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Soirée-débat
soutenue par RésistanceS
Faut-il pénaliser
les négationnismes ?
Débat contradictoire
Le mardi 19 décembre 2006
A 19 h 30
A l’Université Libre de Bruxelles (ULB)
Auditoire H 1302
Avenue Héger
L'Institut Marcel Liebman organise, en collaboration avec la Revue
Politique et l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB),
un débat contradictoire à l'ULB, le mardi 19 décembre
2006, sur les problèmes soulevés par la demande d’une
interdiction légale des négationnismes.
Avec la participation de :
o Olivier CORTEN, Professeur à
l’ULB
o Edouard DELRUELLE, Professeur à l’Université
de Liège
o Pieter LAGROU, Professeur à l’ULB
o Ahmed INSEL, Professeur à l’Université de Galatasaray
et à l’Université de Paris I
o François ROELANTS DU VIVIER, Sénateur
Le génocide des Juifs et des Tsiganes mis en œuvre par
les nazis a non seulement marqué de manière indélébile
l’histoire du vingtième siècle, mais aussi celle
de l’humanité.
Il aura fallu du temps et des événements,
comme le procès Eichmann, et du travail historique pour dissiper
la confusion. Jusqu’à cette lutte menée pied à
pied contre les négationnistes, « assassins de la mémoire
» selon l’expression de Pierre Vidal-Naquet, pour que
l’on n’escamote pas une fois de plus les crimes du nazisme.
L’indignation combien justifiée
contre ceux qui prétendent que les chambres à gaz n’auraient
jamais existé, que la solution finale ne serait qu’une
expulsion massive des Juifs et que le nombre des victimes aurait été
exagéré, a fait naître une volonté de pénaliser
la négation du génocide.
La France a emprunté cette voie
en 1990. La loi Gayssot, qui avait pour objet de réprimer tout
acte raciste, antisémite ou xénophobe comportait également
un article pénalisant la négation du génocide
des Juifs. Pour sa part, la Belgique sanctionnera également
par une loi, en 1995, « la négation, la minimisation,
la justification ou l’approbation du génocide commis
par le régime national-socialiste allemand pendant la Seconde
Guerre mondiale ».
Par la suite, la démarche suivie
vis-à-vis du génocide des Juifs a été
étendue à d’autres situations. En France, la négation
du génocide des Arméniens (2001) et de la traite de
l’esclavage (loi Taubira 2001) a été ajoutée
au dispositif législatif. En Belgique, le sénat a adopté
en 1997 une résolution reconnaissant le génocide des
Arméniens par le régime jeune turc ottoman. A présent,
de nombreuses voies s’y élèvent pour demander
l’extension de la loi pénalisant la négation de
la Shoah aux génocides subis par les Arméniens et les
Tutsis.
Plus récemment, de nouvelles initiatives
législatives ou judiciaires ont suscité des controverses.
En France, une loi réhabilitant la colonisation française
dans les programmes scolaires (2005) a mis le feu aux poudres avant
d’être « déclassée ». La polémique
a aussi été nourrie par une plainte du « Collectif
des Antillais, Guyanais, Réunionnais », pour négation
de crime contre l’humanité, contre l’historien
Olivier Pétré-Grenouilleau, auteur du livre Les Traites
négrières : essai d’histoire globale. (La plainte
a été depuis lors retirée).
En opposition à la tendance à la multiplication des
lois mémorielles et à l’extension du délit
de négationnisme, un contre-courant a fait son apparition.
En France, en décembre 2005, 19 historiens ont pris l’initiative
d’un appel pour « la liberté de l’histoire
» signée par plus de 600 chercheurs. Ce manifeste soutient
que « l’histoire n’est pas un objet juridique. Dans
un Etat libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité
judiciaire de définir la vérité historique ».
En conséquence, ces historiens demandaient l’abrogation
des articles des lois pénalisant en France le génocide
des Juifs, des Arméniens, de la traite de l’esclavage
et celle réhabilitant la colonisation française dans
les programmes scolaires.
En Belgique, 150 chercheurs et enseignants en histoire ont signé
un manifeste allant dans le sens de l’appel des 19 historiens
français.
Un débat est donc ouvert. A ce
stade, plusieurs questions sont posées. La lutte pour la préservation
de la mémoire des génocides du passé entraîne-t-elle
la nécessité de pénaliser la négation
de ces génocides ? Peut-on traiter différemment les
génocides subis par les Juifs d’une part et les Arméniens
et les Tutsis d’autre part ? Est-il légitime de «
judiciariser le passé » en créant le délit
de négationnisme ? La pénalisation de la négation
des génocides constitue-t-elle un élément indispensable
dans une stratégie de prévention de futurs génocides
? Ou, au contraire, ne présente-t-elle pas un risque majeur
en ouvrant la voie à l’instrumentalisation politique
des « vérités historiques » ?
Institut Marcel Liebman 
Union des progressistes juifs de Belgique 
Revue « Politique »
RésistanceS – www.resistances.be
– info@resistances.be – Info mise en ligne le 15 décembre
2006
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Mardi
19 décembre 2006 - 19h30 - ULB, avenue Héger
Faut-il pénaliser les négationnismes ?

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