| Cinq
heures avec Mario
Sur scène, Mario est mort, couché dans son cercueil. Mais il nen trouve pas pour autant la « paix ». A son chevet, sa femme lui assène ses quatre vérités, lui balance ses frustrations et lachève avec ses lamentations. Rien ne peut tarir ce long monologue et cest leurs vingt années de mariage que Carmen, interprétée par Marie-Line Lefebvre, passe en revue. Certaines de ses revendications font sourire, par exemple lorsquelles sont un clin doeil au féminisme. Mais très rapidement, cest sa mentalité bourgeoise, étriquée, pleine de préjugés, seulement intéressée par le quen dira-t-on et par le confort matériel qui est étalée. Ensuite, ses idées racistes et son intolérance prennent le relais, dabord en douceur, imperceptiblement, puis avec plus de consistance. Son mariage est un échec : son mari na pas su la désirer, ni lui offrir une Fiat, ni même largenterie. Mais surtout, il est passé à côté de tous les avantages et du prestige que lui auraient valu une attitude plus « raisonnable ». Si seulement il avait été plus conciliant avec le régime franquiste, leur vie aurait été tellement meilleure. Eux aussi auraient roulé en Américaine rouge et auraient disposé dun appartement de service. Mais voilà, Mario était un intellectuel avant-gardiste, un « rouge », un révolutionnaire opposé au régime. Leur mariage raté reflète limpossibilité de concilier ces deux philosophies politiques : le franquisme et ses intolérances, la révolution et ses libertés. Cest le choc dune époque, mais cest également tellement actuel : Carmen pourrait être nimporte quelle petite mégère de notre temps. Mis en ligne le 8 avril 2003 |
L'Atelier théâtre Jean Vilar propose jusquau 12 avril au théâtre
du Blocry« Cinq
heures avec Mario »
avec Marie-Line Lefebvre. Réservations : 0800/25 325 |