| RésistanceS 16-03-2008 |
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Elections municipales françaises
Depuis plusieurs élections, dans divers pays européens, on observe la montée électorale de l'extrême gauche. Au Portugal, le Bloc de gauche (Bloco de Esquerda), une formation unitaire, rassemble les différentes tendances de la gauche radicale, des ex-maoïstes aux trotskistes de la Quatrième Internationale. Ce Bloc représente désormais plus de 7 % des voix dans la capitale portugaise. Le Parti communiste était arrivé lui à 8,9 % lors des élections municipales en été 2007. Soit un résultat de près de 16 % pour la gauche marxiste à Lisbonne. En Allemagne, La Gauche (Die Linke) a connu au dernier scrutin régional (en février dernier) à Hambourg un succès important (près de 7 % des voix). Ce nouveau parti est le fruit de la fusion récente du Parti du socialisme démocratique (PDS), issu de l'ex-Parti communiste est-allemand, avec la Wasg, une scission de la gauche socialiste du Parti social-démocrate. En Belgique, en octobre de l'année dernière, lors des dernières élections pour renouveler les conseils communaux, le Parti du Travail de Belgique (d'obédience marxiste-léniniste) a récolté 15 élus, contre cinq en 2000, avec des gains importants : 4,24 % à La Louvière, 4,99 % à Seraing (et 3,50 % pour le Parti communiste, soit 8,49 % au total pour la gauche marxiste), 9,39 % à Herstal et jusqu'à près de 22 % à Zelzate (commune populaire flamande). Après le reflux des forces révolutionnaires marxistes dans les années 1980, dans plusieurs pays de l'Union européenne, des partis, des mouvements ou des coalitions électorales d'extrême gauche se font donc de plus en plus remarquer aux élections. Au même moment, on observe une reculade significative de l'extrême droite... La gauche rebelle contre l'extrême
droite traditionnelle Dans certaines grandes villes, la « gauche de la gauche » talonne, voire dépasse l'extrême droite. A Marseille (dans le 3e secteur de la métropole), son résultat est de 6,18 %. Quant à celui du FN, il se situe à 6,28 %. Le MNR n’y obtient, lui, que 0,98 %. A Strasbourg, le FN et Alsace d'Abord (une scission régionaliste-identitaire du Front) récoltent respectivement 2,84 % et 2,17 %, un résultat catastrophique pour la droite extrême par rapport aux précédentes municipales (voir notre encadré ci-dessous). L'extrême gauche, certes aussi divisée (sur trois listes différentes), gagne néanmoins un résultat additionné de 2,94 %. A Toulouse, la LCR (plus de 5 %), Lutte ouvrière (LO, 0,83 %) et le Parti des travailleurs (PT, 0,33 %) additionnent leurs trois résultats à 6,23 % de l'échiquier politique. Par ailleurs, on ne trouve nulle trace d'une liste néofasciste, ce qui traduit là aussi la supériorité militante des « gauchistes ». A Reims, le Front national (4,32 %) est carrément dépassé par les scores additionnés (4,63 %) des deux listes de la gauche radicale, LCR (3,33 %) et LO (1,30 %). Ce passage en revue de quelques résultats
comparés entre ceux de la gauche radicale et ceux de l'ultradroite
est une confirmation de ce que RésistanceS, le journal de l'Observatoire
de l'extrême droite, avait déjà annoncé
en mars 2001, à l'occasion des précédentes élections
municipales françaises et d'une première poussée
de la gauche non conformiste. RésistanceS notait alors : «
Ces bons résultats de LO, de la LCR, du PT et des listes citoyennes
de gauche sont historiques. D’autant plus que contrairement
aux extrêmes droites, ces mouvements d’opposition ont
rarement bénéficié de la même couverture
médiatique et des mêmes moyens financiers que les forces
réactionnaires d’extrême droite » (relire
notre article : « La gauche radicale, nouvelle force politique
d’opposition ? »
Les voix perdues de l'extrême droite – provenant à l'origine en bonne partie de la gauche social-démocrate, faut-il le rappeler – ce fait désormais au profit de l'extrême gauche mais également d'autres « nouveaux courants ». Les ex-partis néofascistes convertis au national-libéralisme (l'Alliance nationale en Italie, par exemple) ou les nouveaux partis d'ultradroite populiste, xénophobe et nationaliste (telle la Lijst Dedecker en Flandre), qui se démarquent clairement de l'extrême droite traditionnelle (en général issue du fascisme et du nazisme), séduisent de plus en plus l'électorat frontiste et VBiste. Les discours démagogiques et populistes tenus par Nicolas Sarkozy, lors de la campagne pour l'élection présidentielle 2007, ont également donné lieu à un déclin caractérisé du leadership lepéniste sur l'électorat populaire. L'heure de la « droite fascistoïde » a-t-elle sonné ? Le phénomène semble se confirmer : quand la droite nationaliste pure et dure diminue, la gauche rebelle augmente. En France, en Belgique, comme un peu partout ailleurs en Europe (mais aussi en Amérique latine), les scores se rapprochent de plus en plus du croisement des « deux extrêmes », d'élections en élections, ce qui signifiera sans doute prochainement un dépassement de la droite par la gauche... Après les « dimanches noirs » des années 1990, assisterons-nous à l'émergence de « dimanches rouges » ? Tous les indicateurs politiques et sociaux semblent aller dans cette direction. Le combat politique contre l'extrême droite se gagnera par des victoires politiques. Manuel ABRAMOWICZ
© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le dimanche 16 mars 2008. |
Contre l'extrême droite noire : la gauche rebelle et rouge © Photo : www.lsp-mas.be
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