| Infiltration - Hooligans Lextrême droite au stade
Certes, de plus en plus régulée ici et là, la violence dans les stades de football reste un phénomène international qui prend une ampleur sans cesse croissante. Ce symptôme sociétaire est incarné par les agissements des hooligans. Ces supporters violents sont devenus lun des publics cibles, à la fin des années septante, de lextrême droite anglaise qui voyait en eux des jeunes épris de «valeurs nationalistes» et exprimant souvent leur «fierté dêtre blancs». Professionnels de la guérilla en zone urbaine, des jeunes hooligans deviendront des leaders locaux de groupuscules néonazis doutre-Manche, comme Combat 18, par exemple (1). Wallons Boys, CCC et «armée blanche» En Belgique, aussi, un processus dinfiltration des «sides» (groupes de supporters violents de football), de diffusion dun «message nationaliste» auprès de leurs nervis et du recrutement de ces derniers va sopérer rapidement. En Wallonie, lun des meilleurs exemples de «side» de «supporters nationalistes» est les Wallons Boys-Charleroi Casual Crew (CCC) du Royal Charleroi Sporting Club (RCSC). A diverses occasions, ces «garçons wallons» participeront aux manifestations dAGIR, du FN, de Nation et de REF. Notamment, celles organisées contre les églises occupés par des réfugiés politiques et des étrangers clandestins (2).
Emblèmes classiques des hooligans dextrême droite Leur site Internet, en ligne jusquen juin 2000, présentaient les Wallons Boy comme étant la «White Army Charleroi». Pourquoi ce nom ? Les maillots des joueurs du club carolo sont blancs, mais ici la référence au blanc est clairement politique. Dans une optique nationaliste, cette référence fait allusion aux défenseurs de la «race blanche». Un concept particulièrement en vogue dans les organisations paramilitaires terroristes néonazies. En plus, cette «armée» informelle arbore comme signe de ralliement la croix celtique, bien connue des milieux néonazis. Violence et racisme affiché Suite à divers incidents violents, qui se déroulèrent durant des matchs de football ou à dautres occasions, comme en juin 1989 au cours dune véritable expédition punitive contre des jeunes dorigine immigrée, des hooligans du RWDM seront condamnés par la justice. Depuis ces incidents impliquant des membres des Brussels Boys, ce noyau dur dhooligans «nationalistes» semble avoir disparu. Avec une centaine de fanatiques de léquipe du RWDM, lors de la saison 1998-99, un nouveau «club de supporters officiel» a été créé. Il reprend le nom de «BXL Boys», mais tente de se distancier de limage néonazie de son prédécesseur. Etonnant, parce que le «guestbook» de son site Internet reste alimenté constamment de messages clairement discriminatoires et racistes. Un hasard ? Hooligans pour la guerre ethnique
Larticle de «Nation-Info» consacré à cette «bataille de Bruxelles», première étape de la «guerre ethnique» à venir, se terminera par : «Certains observateurs croient avoir aperçu des militants nationalistes révolutionnaires, partout où ça chauffait : aux côtés des anglais comme, et surtout, aux côtés du White Side belge. Délires ou action subversive bien menée ? Le saura-ton jamais ? En tout cas, il apparaît quune poignée de jeunes supporters belges ont sauvé lhonneur en participant et, disons-le, en gagnant la bataille de Bruxelles» (5). Un an auparavant, notre revue papier, «RésistanceS», informait que le groupe néonazi lAssaut (fondé par Hervé Van Laethem, le secrétaire national actuel de Nation) avait infiltré des «sides» dhooligans (6).
A Bruxelles et en Wallonie, plusieurs «crânes rasé» ont été recrutés par le mouvement Nation.
Après le foot, lantimondialisation RésistanceS - 1er septembre 2001 Notes : (1) Implantée en Grande-Bretagne et en Suède, Combat 18 est une organisation clandestine néonazie responsable dactions terroristes. Le 1 et le 8 font références à la première lettre de lalphabet, le A, et à la huitième lettre, le H, soit les initiales dAdolf Hitler. Depuis lannée 2000, en Belgique, la «division flamande» de Blood and Honour (réseau skinheads « national-socialiste » international) revendique une parenté avec Combat 18. (2) F.M. : «Les sans-papiers attaqués : des Wallons Boys attaquent les occupants de la basilique à Charleroi», in «La Dernière Heure», du 7 décembre 1998. (3) A propos du mouvement skinhead, du côté francophone, un retour aux véritables racines culturelles du début (notamment celles issues du mouvement rasta) est enclenché à lheure actuelle. Les «skinheads NS» (nationaux-socialistes, également désignés sous les vocables de «skinnazis» et «naziskins») sont de moins en moins nombreux en Communauté française, contrairement à la scène skinhead flamande qui reste dominée par les NS. Les «crânes rasés» francophones encore politisés se revendiqueraient même des «redskins», ceux engagés dans les rangs de la gauche radicale et marqués par des positions antiracistes. (4) Sous limpulsion de lex-magistrate Marguerite Bastien (la fondatrice-présidente du Front Nouveau de Belgique), dans les publications racistes, afin de contourner la loi antiraciste du 30 juillet 1981, le terme « jeune » est utilisé pour désigner insidieusement les jeunes issus de limmigration nord-africaine. (5) Anonyme : «La bataille de Bruxelles», dossier Euro 2000, in «Nation-Info», n° 9, juillet-août 2000, p. 5. (6) R.J et C.I : rubrique «Robes noires et chemises brunes», in «RésistanceS», n° 7, été 1999, p. 7.
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