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les coulisses du "Soir" et de "Rivarol" Une enquête de RésistanceS "Le Soir" a-t-il soutenu un écrivain d'extrême droite ? Le monde politique, dans sa majorité, respecte un stricte cordon sanitaire à l'égard des partis antidémocratiques. Le grand quotidien francophone "Le Soir" revient souvent sur cette attitude exemplaire. Cependant, malgré son engagement antifasciste en première ligne, récemment, le journal de la rue Royale à louer les talents littéraires d'un écrivain de série noire. Sans préciser que celui-ci est également un des principaux penseurs de l'extrême droite française ! Quelle fut notre surprise, il y a quelques jours, à la lecture du "MAD", le supplément culturel du mercredi du quotidien "Le Soir". Un article y était consacré à la sortie récente d'un polar (1). Un roman noir intitulé "On n'est pas des chiens" édité chez Folio-Policier (2). L'histoire de ce livre (de 208 pages) n'a rien d'originale. Seulement voilà, son auteur s'appelle A.D.G., initiales de plume d'Alain Fournier, dit Camille. ADG est un écrivain français, prolixe et classique en série noire. Il n'est pas que cela.
Il est aussi un des "vieux" penseurs de l'extrême droite pure et dure. Et cela depuis belle lurette. Ce qu'Alain Lallemand, l'auteur de la critique ultrapositive de "On n'est pas des chiens" ne dira pas. Peut-être, le journaliste du "Soir" n'était-il pas au courant des autres activités d'ADG ? Certes possible, cela serait étonnant néanmoins. Alain Lallemand est effectivement l'un de nos meilleurs journalistes d'investigation. La double vie de l'écrivain français, quant à elle, est connue du tout Paris intellectuel. Pour ceux qui ne le connaissaient pas, voici un rapide survol du curriculum vitae politique dADG. Un milieu politique naturel très particulier ADG fit encore partie de la rédaction de "Minute", un organe de presse au service de l'ultradroite "plurielle". Dans cette revue, ADG côtoya, entre autres, un obsédé du "complot judéo-maçonnique", le journaleux Emmanuel Ratier, dont l'actuel disciple belge est un certain Alain Escada, le meneur de l'association intégriste Belgique & Chrétienté. Avec Le Pen, Faurisson et compagnie A l'heure actuelle, ADG sévit à "Rivarol" en tant que secrétaire général de la rédaction. C'est le big-boss, la tête pensante de cet hebdomadaire apparu en 1951. Un article du "MRAX-Info", le journal du Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, nous apprends également que les principaux négateurs français des crimes contre l'humanité commis par la dictature nazie, tels que Robert Faurisson et feu Paul Rassinier, cédèrent amicalement à "Rivarol" plusieurs de leurs écrits (3). Le "MRAX-Info" notait aussi : "c'est dans la collaboration que "Rivarol" va rapidemment chercher son inspiration rédactionnelle, par exemple, avec la signature de Robert Poulet, un des "illustres" colloborateurs belges avec l'occupant nazi" (4). Dans un de ses derniers numéros (daté du 27 avril 2001), on pouvait lire un article sur l" Offensive contre la race blanche ". Larticle en question affirmait, notamment, que " notre survie biologique " est clairement menacée par le mondialisme. " Rivarol " y prévoyait aussi une " véritable guerre raciale ", suite à l" invasion massive " de lEurope par des masses étrangères. Le journal dénoncera encore la " haine antiblanche " véhiculée par les médias. Pour sa part, le service de vente par correspondance de " Rivarol " permet, toutes les semaines, à ses lecteurs de se procurer les principaux ouvrages de lestablishment historique du mouvement fasciste européen et de ses divers pseudopodes (Maurice Bardèche, Alain de Benoît, François Duprat ). Chez nous, "Rivarol" reçoit le soutien du Front nouveau de Belgique (FNB, dissidence du FN de Daniel Féret) et de l'ex-mensuel "Le Cri du Citoyen" (également correspondant belge des néonazis du Nouvel Ordre Européen) (5). ADG chez les néonazis Placé à quelques centimètres de "Rivarol", dans le même rayon, ce fanzine "virile" d'extrême droite fut fondé, en 1993, par Hervé Van Laethem, l'ancien dirigeant du groupe néonazi l'Assaut, l'ex-section francophone du Vlaams militanten orde (VMO). Dans son dernier numéro (daté du printemps 2001), déposé en librairie quelques semaines avant la publication de l'article du "Soir" sur le roman noir d'ADG, "Devenir" proposait une interview à propos de l'interdiction éventuelle du parti néonazi allemand NPD (6). La personne interviewée sur ce sujet mobilisant les fractions les plus subversives de l'extrême droite européenne était ADG !
" RésistanceS " - 28 avril 2001.
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