| Législatives belges
du 18 mai 2003 Extrême droite : un bilan législatif totalement négatif Lextrême droite francophone est représentée au Parlement belge. Mais son unique député, le docteur Daniel Féret (par ailleurs président-fondateur du Front national) a brillé par son incompétence. Le quotidien « La Dernière Heure », de ce 7 mai, fait son bilan législatif. Conclusion : il est totalement négatif ! Pour expliquer aux électeurs que lextrême droite est incapable et chaotique, le journal libéral publié également une interview dun membre de la rédaction de RésistanceS.
La Dernière Heure / mercredi 7 mai 2003 / page 7 Pas une seule proposition de loidu FN en 4 ans ! BRUXELLES - Elle a limé son vocabulaire et son programme. Pris des cours de maintien face aux photographes et caméras. Mais le discours de l'extrême droite reste fondamentalement le même: haineux, tronqué et foncièrement poujadiste. Les partis démocratiques sont régulièrement dans sa cible, ses membres étant le plus souvent présentés comme des «magouilleurs», des «profiteurs du système» qui se «remplissent les poches» en «dupant le citoyen». Mais que fait-elle, cette même extrême droite, lorsque des électeurs lui confient des responsabilités? Visiblement pas grand-chose. Les services administratifs de la Chambre des représentants sont formels: les fonctionnaires ont eu beau chercher, ils n'ont pas trouvé trace dans leurs archives de la moindre proposition de loi déposée en 4 ans de législature par le député Daniel Féret, président du FN! Pas la moindre tentative, donc, depuis juin 99, pour tenter de traduire ses promesses électorales en réalités! Le même n'a pas non plus posé la moindre question écrite à un seul ministre, moyen pourtant souvent utilisé par des élus pour attirer l'attention du gouvernement sur des problèmes que rencontre le citoyen. En fait de bilan, M. Féret ne peut se targuer que de 36 interpellations en séance en un peu moins de 50 mois de législature. Elles ont le plus souvent eu lieu le jeudi, jour de présence obligatoire pour les députés sous peine de voir leur traitement amputé au prorata. Au Parlement de la Communauté française, c'est pire encore. Alain Sadaune, député de Charleroi élu sur une liste FN (il en est aujourd'hui parti), a brillé depuis juin 99 par son inactivité: pas la moindre proposition de décret déposée en 4 ans. Idem pour les questions et interpellations. Rebelote au Parlement wallon où le même Sadaune siège aussi, et où son bilan est exactement identique: nul. Il n'est intervenu qu'une fois en séance, sur... l'Autriche. «Même les coordonnées personnelles qu'il nous a communiquées sont fausses», explique une fonctionnaire du Parlement. «Chaque fois qu'on lui envoie du courrier à son domicile, il nous revient avec la mention adresse incorrecte ». Seul son numéro de compte bancaire sur lequel lui est versé son traitement de parlementaire est resté le même. Et au Parlement bruxellois? Le scénario se répète. Pas la moindre proposition d'ordonnance, question ou interpellation en 4 ans pour les députés Guy Hance et Audrey Rorive (compagne de M. Féret) ! Juste quelques mots prononcés en séance dans l'un ou l'autre débat. Contacté par nos soins, M. Féret a confirmé l'exactitude de ce bilan que nous dressons. Il justifie sa propre absence de propositions de loi par «l'ostracisme» dont son parti «est victime». Et sur l'inactivité de ses députés bruxellois, il assène que «le Parlement bruxellois tient des débats en dessous du niveau de ceux d'un conseil communal, passant son temps à parler des poubelles des gens, ce qui n'est pas vraiment notre priorité!» Pourquoi, dès lors, y briguer des mandats? Quant à M. Sadaune «il ne fait plus partie du FN: il en a été exclu pour avoir refusé, comme Marguerite Bastien à l'époque, de payer sa cotisation de 1.000 euros par mois au parti et nous sommes d'ailleurs en procès avec lui.» Une version que l'intéressé conteste. Christian CARPENTIER
*** Les loups se mangent entre eux
Christian CARPENTIER |