| RésistanceS 14-03-2007 |
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Bilan de Films & Fascismes – semaine du cinéma en résistance
Mieux comprendre les fascismes
par le débat Les raisons de la résistance armée contre le fascisme s'expliqua, le lendemain, en présence d'un historien spécialiste de l'occupation nazie, José Gotovitch (professeur à l'Université libre de Bruxelles et ancien directeur du Centre d'étude guerres et sociétés contemporaines, le Ceges) et un ancien résistant, le docteur André Wynen. Sans aucun tabou, nostalgie héroïque exagérée et dans un langage clair, ils ont décrit le pourquoi, selon eux, du passage à la résistance de simples citoyens pour qui le combat pour la liberté méritait les plus grands sacrifices. Le professeur José Gotovitch expliqua la vie quotidienne des clandestins recherchés par toutes les officines de répression nazies, mais aussi leurs questions existentielles à propos de leur engagement personnel et les réactions d'une population docile, souvent hostile à tout acte de résistance par peur des représailles. André Wynen, entré en résistance à l'âge de 16 ans, raconta que son choix se détermina quand son ''seuil d'acceptation à la soumission'' avait été atteint. Il était donc naturel qu'il prenne les armes contre l'ennemi. Le vendredi soir, après la deuxième diffusion de l'exceptionnel reportage ''White Terror'' (sur l'internationalisation du mouvement nazi-skin), Anne Morelli (professeur d'histoire à l'Université libre de Bruxelles) et moi-même (au titre de coordinateur de RésistanceS) plaidèrent pour un ''antifascisme politiquement incorrect''. Pour nous, la victoire sur l'extrême droite ne pourra avoir lieu que si un engagement préalable s'enclenche pour lutter efficacement contre les inégalités sociales. De plus, l'antifascisme a souvent été utilisé comme alibi par des fractions de partis démocratiques afin de camoufler des pratiques indignes du monde politique. Pour l'historienne Anne Morelli, la seule solution contre l'extrême droite, c'est la gauche radicale anticapitaliste. Avec quelques exemples à la clés, elle évoqua les barrages électoraux fais contre l'extrême droite dans des communes où le Parti du travail de Belgique (PTB), par exemples, se manifeste par une présence politique significative.
Le lendemain, malgré un splendide dimanche ensoleillé, ils furent plusieurs à rejoindre la salle obscure du Botanique pour (re)voir ''Vlaams choc'', le document qui suscita au moment de sa projection à la RTBF une vive polémique. Le débat qui s'en suivi avec Paul Pataer, le président de la Ligue flamande des droits de l'homme au moment où celle-ci s'était jointe à l'action judiciaire du Centre pour l'égalité des chances qui condamna définitivement le Vlaams Blok pour racisme, donna la possibilité d'avoir un avis antifasciste flamand clair et précis. Par un discours intelligent et posé, Paul Pataer, comme à son habitude, exprima la sensibilité de nombreux flamands à l'égard d'une Flandre de plus en plus égoïste en cette période de crise économique. Paul Pataer, comme notre ami Jos Vander Velpen, représente la ''Flandre résistante''.
Fascisme tropical et ordinaire Le dernier débat se consacra à la compréhension des ''populismes et des fascismes ordinaires''. Comment peut-on basculer du jour au lendemain dans une ''société d'extrême droite'' ? Comme base de départ à ce débat plus que nécessaire, un reportage sur la ville française d'Orange, tombée aux mains du Front national en 1995, fut projeté. Olga Zrihen (sénatrice et conseillère communale PS), Richard Miller (éminence grise du libéralisme social porté par Louis Michel et échevin MR) et Zoé Genot (députée fédérale bruxelloise Ecolo) débattirent - et polémiquèrent aussi - pour expliquer la montée de l'extrême droite en Belgique, mais également de manière plus locale dans leur commune respective : La Louvière, Mons et Saint-Josse. La question du non respect du cordon sanitaire fut encore ouverte, tout comme les responsabilités directes de partis démocratiques dans la présence grandissante, au coeur de notre société, de l'extrême droite et de ses idées nauséabondes. Les pratiques politiciennes favorisant le ''vote protestataire'' furent dénoncées par l'ensemble de ce panel très politique du dernier débat de Films & Fascismes. Il faut aussi ici remercier tous les modérateurs de nos débats, sans qui ceux-ci auraient manqués d'un dynamisme d'animation des plus agréables, dans l'ordre chronologique des débats : Jean-Jacques Jespers (ex-journaliste RTBF, professeur en communication à l'Université libre de Bruxelles), Joseph Coché (animateur à l'asbl Libération films), Alain De Keussche (chroniqueur à la RTBF et collaborateur au ''Journal du Mardi''), Jacky Degueldre (coordinateur des projets et relations publiques de Présence et action culturelles), Henri Goldman (co-directeur de la revue ''Politique''), Julien Dohent (historien et coordinateur du service Solidarité du Centre d’action laïque de la Province de Liège) et enfin Johanne Montay (journaliste au service politique de la RTBF). Le combat continue Manuel ABRAMOWICZ
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Nombreux soutiens sur le Net De nombreux sites Internet firent la promotion de Films & Fascismes : Cinébel (consacré à l'actualité du cinéma en Belgique), Ciné Maniacs, A voix autre (du journal libertaire du même nom), Mouvements.be, ceux de Solidarité socialiste (mouvement belge de coopération dans le tiers-monde), de la section bruxelloise de la Ligue des droits de l'Homme, du MRAX, de Namur antifasciste (Naf), de Ras l'front (le réseau antifasciste français), de Quinoa (ONG d'éducation au développement), du Cirque Royal, de la Direction générale de l'enseignement obligatoire, de l'Office de promotion du tourisme de Wallonie et de Bruxelles, de l'Agenda culturel officiel de la Région bruxelloise, du Conseil bruxellois de coordination sociopolitique, du Centre d'information et de documentation pour les jeunes, de la section d'Anderlecht d'Ecolo, de la chaîne musicale MCM, d'Espace citoyen, des Amis du Monde diplomatique... Merci beaucoup à ceux-là pour leur soutien.
http://www.resistances.be/fetf.html
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