Daniel
Féret perd son Front
Le putsch anti-Féret a réussi
Depuis la publication, ce 22 novembre, de son article sur
l'état de la situation du Front national conduit par Michel
Delacroix, RésistanceS a obtenu de nouvelles informations.
Elles annoncent la mise hors-circuit de Daniel Féret, le président-fondateur
du FN. Avec une nouvelle direction, l'extrême droite francophone,
sous l’égide du « nouveau » FN, va-t-elle
désormais se développer en Wallonie et à Bruxelles,
comme le Vlaams Belang en Flandre ? La reconquête de l'électorat
frontiste passera notamment par Charleroi.

Les informations
de RésistanceS sur la fin du féretisme ont été
reprises, ce dimanche 25 novembre, par l'agence de presse Belga et
par l’ensemble des médias en ligne, comme le site d'actualité
« 7 sur 7 » © Photo : RésistanceS.
Les autorités judiciaires en charge du dossier de l'Association
de financement du Front national (AFFN), responsable d'une gestion
financière plus que douteuse, viennent de donner raison au
Front national mené par le sénateur Michel Delacroix
contre celui que dit toujours diriger Daniel Féret, son fondateur.
Ce qui veut dire que c'est désormais ce Front qui est reconnu
comme le FN officiel. Cette information est « historique ».
Résultat immédiat : Daniel
Féret ne pourra plus se prévaloir du nom et du logo
de son parti. Mis en minorité, en septembre dernier, par la
majorité de la direction frontiste et poursuivi devant les
tribunaux pour une multitude d'« affaires », Daniel Féret
est donc désormais « politiquement mort », puisque
le Front national ne lui appartient plus... C'est bel et bien, aujourd'hui,
la fin du « féretisme » (voir ci-contre).
La reconquête de l'électorat
via Charleroi
L'exclusion de Daniel Féret du Front national va maintenant
donner à ses opposants l'opportunité de reprendre en
main le parti, après de très longues années de
conflits ravageurs à l'intérieur même du Front.
Ses nouveaux « patrons » vont maintenant pouvoir l'organiser
en interne (via un organigramme hiérarchisé, des postes
à responsabilité, un centre de formation pour ses cadres...)
et le développer en externe (par la mise en place de sections
locales et la tenue de meetings, entre autres), dans le but d'ancrer
solidement le FN dans le paysage politique. Dans les jours qui viennent,
les nouveaux dirigeants devraient ouvrir des bureaux rue du Bailly,
dans la commune d'Ixelles, près de l'avenue Louise. Ceux-ci
leur serviront de QG.
Mais, c'est la ville de Charleroi qui a été
choisie par le bureau politique du Front national, sous la présidence
ff du sénateur Michel Delacroix, pour servir de tremplin électoral.
Les frontistes ont effectivement le souhait de faire de la «
capitale du pays noir » leur fief, à l'image d'Anvers
pour le Vlaams Belang. Il faut dire que la ville wallonne possède
tous les ingrédients favorables à l'essor d'un parti
poujadiste et anti-immigrés : des scandales politiques se succédant
à la queue leu-leu, des autorités communales sans assises
populaires, une classe politique totalement divisée, une situation
sociale catastrophique...

Elections législatives du 10 juin 2007
: une des dernières affiches du FN alors unitaire © Photo
: Manuel Abramowicz – RésistanceS.
Des listes VB-FN demain à
Bruxelles ?
Le FN ne désertera pas pour autant Bruxelles. Son « siège
national » y sera maintenu. Ce qui lui permettra de repartir
à l'assaut de son (petit) électorat resté fidèle
dans la Région bruxelloise. Nationaliste belge, le FN de Michel
Delacroix a cependant de bons contacts fraternels avec le Vlaams Belang
indépendantiste flamand (ce qui n'était pas du tout
le cas sous Féret).
