| Portrait de Filip Dewinter Le futur premier échevin néofasciste ?
Député régional, Filip Dewinter (38 ans) est aussi le
chef de file des "radicaux" du Vlaams Blok. Membre de sa direction, depuis le
milieu des années quatre-vingt, il est le véritable numéro un de ce parti présidé par
son compagnon Frank Vanheck. En cas de victoire écrasante du VB, le 8 octobre 2000, à
Anvers, Dewinter fera tout pour hisser son parti au pouvoir. Il se voit déjà échevin
dans la ville de Rubens. Mais, Dewinter n'est pas un mou. Il a toujours aimé les
méthodes musclées pour s'exprimer politiquement. Portrait (1).
Au début des années 80
Il est nommé président de la section anversoise du Nationalistisch studenten verbond
(NSV, Union des étudiants nationaliste). Le NSV est alors réputé pour sa violence et sa
sympathie pour le nationalisme germanique. La croix celtique, symbole des néonazis, est
aussi celui du NSV. Dewinter passa également par la présidence du NJSV, la section
secondaire de l'Union des étudiants nationalistes.
Décembre 1987
Il est élu député au Parlement fédéral. La même année, Filip Dewinter fonda les
Vlaamse Blok Jongeren (VBJ), qui deviendront un repère pour les radicaux du Blok.
Novembre 1988
Il accorde une interview au "Deutsche Nationalzeitung", un mensuel néonazi
allemand. A la question "Quelles sont, selon vous, les champs de bataille les plus
importants de l'histoire", il répond : "La bataille de Poitiers, la bataille
des Eperons d'Or et la bataille de la Légion Flamande sur le Front de l'Est russe".
Comme Haider, Dewinter exprime au grand jour sa sympathie pour la SS, en particulier pour
sa division flamande.
Juin 1989
Avec certains de ses gros-bras, il rosse un jeune garçon (de 17 ans) qui avait
courageusement refusé de prendre un tract électoral du VB. La photo de cette
"explication", façon Dewinter, se trouve à la sous-rubrique "Dans les
coulisses du Vlaams Blok, de la partie "Les Infos" de ce site. Quelques jours
plus tard, cela sera autour d'une dame de 53 ans ! Durant le même mois, l'agence Belga
informera qu'un groupe de blokker, mené par Filip Dewinter, brutalisa des membres de
l'organisation Jongeren tegen racisme (les Jeunes contre le racisme).
Novembre 1991
Durant la campagne pour les élections législatives, il compare Paula D'Hondt, la
Commissaire royal à la politique de l'immigration, de "prostituée". Dewinter,
dans le texte, dira au cours de la "Fête des familles" organisée par son parti
: "Seules les prostituées laissent leur porte ouverte. Nous ne voulons pas
transformer la Flandre en un bordel public ouvert à tous ces étrangers d'Afrique et
d'Asie."
Février 1992
Dewinter est à l'initiative, à Bruges, d'une "Foire du livre antimarxiste".
Parmi les stands présents : ceux tenus par Bert Eriksson (VMO, groupe Odal, Vlaams Blok),
Luc Vermeulen (responsable du Voorpost, groupe d'action diffusant aussi des ouvrages
négationnistes, membre du VB) et Philippe van der Sande (NSV).
Juin 1992
Il est l'auteur du "programme en 70 points" contre l'immigration; singé, mais
radicalisé, sur celui du Front national français. En novembre, le Parlement flamand vote
une résolution condamnant ce programme parce que contraire à la Déclaration universelle
des Droits de l'homme et inspiré des lois antisémites du régime hitlérien. Louis
Tobback dénoncera Dewinter comme étant un "psychopathe" et le président des
socialistes flamands de l'époque, Franck Vandenbroucke, comme étant un "authentique
nazi" (2).
Avril 2000
Il publie un nouveau livre « Baas in eigen Land ». Dewinter affirme que
celui-ci est la nouvelle version de son programme en 70 points contre l'immigration. But :
arrondir les angles de son discours discriminatoire pour briser le cordon sanitaire. Mais,
dans ce livre, son programme d'apartheid reste une référence dans la page
"sources". De toute manière, Dewinter défend toujours, dans « Baas in
eigen Land », l'idée que la Flandre de demain devrait être fondé sur une
"Communauté homogène", c'est-à-dire "ethniquement pure". Pour y
arriver, faudra-t-il passer par une "guerre ethnique", comme cela a déjà été
exprimé dans le mensuel du parti par certains de ses amis français?
Après ce passage en revue de quelques exemples du passé
néofasciste de Dewinter, la question est de savoir, si celui-ci, à l'heure actuelle, a
changé ? Et dès lors, si c'était le cas, nous devrions considérer ce passé comme une
"erreur de jeunesse" (au même titre que ce que firent les négationnistes du
passé fasciste et antisémite de François Mitterrand). Après l'étude du cas Dewinter
et la lecture du dernier livre du politologue Marc Spruyt (3), nous pouvons vous dire que
cet important dirigeant du Vlaams Blok n'a pas changé d'un iota.
Alexandre VICK
RésistanceS - 17 septembre 2000
Notes :
1. La plupart des informations contre Dewinter ont été publiées depuis plusieurs
années, notamment par le journaliste Hugo Gijsels, dans "Le Vlaams Blok"
(éditions Luc Pire, Bruxelles, 1993, p. 210).
2. Idem.
3. Marc Spruyt : "Wat het Vlaams Blok verzwijgt", éditions Van Halewyck,
Leuven, septembre 2000, 337 pp.
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Le jeune dirigeant Filip Dewinter et le vieux chef Karel Dillen, lors d'une
manifestation nationaliste contre l'Etat belge.
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| Les preuves contre
Dewinter Pour le terrorisme et
contre les Juifs
Sur cet autocollant que nous reproduissons ici, le NJSV prône la
lutte armée (le terrorisme) pour "libérer" la Flandre de la Belgique. Sur les
traces de l'ETA ? Vous pouvez également remarquer que derrière le "soldat
politique" NJSViste, la croix gammée - redessinée par les néonazis sud-africains
de l'AWB - figure comme symbole de référence ! Ce dessin est aussi utilisé par Combat
18, un groupe terroriste NS (national-socialiste) d'origine anglaise et en contact, en
Belgique, avec des groupes de choc skinheads se trouvant dans la mouvance blokker. Le
chiffre 18 désigne la première lettre de l'alphabet et la huitième, soit A et H
les initiales d'Adolf Hitler !
Sur d'autres autocollants, diffusés après le vote de la loi
antinégationniste (en 1995), le NJSV scande que le négationnisme est un droit. Quant à
une des chansons de référence du NSV-NJSV, elle dit :
"(
), un Marocain, (
) et un nègre, un communiste,
un étranger, nous les balançons tous dans leur cercueil / Un chien rouge avec une grande
bouche, nous l'envoyons par le fond / Un sale juif, un maoïste, un fransquillon et un
socialiste, la BRT (ndlr : ancien nom de la VRT) et le syndicat, nous les désossons
jusqu'à la moëlle (
)" (1).
Filip Dewinter est un des anciens dirigeants du NSV et du NJSV.
Aujourd'hui encore, ces organisations racistes, antisémites et violentes servent de lieux
de formation idéologique et de recrutement pour le Vlaams Blok. Plusieurs cadres et
représentants politiques proviennent en droite ligne du NSV-NJSV. Alors, le Blok, un
parti comme les autres ? A vous de juger.
Note :
(1) Hugo Gijsels : "Le Vlaams Blok", éditions Luc
Pire, Bruxelles, 1993, p. 64. |
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