Dans les coulisses du Vlaams Blok / Belang Antisémitisme :
Le 27 janvier 2005, à l’occasion du 60e anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, et considérant que certaines populations d’Europe sont toujours victimes de l'antisémitisme et de préjugés raciaux ou religieux, le Parlement européen a adopté une résolution où il « rend hommage à toutes les victimes des nazis et se déclare convaincu qu'une paix durable en Europe doit se fonder sur le souvenir de l'histoire du continent; rejette et condamne les idées révisionnistes et la négation de l'Holocauste, qui sont scandaleuses et contraires à la vérité historique, tout en se déclarant préoccupé par la montée des partis extrémistes et xénophobes et par l'accueil favorable dont leurs idées bénéficient de plus en plus dans l'opinion. » Cette résolution a été adoptée par 617 voix pour, aucune voix contre et 10 abstentions. Parmi les dix abstentionnistes se trouvent les trois députés du Vlaams Blok/Belang : Frank Vanhecke (par ailleurs président de celui-ci), Koenraad Dillen (admirateur du général SS belge Léon Degrelle, fils et protégé du président-fondateur et auteur de la première traduction néerlandaise d’un livre négationniste) et Philip Claeys (anciens responsable des VBJ, les jeunesses du parti), l’élue du Front national français Lydia Schenardi, l’élu communiste français Jacky Henin et deux députés communistes grecs. Le VB se sent visé ! Le VB voit également dans cette résolution un plaidoyer contre la liberté d’expression, rien que ça !(1). Pourtant il n’y a que deux références à cette liberté, dont une qui ne fait que demander « instamment au Conseil de parvenir à un accord pour mettre hors la loi, au niveau européen, l'incitation à la haine raciale et religieuse sur tout le territoire de l'UE, tout en préservant la légitime liberté de parole ». Faut-il comprendre que le VB lui-même considère l’incitation à la haine raciale et religieuse comme faisant partie intégrante de son programme ? Une autre information dont la Commission de contrôle des dépenses électorale pourrait s’inspirer. Un deuxième paragraphe fait mention de la nécessité d’un « dialogue permanent avec les médias au sujet de la contribution tant positive que négative que les informations qu'ils diffusent et leurs commentaires peuvent apporter à la perception et à la compréhension des problèmes religieux, ethniques et raciaux, ainsi qu'à la présentation de la vérité historique ». Une responsabilité dont le VB s’embarrasse effectivement assez peu dans ses tracts électoraux. Peut-être est-ce là que le VB se sent attaqué, ses représentants confondant régulièrement liberté d’expression et droit de diffuser des contre-vérités… Usage abusif du génocide
des Juifs ? La judéocide est évidemment utilisé politiquement pour montrer à quoi mène un régime d’extrême droite, puisque c’est la démonstration la plus évidente de ce que le vote basé sur la haine ne peut mener qu’à des actes criminels. A contrario, pour affirmer la prétendue légitimité d’un programme d’extrême droite, il est nécessaire de minimiser les conséquences du régime hitlérien. Dans la mesure où le VB est un parti cofondé par plusieurs anciens responsables du « milieu négationniste » et dont beaucoup de leaders actuels ont fréquenté des mouvements voués à la négation des crimes de la dictature nazie, il est légitime de penser que la demande d’une diffusion plus limitée de l’information relative aux horreurs du nazisme participe à la volonté de ne plus parler de ces crimes, ceci pour ensuite pouvoir mieux les nier. Cette abstention tranche avec l’opération de séduction entreprise depuis quelques années par le VB à l’adresse de la communauté juive anversoise dans le but d’élargir son électorat et d’arriver au pouvoir aux prochaines élections communales (3). L’attitude récente de ce parti aux origines néonazies a au moins le mérite de souligner son hypocrisie. Marie-Ange VEYCKEMANS et Julien MAQUESTIAU Notes : © RésistanceS – www.resistances.be – Belgique – 9 février 2005
|
|