et projetée lors d'une conférence de presse du Parti Vert autrichien. Deux jours plus tard, le bureau-conseil pour réfugiés et étrangers du Parti Vert était la cible d'une action d'un service de police auprès duquel travaille un des fondateurs du SEK. Ces deux cas illustrent la stratégie autoritaire des services de police envers les groupes d'opposition.

Le 19 mai, un membre du SEK fait feu sur un Yougoslave non armé, suspecté - après-coup - de trafic de drogue. Le fonctionnaire du SEK a déclaré que le coup était parti accidentellement au moment où s'ouvrait la portière de la voiture de la victime. Même en ajoutant foi à cette version très suspecte, pourquoi le policier, contre toutes les réglementations de ses services, a-t-il posé son doigt sur la détente de l'arme dont la sûreté avait été ôtée ? Après tout, un pistolet qui nécessite une pression de 2,5 kg pour faire feu peut difficilement partir par accident.

Le fait que les policiers du SEK sont des "Rambo" violents et
racistes est confirmé par les circonstances de révocation de certains d'entre eux du WEGA pour la brutalité de leur comportement. (NDR : le WEGA - un service spécial de police - est réputé pour sa brutalité).
Le Chef du SEK en personne, le lieutenant Rabensteiner, est suspecté de violences racistes. Le SEK, chargé d'observations et d'interventions, est composé de membres - comme ils le disent eux-mêmes - volontaires, sans charge et disponibles à tout moment. Cette auto-description est assez inquiétante, dans la mesure où elle est confirmée par leurs activités.

> La justice en Autriche (1)
La justice autrichienne est raciste - ce n'est pas nouveau ! Presque
tous les Noirs arrêtés durant l'"Opération de printemps" ont été
reconnus coupables et condamnés à des peines allant de quatre à dix ans de prison. Ils ont été reconnus coupables avant même leur procès. Le cas de Michel K. illustre très bien la conception autrichienne de la justice : Michel K. a été condamné à quatre ans de prison sans qu'aucune preuve n'ait pu être produite contre lui, sur la simple déposition d'un témoin, suspect à l'origine, et qui s'est présenté masqué au tribunal.

Cela ne fait plus aucun doute à présent : la police peut éviter des
pertes de temps et d'énergie, simplement en arrêtant des gens qui
changent facilement d'opinion ou en faisant appel à des agents en
mission secrète durant la même opération, au lieu de se donner du mal à réunir des preuves.

> La justice en Autriche (2)
En juillet 1999, un homme a été agressé verbalement et physiquement par six policiers, puis arrêté, à St. Poelten. Il a été reconnu coupable de tentative de résistance contre les représentants de l'ordre. Cet homme est Noir. Il sera probablement expulsé.

> A propos des menottes et des enfants (deux résultats différents)
Voici un incident intéressant, survenu le 17 mai 1999 : une mère de
33 ans, circulant avec ses deux enfants, tous les trois en
bicyclette, a été accusée d'avoir traversé la route alors que le feu
était au rouge. Arrêtée par la police, et après une longue
discussion, le policier lui a passé les menottes et lui a signifié
son arrestation. Ses enfants, âgés de six et dix ans, n'ont pas été
autorisés à la suivre : le policier les a laissés seuls, sur le
trottoir.

Le policier a été reconnu coupable d'abus de pouvoir par le tribunal
de Vienne et condamné à une amende de 40 000, 00 ATS. Toutefois, le Conseil indépendant de surveillance (UVS) a déclaré la légitimité de son action. L'UVS a été constitué à la suite de pressions internationales, pour statuer de manière indépendante dans les affaires impliquant les services de police. Ce conseil ne s'est pourtant jamais montré indépendant. Cela n'a d'ailleurs rien
d'étonnant, si l'on considère que de nombreux juges en exercice au
sein de l'UVS sont d'anciens avocats de police qui rejoindront leur
profession d'origine après avoir fait leur période dans l'UVS.

> Suppression de la critique dans les média (1)
Les média critiques sont presque inexistants en Autriche. Depuis que les radios libres ont apporté leur soutien aux protestations contre le gouvernement, ils sont la bête noire de la coalition FPOe-OeVP et la vanne de leurs subventions a été fermée. L'argent fait défaut - et la liberté d'expression aussi, dans ce pays...

> Suppression de la critique dans les média (2)
Le quotidien "Neue Kronenzeitung", détenteur de l'opinion de droite, s'irrite du fait que des personnes indépendantes, camescopes au poing, filment les abus policiers. Il a ainsi lancé une virulente campagne contre ces vidéastes amateurs. Le matériel vidéo continue de se répandre, exposant les méthodes scandaleuses employées par les services de police (par exemple des opérations du SEK - "Special Operation Command"). Il s'agit pourtant là de la seule manière de rendre publics les événements, car, selon les témoins oculaires, l'ORF (chaîne de diffusion autrichienne contrôlée par l'Etat) exerce généralement une autocensure et cesse de filmer dès que la police commence à agir. Nous verrons quand les vidéastes amateurs seront empêchés avec violence, lors de leur prochaine tentative pour filmer les méthodes policières. Le "Neue Kronenzeitung", quoi qu'il en soit, pave le chemin.