Sur cette base, il préconise des
accords électoraux dans la capitale afin de ne pas diviser
le vote pour l'extrême droite (environ 10 % des voix). Dans
cette perspective, aux prochaines élections communales, certaines
communes (avec une population flamande plus importante qu'ailleurs)
seront exclusivement « réservées » au VB
(par exemples : Jette, Evere, Berchem...), et d'autres au FN (les
deux Woluwé, Ixelles, Forest...). Des listes VB-FN (ou FN-VB)
pourraient par ailleurs être déposées dans les
communes où les extrêmes droites néerlandophone
et francophone se partagent en général l'électorat
à parts quasi égales (Anderlecht, Molenbeek, Saint-Gilles...).
La prise en main du Front national par les anti-Féret
et l'exclusion de celui-ci de ses rangs risquent désormais
de voir apparaître une structuration efficace et un développement
concret de l'extrême droite francophone, sur le modèle
du Vlaams Belang en Flandre. Cette nouvelle donne devrait fortement
inquiéter le monde politique.
Manuel ABRAMOWICZ
Féret
appelle la base frontiste contre les « puputchistes »

Le « clan Féret »
a réussi à sortir récemment deux numéros
du journal du FN... datés du mois de septembre (à
gauche) et du mois d'octobre 2007. Pour la dernière fois
certainement… – Document : RésistanceS.
Jusqu'à
la dernière minute, Daniel Féret – avec
ses tous derniers partisans (une minuscule fraction de frontistes)
– a tenté de sauver son pouvoir et de s'opposer
aux «puputchistes» (sic).
Complètement
sans ressource et ne pouvant plus bénéficier de
ses locaux (sous séquestre judiciaire !), Daniel Féret
a cependant réussi à sortir, avec les moyens du
bord (mais uniquement sur deux pages), deux numéros du
« National », le journal officiel du FN. Dans celui
daté du mois de septembre dernier, le président-fondateur
écrivait d'une plume accusatrice:
« La
presse aux ordres du système s'en est donné
à coeur joie de relater le différend qui nous
oppose à un quarteron d'élus - élus par
votre travail - qui tentent de mettre la main sur un parti
qui ne leur appartient pas et auquel ils n'ont, pour la plupart,
pas ou peu adhéré ».
Un second numéro
du « National » a été réalisé
dernièrement. Il est daté du mois d'octobre et
ne comporte toujours que deux pages. A la Une, Daniel Féret
donne encore les dernières nouvelles du Front. Et espère
un sursaut de la base pour résister au « putsch
» et reconstruire le FN. Féret y déclare
notamment :
« Les
forces vives du parti se demandent, nous demandent où
nous en sommes dans le combat interne qui nous oppose à
une poignée d'élus, qui n'ont aucun mérite.
(...) (Les
membres) sont les grands oubliés dans cette querelle.
Les puputchistes - Delacroix et consorts - n'en ont cure,
car ils savent très bien que les militants sont tous
dans le camp de ceux qui méritent et non ceux qui profitent.
Je n'exclus nullement de leur demander leur avis, le moment
venu, en organisant un referendum interne au FN.
(...) Privés
pour un temps de nos locaux et de notre matériel informatique,
photographique et d'imprimerie, nous sommes dans l'impossibilité
de publier Le National comme avant et de fournir les tracts
que les militants nous réclament. Une fois passé
l'ouragan, il faudra rattraper tout le retard accumulé.
Aussi je lance un appel à tous nos sympathisants pour
qu'ils se tiennent prêts à s'engager davantage
dans le combat qui est le nôtre, qui est le vôtre
».
Depuis les derniers
événements révélés par RésistanceS,
il semble que la proposition faite par Daniel Féret ne
puisse recevoir un écho favorable... En effet, il est
plus que trop tard pour reprendre en main le Front. Le féretisme
a pris fin.
[M.AZ] |
Recomposition
de l'extrême droite
La prise de pouvoir
des anti-Féret au Front national va donner lieu à
une recomposition sans doute importante de l'extrême droite.
Tout d'abord, le ménage sera fait en interne. Plusieurs
membres seront exclus d'ici peu, s’ils ne rentrent pas
dans les rangs et n’acceptent pas les nouveaux dirigeants.
