Quels sont les enjeux de ces élections pour les différents partis d'extrême droite?

De part et d’autre de la frontière linguistique, ils sont différents.

Du côté néerlandophone
Du côté du VB, l’enjeu est double. Un, il souhaite montrer qu’il est partout présent avec un maximum de candidats, y compris à Bruxelles, pour prouver qu’il sera demain incontournable. Deux, briser le cordon sanitaire en proposant, comme cela a été fait en juin dernier, aux ailes d’ultradroite du CVP et du VLD des alliances pour gérer ensemble plusieurs municipalités, à Anvers bien sûr mais également dans d’autres villes. Filip Dewinter, le Jörg Haider flamand, compte obtenir dans la ville de Rubens plus de 30 % et y vise l’échevinat du port. Sans doute parce que celui rapporte le plus, financièrement parlant !

Après plus de vingt ans d’opposition, il est urgent pour le VB de montrer à ses électeurs que son programme tient la route. De plus, en cas de défaite, à l’intérieur du parti, les tensions risqueraient encore d’augmenter et de pousser les impatients et ceux qui sont lassés par le cordon sanitaire de quitter le Blok. Donc de le vider de l’intérieur. Ou de donner lieu à une crise interne qui le conduira sur le chemin de la division.

Du côté francophone
Pour les extrêmes droites francophones, il n’y a qu’un seul véritable enjeu : survivre ! Ces élections seront décisives pour elles. Parce que leur disparition politique au niveau local pourrait ensuite leur coûter leur représentation régionale et fédérale, aux élections de 2005. Ils se retrouveraient alors d’un seul coup vingt ans en arrière.

(Avancées-RésistanceS – septembre 2000)