> Suppression de la critique dans les média (3)
Les Ministres européens de la Justice et de l'Intérieur souhaitent
assurer une surveillance de l'ensemble de l'Internet, autant dans le
surf que le courrier électronique. Ces lois n'ont toutefois pas pu
passer, du fait du refus de certains Etats. Il n'est sans doute pas
nécessaire de préciser que les politiciens autrichiens tenants de la
"Loi et l'Ordre" ne sont pas hostiles à ce type de législation. Sous
couvert de sa maxime préférée "erweiterte Gefahrenforschung" (que l'on pourrait traduire par "recherche approfondie sur le danger", qui donne encore davantage de pouvoirs aux services de police), le gouvernement peut espionner efficacement les mouvements de résistance.

> Pas de liberté d'opinion en Autriche !
Le politologue Anton Pelinka a été reconnu coupable de "propos dégradants" envers l'ex-Président du FPOe, Joerg Haider. A l'origine, une déclaration le 1er mai 1999 à la chaîne télévisée italienne RAI : "Dans toute sa carrière, Haider a minimisé en permanence les crimes du nazisme. Il a nommé les camps d'extermination des "Straflager" ("Straflager" signifiant en Allemand les camps de travail forcé, ce qui n'a rien à voir avec l'extermination de masse). En définitive, Haider est responsable d'avoir rendu certaines déclarations et certains principes nationaux-socialistes compatibles avec une bonne société."

La condamnation d'Anton Pelinka illustre le manque de liberté
d'opinion en Autriche : ceux qui critiquent Haider doivent craindre
d'ouvrir la bouche. Un détail anodin : la plainte privée déposée
contre Pelinka a été présentée par l'avocat de Haider, Dieter
Boehmdorfer, qui est le Ministre de la Justice soi-disant
"indépendant" de l'Autriche !


> De la créativité pour gagner de l'argent (1)
Lorsque le gouverneur de la Carinthie, Joerg Haider, effectue un
déplacement, des événements intéressants ont lieu. Mais il ne
souhaite pas que tout soit rendu public. C'est donc par hasard que
Haider a rencontré le "leader révolutionnaire" libyen Muammar
al-Gaddafi, lors de son voyage en mai. Ce voyage a tout d'abord été démenti, puis qualifié de "déplacement privé" (Haider étant ami
proche du fils de Gaddafi). Quoi qu'il en soit, la visite n'était pas privée puisque Haider était accompagné non seulement de son acolyte Gerald Mikscha, mais aussi par les patrons de deux banques de Carinthie ainsi qu'un industriel. Il n'est pas certain que cette alliance aidera Haider à résoudre les problèmes financiers de l'Autriche. En tout état de cause, il peut avoir reçu de bons conseils (sinon plus). À son retour, il a remis 2,5 millions de litres de carburant à un propriétaire de pompes à essences discount de Carinthie et les prix élevés du carburant, qui font l'objet d'une critique unanime, ont baissé. Etrange, non ?

Il serait peut-être plus simple de trouver une explication dans une
discussion en privé, puisqu'ils ont un point commun de taille : ils
sont tous deux indésirables en Israël...

> De la créativité pour gagner de l'argent (2)
La "Bundeswertpapieraufsicht" (Surveillance fédérale des Dépôts) a exigé la suspension des privilèges parlementaires du second Président du Parlement fédéral, T. Prinzhorn, qui était le candidat de tête du FPOe aux dernières élections du Parlement fédéral autrichien. À la suite d'une interview avec Reuters, Prinzhorn est accusé de faire circuler de manière systématique des rumeurs sans fondement relative à la vente de la maçonnerie "Wienerberger" et de manipuler le marché des valeurs.

> De la créativité pour gagner de l'argent (3)
Le lundi 29 mai, la police de Linz (capitale de l'État fédéral de
Haute Autriche) a fait feu sur un voleur de banque, selon sa méthode habituelle. Le voleur, armé d'un faux pistolet, a été touché par 7 des 15 balles tirées. Après l'identification du corps, le FPOe,
célèbre pour ses méthodes peu orthodoxes pour gagner de l'argent
(Rosenstingl !Prinzhorn ! Haider ! Meischberger !), était une fois de
plus sous le feu des projecteurs. En effet, la victime n'était autre
qu'Alexander Jost, l'époux de la politicienne et espoir du FPOe,
Magda Jost-Bleckmann, célèbre pour ses déclarations d'extrême-droite. Bien entendu, le Ministre Schmid du FPOe a déclaré que chacun devait faire preuve d'humanité, malgré les différences politiques, car après tout Mme Bleckmann était enceinte. Il serait intéressant de savoir jusqu'où le sens de l'humanité aurait été si le voleur de banque avait été l'époux d'une personnalité du Parti social démocrate. Alexander Jost, lourdement endetté, a prétendu dans sa déclaration fiscale qu'il était financé par des femmes - un truc fiscal original et une gifle au visage de son épouse. Elle allait se débarrasser de lui de toute façon car, selon un ami, il avait prévu de s'envoler pour les Maldives. Mais grâce à la police de Linz, toujours active  ses agissements ont pris fin.

> Une attaque de banque en version officielle
La police de Linz est par ailleurs tellement sur les dents qu'elle
arrête même les attaques de banque simulées. Lors d'un tournage pour la série policière télévisée "Tatort", une (véritable) policière a
arrêté un acteur, avec une arme dont la sûreté avait été ôtée.
L'acteur, mort de peur, a immédiatement laissé tomber son
arme-jouet...

> Le gouvernement attire la pâtisserie
Le président du Parti populaire autrichien (OeVP), Andreas Khol,
a finalement, outre le racisme et le sexisme, un autre point commun
avec le président de la section viennoise du FPOe, Hilmar Kabas : un gâteau en plein visage. Il lui a été jeté à l'occasion d'un spectacle de cabaret, par un visiteur le félicitant pour sa politique.
Pauvre gâteau.

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