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Sergio Carrozzo (1959-2004) Il était un des
guides
Quand notre ami commun Guy m’annonça, lundi midi, ton décès, survenu quelques heures auparavant, je ne l’ai pas cru. Pas toi. Parce que trop jeune. Parce que trop fidèle ami. Parce que trop nécessaire à nos vies et à nos espoirs pour un monde meilleur, nouveau. Il y a près de 17 ans, nous nous étions croisés pour la première fois, dans les couloirs de la rédaction d’un journal étudiant. Un “ canard ” trop branché et élitiste à notre goût. C’est pourquoi, très vite, nous avons compris qu’une longue amitié allait se nouer entre nous. Quelques mois plus tard, c’est au sein de “ CelsiuS ”, la revue antifasciste active de Paris à Bruxelles, que nous allions nous retrouver, grâce à Philippe, et militer ensemble contre la “ bête immonde ”, celle qui avait ravagée, jadis, il y a longtemps, le pays de tes parents et ceux de mes grands-parents paternels et maternels. Nous étions, toi et les autres, si fiers de rejoindre les survivants du “ réseau Curiel ”, pour poursuivre le combat. Quand, en 1997 , je te demandai de participer à la rédaction de “ RésistanceS ”, un nouveau journal militant, tu n’hésitas pas une seconde à la rejoindre, malgré tes nombreux engagements professionnels auprès de multiples titres de la presse belge et tes collaborations au “ Monde Diplomatique ”. Militant dans l’âme, à la lecture de ton ouvrage “ Les guépards ”, j’ai appris que tu avais déjà auparavant, en 1984, à ta manière soutenu la Révolution sandiniste, l’une de nos autres références. Brigadiste internationaliste, tu étais présent au Nicaragua des Sandinistes en solidarité avec le peuple qui les soutenait. Tu restais toujours très, trop, modeste sur ton activisme politique, tes démarches citoyennes et ta participation aux contre-feux que nous érigions contre la société capitalisable. Journaliste, talentueux journaliste, tu mis ta plumes au service des bonnes causes, à celles cherchant à découvrir – et dénoncer - les mécanismes permettant les pires dérives. Informer, correctement informer, les lecteurs tel était ton but. Les informer pour les aider à ne pas être manipulés. Révolté, mais restant toujours d’un grand calme, tu t’es engagé – avec d’autres amis - à maintenir la flamme du journalisme de terrain, celui qui sans entraves et résistant au rouleau compresseur de la marchandisation sans limites des médias poursuit sa quête de la vérité. Retrouvant dans ma bibliothèque l’ouvrage que tu coordonnas, en 1996, sur l’Affaire Cools, tu m’y avais laissé une dédicace. La voici : “ Camarade, Nous sommes sur le chemin de la Vérité… ”. Merci, merci beaucoup Sergio d’avoir été un des guides, très précieux, de ce chemin en friche. Aujourd’hui, sache, que ce chemin restera à jamais illuminé de ton souvenir… Manuel ABRAMOWICZ
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