| RésistanceS 02-06-2008 |
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Notre série : « Daniel Féret au tribunal » (suite et pas fin)
La condamnation contre Daniel Féret de ce 2 juin a été prononcée dans un dossier pour faux et usage de faux, suite au dépôt de fausses signatures de citoyens pour pouvoir présenter la liste du FN aux élections européennes de 2004. Egalement poursuivie, sa compagne, la députée bruxelloise Audrey Rorive, a été condamnée à neuf mois de prison avec sursis. En avril 2006, la justice avait déjà condamné Féret, avec Georges-Pierre Tonnelier, un jeune cadre frontiste, dans le cadre d’un dossier pour racisme, suite à une plainte déposée par le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, le service public chargé par le Parlement belge de l’application de la loi antiraciste.
A plusieurs reprises, les pratiques illégales du FN auraient pu être stoppées. Cependant, « Daniel Féret et sa bande » semblaient jouir à ce niveau-là d'une certaine impunité. Ce qui permit au Front national de continuer à se présenter aux différentes élections et d’y obtenir des élus. Aujourd'hui, la justice vient de donner un véritable coup de massue à Daniel Féret. Les carottes semblent être définitivement cuites pour lui et ses derniers bras droits, dont le député fédéral de Charleroi, Patrick Cocriamont, un pur et dur proche de la revue française antisémite Réfléchir & Agir. La condamnation à un an de prison ferme rendue ce 2 juin devrait signifier la réelle fin du « féretisme ». Une fin pourtant annoncée depuis belle lurette par les différents et nombreux dissidents du Front national et ses opposants groupusculaires membres de la même famille idéologique.
Le FN sans Féret aux mains de Delacroix-Sessler et leurs partisans (l'ensemble des députés régionaux wallons du parti) pourra maintenant se développer sous la forme structurée d'un véritable parti politique. Ce que le président-fondateur frontiste n'avait jamais su ni voulu faire, le but de Daniel Féret étant de garder indéfiniment les rênes du pouvoir dans son intérêt personnel. Cependant, Daniel Féret n'avait pas pensé qu'un jour la Justice belge allait sévèrement le sanctionner, après plus de 20 ans d'activités politiques douteuses. Actuellement « réfugié » dans sa villa au Cap d'Agde (sud de la France), le condamné Daniel Féret crie tout naturellement au « complot » et à l'injustice judiciaire. Il annonce vouloir interjeter appel. Il a 15 jours pour entamer une telle procédure. Ironie de cette « affaire judiciaire » à rebondissement : Daniel Féret s’était lancé en politique au début des années 1980, sous l’exemple de Jean-Marie Le Pen et de son Front national français, pour faire le « ménage » d’une classe politique « pourrie », selon l’expression favorite de l’extrême droite. La dénonciation des « magouilles politico-judiciaires » qui éclaboussèrent au milieu des années 1990 le monde politique fut l’un des principaux fonds de commerce à succès de la droite nationaliste et populiste. Aujourd’hui, c’est la justice qui a fait le ménage : Daniel Féret est exclu de la vie politique belge pour des irrégularités judiciaires. De plus, la série « Féret au tribunal » n’est pas terminée. Prochainement, d’autres dossiers déboucheront devant la justice pour des motifs encore plus déshonorants pour celui qui voulait devenir le représentant du peuple contre l’establishment. Via Féret, c’est au tour de l’extrême droite d’être éclaboussée et rattrapée par ses propres « magouilles politico-judiciaires ». Ses slogans populistes anti-partis traditionnels ne pourront plus rien n’y faire. Manuel Abramowicz
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