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Législatives belges du 18 mai 2003

Un élu FN
à Liège ?

Le Front national est aujourd’hui à l’état de groupuscule quant à sa structure et son rayonnement militant. Cependant, la principale formation d’extrême droite francophone a réussi à déposer partout des listes électorales. A Liège, le FN pourrait faire élire un député. Explication.

Tel le phénix, le Front national est toujours présent : malgré une structure groupusculaire, une base militante extrêmement réduite, un quarteron de « cadres » politiques inadaptés et inexpérimentés, des crises intestines à n’en plus finir, des « waterloo électoraux » successifs (aux législatives, régionales de 1999, puis aux communales de 2000), etc.

Le FN partout présent
Crée en 1985, par le docteur Daniel Féret (un ancien du PLP, le parti libéral de l’époque), le Front national garde la main sur les verts-de-gris francophones. Force est en effet de constater que le FN, contrairement à tous ses clones, a réussi à déposer partout des listes électorales pour les élections du 18 mai prochain. Il présente une liste au Sénat, sans la concurrence d’aucune autre liste néofasciste. A la Chambre, le FN se présente dans les cinq provinces wallonnes et à Bruxelles. Dans trois provinces (Brabant wallon, Luxembourg et Liège), la liste FN est la seule qui incarnera l’extrême droite. Du pain béni. Surtout à Liège. Pourquoi ?

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L’ex-SS wallon Léon Degrelle reste le modèle de beaucoup de frontistes

 

Selon le dernier sondage du quotidien « Le Soir » (publié le 28 avril), le FN récolterait sur l’ensemble de la Wallonie 6,2 % (avec augmentation de 2,1 % par rapport à son score de 1999). Dans le Hainaut, le même sondage accordait plus de 5 % au même FN. Et, comme le prescrit la nouvelle loi électorale, il faut avoir plus de 5 % pour faire élire un député.

Dans cette province, avec le FN, ils sont quatre à se disputer l’électorat sensible aux discours poujadistes, racistes, sécuritaires, alarmistes et pessimistes (FN, Front nouveau de Belgique, Nation et même une liste Vlaams Blok !). Les chances pour le FN d’y faire élire l’un de ses candidats sont donc fort limitées, puisque le vote d’extrême droite sera divisé.

Un député fédéral liégeois ?
Toutefois, si le Hainaut (terre électoralement favorable à l’extrême droite jusqu’à présent) semble être aujourd’hui perdu pour le FN, celui-ci pourrait avoir plus de chance dans la province de Liège.

delacroix.jpg 1 (6531 bytes) L'avocat et future possible élu FN, Michel Delacroix. Photo extraite du tract massivement distribué à Bruxelles et en Wallonie par le FN à l'occasion des élections du 18 mai 2003. Dans celui-ci, il est également mentionné que Delacroix, atteint de cécité, est le vice-président de la
Ligue Braille...

Dans cette dernière, le sondage du « Soir » annonçait un FN dépassant la fatidique barre des 5 %. Le FN, seul présent avec une liste, pourrait donc y décrocher le gros lot : un député fédéral (voir le portrait du possible futur élu frontiste en marge de cet article). Si – et seulement si - le résultat du sondage du quotidien de la rue Royale devait se confirmer le 18 mai prochain dans la province de Liège.

Conclusion provisoire : le FN, tel le phénix, n’est pas prêt de disparaître de notre paysage électoral. Ce qui n’est pas le cas de ses nombreux clones…

Manuel Abramowicz
RésistanceS – Bruxelles - 8 mai 2003

 

Portrait du possible futur élu FN

Le 18 mai, si le FN obtient plus de 5 % des voix dans la province de Liège, comme le prédit le sondage du journal « Le Soir » du 28 avril dernier, sa tête de liste sera élue à la Chambre des députés fédéraux. Mais qui est-t-elle ?

Nom : Delacroix. Prénom : Michel. Profession : avocat. Age : 52 ans (selon la liste des candidats du FN publiée dans le quotidien « Vers l’Avenir » du 28 avril dernier).

Par ailleurs, Michel Delacroix est l’actuel avocat du président du FN, Daniel Féret, dans le cadre d’un procès intenté contre ce dernier pour infraction à la loi antiraciste. C’est surtout une vieille connaissance de l’extrême droite francophone. Il est issu des rangs du Parti libéral chrétien (PLC). Cette minuscule formation politique fut mise sur pied, en 1982, par des dissidents d’ultradroite de l’ex-PSC. En vue des élections régionales de 1989, le PLC s’associa au Front national. Plusieurs « notables » « libéraux-chrétiens » prendront ensuite leur carte d’adhérant chez les frontistes.

Michel Delacroix deviendra l’un des principaux avocats du FN. Il fut aussi celui de Jean-Marie Le Pen, du négationniste Robert Faurisson et même, du temps de son vivant, de l’ex-général SS wallon Léon Degrelle ! Rien d’étonnant à cela : d‘après le journaliste Serge Dumont (du « Vif/L’Express »), Michel Delacroix était alors un habitué des rencontres des « bâtons noueux », une amicale regroupant des anciens de Rex, le parti fasciste conduit comme un Duce par Léon Degrelle. Parmi eux, certains partirent sur le Front de l’Est avec les SS…

Comme nous le voyons, le possible futur député fédéral du Front national a de « belles » références… Vite, maintenons le cordon sanitaire !

M.AZ

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