Le
Pen à Bruxelles !
FN français et belge : la romance continue
Suite au putsch ayant évincé Daniel Féret,
le président-fondateur du FN belge, ce dernier se reconstitue
autour de la personne du sénateur Michel Delacroix. Et invite
Jean-Marie Le Pen, le président du FN français, à
tenir un meeting privé à Bruxelles.

Le chef de l'extrême droite française
en avril dernier lors de son meeting électoral parisien ©
Photo Manuel Abramowicz
Un dîner-rencontre avec Jean-Marie Le Pen, inamovible président
du FN français depuis 1972 ? C’est ce que propose le
« FN-Delacroix », ou encore le « nouveau »
FN né de l’éviction de Daniel Féret –
président du Front national belge depuis sa fondation en 1985
- et de ces quelques indécrottables fidèles. Ce dîner
aura lieu, le 30 janvier prochain, dans les locaux bruxellois du Parlement
européen, pour les quelque cinquante privilégiés
qui auront été les premiers à réserver
leur place…
FN belge : résolument à l’extrême
droite
L’« événement » est organisé
par le bureau politique du Front national belge, le Cercle des Français
résidant à l'étranger (CFRE, l'organisation internationale
du FN français) et le Comité belge de soutien à
Jean-Marie Le Pen (CBSJMLP), fondé en avril dernier par les
dirigeants de l'actuel FN belge.
Alors que certains prétendent
que l’éviction de Daniel Féret est l’occasion
de voir naître un nouveau parti politique, certes de droite,
mais résolument « démocratique » et ayant
rompu avec un lourd passé fascisant, le choix de Jean-Marie
Le Pen confirme la filiation idéologique du FN-Delacroix :
résolument à l’extrême droite.
Un parti pour l'Ordre nouveau
Jean-Marie Le Pen avait
cofondé en 1972 le FN français avec les diverses organisations
néofascistes actives à l'époque, dont le mouvement
Ordre nouveau. Depuis, il est devenu le chef charismatique de l'extrême
droite d'outre-Quiévrain. Jean-Marie Le Pen a à plusieurs
reprises été poursuivi et condamné pour racisme.
Il est l'auteur de plusieurs déclarations provocatrices confirmant
sa vraie nature idéologique. Son FN est toujours constitué
de partisans de l'Ordre nouveau et de nostalgiques d'anciens systèmes
dictatoriaux (ceux du portugais Salazar, de l'espagnol Franco et du
chilien Pinochet, par exemple).
Depuis 1984, date de l'émergence
massive de Jean-Marie Le Pen sur la scène politico-médiatique,
il est aussi devenu le modèle de l'ultradroite belge, y compris
du Vlaams Blok de l'époque. L'année suivante, Daniel
Féret fonda alors un Front national en Belgique.
Le « meeting privé »
au Parlement européen du 30 janvier prochain confirme le soutien
apporté aux putschistes anti-Féret du FN par Jean-Marie
Le Pen. Signifiant bel et bien la mort du « féretisme
», mais aussi et surtout l'émergeance et la consolidation
possible dans le paysage politique francophone d'un véritable
parti d'extrême droite.
Nadia Geerts
© RésistanceS –
Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be
– info@resistances.be – Article mis en ligne le 7 janvier
2008.
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© Photo Manuel Abramowicz
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Avec en communication
: « Soutien 07/01/2008 »
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