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Le grand rabbin de Bruxelles Albert Guigui (à droite) et Manuel Abramowicz (aujourd'hui membre de RésistanceS), en 1989, lors d'un hommage rendu à un travailleur marocain  tué neuf années auparavant par un nervis du Front de la Jeunesse, une organisation d'extrême droite aujourd'hui disparue. Sur sa veste, le rabbin Guigui porte le badge de SOS Racisme : "Touche pas à mon Pote". Douze ans plus tard, il sera victime d'une ratonnade antisémite commise par d'autres nervis... (photo MRAX-Info).

Nouvelle vague
d’antisémitisme en Belgique

Voici l’extrait consacré à ce sujet dans le rapport annuel 2001 du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme.

Au cours de l’année 2001, une certaine forme d’antisémitisme a refait surface. Divers actes isolés ont été commis à l’encontre de membres de la communauté juive. Deux événements internationaux semblent être à la base de ce retour : l’Intifada II (octobre 2000) et les attentats commis aux Etats-Unis (11 septembre 2001).

Quelques exemples récents nous montrent, effectivement, ce retour de l’antisémitisme : en octobre 2000, lors d’une manifestation organisée à l’origine pour soutenir le peuple palestinien, des extrémistes infiltrés dans celle-ci en profitèrent pour scander des slogans antisémites; en juin et juillet 2001, des agressions furent commises contre des enfants juifs à Anvers et à Bruxelles; au début du mois de septembre 2001, sur des valises d’un vol Tel-Aviv-Bruxelles, des slogans antisémites ont été tracés; en décembre 2001, le grand rabbin de Bruxelles, Albert Guigui, fut agressé à la sortie d’une synagogue à Anderlecht,… Des amalgames inqualifiables ont également été observés dans les rubriques « forum » et « opinion » de plusieurs journaux.

Il est encore à signaler que des textes, soit antisémites, soit plus particulièrement dirigés contre le judaïsme circulent encore dans bon nombre de cercles politiques et religieux.

Cependant :

  • Il est à noter que l’antisémitisme en Belgique apparaît en « dents de scie », en fonction d’événements politiques internationaux ;
  • il est pour l’instant localisé, exploité et propagé au sein de minorités politiques ou de mouvements politico-religieux intégristes ;
  • il se diffuse en catimini auprès de groupes de jeunes issus de l’immigration arabo-musulmane, souvent en contact avec ces mêmes mouvements politico-religieux intégristes ;
  • l’expression de cet antisémitisme, pour l’heure, s’illustre par des actes isolés et spontanés ;
  • des organisations d’extrême droite bien connues des autorités judiciaires profitent de la situation actuelle entre l’Etat d’Israël et l’Autorité palestinienne pour jeter de l’huile sur le feu, l’objectif étant de monter les différents acteurs de ce drame les uns contre les autres, y compris en Belgique. Un cas parmi d’autres : en septembre 2001, un tract sommairement attribué à une organisation intégriste islamique fut distribué dans plusieurs quartiers de la capitale. Ce tract appelait à « tuer les juifs ». Après analyse de ce pamphlet, nous avons pu déterminer avec quasi certitude que celui-ci était un faux.

A chaque fois, le Centre, dès qu’il en fut informé, a agi de façon adaptée contre ces actes antisémites. Des plaintes ont été déposées, des informations sur des actes isolés de type antisémite furent envoyées aux parquets concernés, des contacts furent pris avec les organisations représentatives et les radios libres des communautés arabo-musulmanes et juives pour lancer des appels au calme,…

Le Centre s’inquiète, par ailleurs, de la poursuite des campagnes haineuses de VHO, un groupuscule antisémite diffusant, depuis sa création en 1984, des tracts visant à « blanchir » la dictature nazie, en niant les crimes contre l’humanité que cette dernière avait commise durant la Seconde guerre mondiale.

Extrait de : « Egalité et diversité », Rapport annuel 2001 du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, Bruxelles, mars 2002, pp. 43-44,