Bruxelles, 7 novembre 2000

Communiqué de presse du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme

Toute première application par les tribunaux de la loi réprimant le négationnisme. Un proche du Vlaams Blok et de l'extrême-droite francophone condamné à 6 mois de prison avec sursis.

Concerne : procès contre David VERCRUYSSE pour négationnisme

Une première judiciaire
Le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme se réjouit de la condamnation infligée ce mardi 7 novembre par la 55e chambre du Tribunal correctionnel de Bruxelles à David VERCRUYSSE. Le Centre salue cette première judiciaire belge aux attendus cinglants qui a notamment fustigé l'interrogation " Six millions Juifs ont-ils vraiment péri " considérée comme " aucunement anodine " et " tendant manifestement à minimiser le génocide commis par le régime nazi ".

En application de la loi du 23 mars 1995 tendant à réprimer la négation, la minimisation, la justification ou l'approbation du génocide commis par le régime national-socialiste allemand pendant la Seconde guerre, David VERCRUYSSE est condamné à 6 mois de prison avec sursis et à 40.000 BEF d'amende. Il a en outre été condamné à payer la publication intégrale du
jugement dans deux quotidiens nationaux, l'un francophone, l'autre néerlandophone.

Le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme avait découvert, en août 1997, qu'une librairie bruxelloise diffusait une publication néonazie anglaise distribuée en Belgique par David VERCRUYSSE et contenant notamment un article négationniste. Il en avait immédiatement averti le procureur du Roi qui, à l'époque, avait fait procéder à la saisie judiciaire des stocks encore en vente dans la librairie. Le jugement a considéré que le dommage porté aux fins statutaires poursuivies par le Centre constitué partie civile était " considérable". Devant la difficulté d'évaluer concrètement le préjudice causé au Centre, celui-ci s'est vu attribuer un franc symbolique.

Le Centre est convaincu que cette première judiciaire aura valeur de signal fort en direction des négateurs, de leurs soutiens politiques. Et au-delà de ceux qui, même à leur corps défendant, permettent la diffusion des idées négationnistes. En ce compris les libraires, lesquels, a rappelé le jugement, ne peuvent échapper à leur responsabilité pénale et doivent vérifier la licéité des publications qu'ils mettent en vente.

Quels liens avec l'extrême-droite francophone ?
Quels liens avec le Vlaams Blok ?

Si besoin en était encore, la condamnation de David VERCRUYSSE démontre une fois de plus que si les négateurs des crimes nazis sont, pour la plupart, issus de l'extrême droite confidentielle, certains se recrutent également dans les rangs des partis de l'extrême droite actifs dans différentes assemblées parlementaires.

Depuis plusieurs années, David VERCRUYSSE milite dans diverses structures extrémistes. En 1993, responsable de l'organisation néofasciste "Anti-Systems", il fréquentait un mouvement issu du Parti des Forces Nouvelles, un groupuscule francophone néonazi, négationniste et soutenu par Léon DEGRELLE et le Vlaams Blok.

Ses liens avec le Vlaams Blok sont notoires. L'intéressé ne s'en cachant d'ailleurs pas. David VERCRUYSSE a été actif au sein de l'équipe de la revue " Vouloir ", revue animée par Robert STEUCKERS, un des nombreux comparses francophones du Vlaams Blok (1). Durant plusieurs années, David VERCRUYSSE fut également membre du conseil de rédaction d'"Europe nouvelle ", une publication ouvertement nostalgique du IIIème Reich nazi alors animée par un conseiller communal du Vlaams Blok (2). En avril 1995, David VERCRUYSSE fut également l'auteur d'un éditorial du " Bloknoot ", le bulletin d'information de la section du Vlaams Blok du canton de Hal.  D'autres éléments encore soulignent les liens existant en Belgique entre l'extrême droite et la négation des crimes du nazisme.

Le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme reste vigilant et agira en justice à chaque violation de la loi antinégationniste.


Johan LEMAN (Directeur) et Jean CORNIL (Directeur-adjoint).

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1.    Robert STEUCKERS est, par exemple, le cofondateur de "
Bruxelles-Identité-Sécurité ", un mouvement d'extrême droite servant de lieu
de rassemblement des francophones pro-Vlaams Blok. Il participa, le 23 avril
1992, à Bruxelles, à un colloque commun avec Filip DEWINTER (Vlaams Blok) et Willy FRESON (dirigeant de l'époque du parti nationaliste wallon AGIR). Robert STEUCKERS a souvent donné des conférences lors de cycles de formation pour des organisations proches ou membres du Vlaams Blok (Vlaams Blok Jongeren, NSV, etc.). Aujourd'hui, Robert STEUCKERS est proche du Front Nouveau de Belgique (FNB), présidé par la députée régionale Marguerite BASTIEN.
2.    Il s'agit de Ralf VAN DEN HAUTE, élu Vlaams Blok, lors des élections
communales de 1994, à Leeuw-Saint-Pierre.