Ce qui pourrait être le cas du député fédéral
Patrick Cocriamont et de son assistant parlementaire, Daniel
Leskens. Pour ceux-ci, les anti-Féret sont des «
libéraux », ce qui est une insulte dans ce milieu.
Par ailleurs, au
moment-même où certains seraient mis à la
porte du Front, de nouvelles adhésions pourraient être
enregistrées. Des anciens dissidents ou des militants
ayant cessé toute activité politique pourraient
remonter au front. Mais, le « nouveau » FN sera
très sélectif, selon nos informations : une «
liste noire » empêchera l'affiliation d'individus
considérés comme persona non grata. Notamment
ceux ayant jadis milité dans les rangs d'organisations
néonazies ou ayant été condamnés
pour racisme (souvent entre autres faits d'ailleurs). Les «
farfelus » et autres « zigotos » seront également
invités à rester dehors.
Quant aux autres
« partis nationalistes », la reprise en main du
FN les marginalisera encore plus. C'est pour cette raison que
le Front nouveau de Belgique (FNB) pourrait fusionner avec le
FN de Michel Delacroix. Quant au mouvement Nation, il tentera
de rester en place en rassemblant les plus purs et durs de l'extrême
droite francophone. Mais avec un FN bien organisé et
gardant le leadership sur la « droite nationale »,
ledit Mouvement devrait se marginaliser. Avec le député
Cocriamont ?
Résumons
donc cette recomposition de l'extrême droite : le Front
national présidé par Delacroix va se développer
sous la forme d'un parti d'extrême droite, populaire et
national-libéral. Sur sa marge subsisteront divers petits
groupes marqués par leur radicalisme et opposés
à la normalisation du Front national. Une situation très
proche de celle que l’on connaît en Flandre et en
France.
[M.AZ]
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© RésistanceS
– Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be
– info@resistances.be – Article mis en ligne le 25 septembre
2007.
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© Dessin : Hajimé - RésistanceS
Le férétisme
est mort !
Le «
féretisme » a régné sur l'extrême
droite durant plus de 22 ans, depuis la création du Front national
belge, en 1985, par le docteur Daniel Féret.
La seule réussite
de celui-ci aura été d'avoir pensé le premier
à la légalisation du nom « Front national »,
via la constitution d'une association sans but lucratif. Ce qui lui
permettra de devenir le propriétaire exclusif de ce label à
succès et de récupérer alors directement en Belgique
l'« effet Le Pen », apparu en 1984 en France.
Pour des raisons opportunistes
et pour éviter la prise en main du FN par d'autres, Daniel
Féret avait toujours empêché sa structuration
sous la forme d'un véritable parti politique digne de ce nom.
En effet, le « FN féretiste » est resté
à l'état groupusculaire durant plus de deux décennies.
Il se bornait à gagner des voix aux élections en profitant
uniquement d'un sigle et de thématiques séduisantes
pour un électorat déçu par la classe politique
actuelle.
Décidant personnellement
de la présence d'untel ou d'untel en place éligible
sur les listes électorales, Daniel Féret fut très
vite considéré par beaucoup de frontistes comme un despote
utilisant le népotisme comme unique mode de fonctionnement.
Ceux qui tentèrent
de s'opposer en interne seront systématiquement mis sur le
côté. Ce qui provoquera d'innombrables conflits. Ceux-ci
se solderont par de multiples exclusions, démissions et dissidences.
En vingt-deux ans d'existence, entre 35 et 45 mouvements scissionnistes
se sont produits. Un record absolu dans l'histoire politique belge.
La dernière tentative
de putsch, conduite par le sénateur Michel Delacroix et son
bras-droit, Patrick Sessler, fut la bonne : elle vient sans doute
de sonner le glas du féretisme...
[M.AZ]
Plus d'infos ?
L'Observatoire belge
de l'extrême droite et son site RésistanceS vous proposent
la lecture de leur avant dernier article sur le même sujet :
– Le
FN-Delacroix en voie de développement (22/11/2007)
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