|
RésistanceS.be 16-03-2001 |
||
Résistances arabes au négationnisme et à l'antisémitisme Au cours dune conférence internationale, une des branches de la "secte" négationniste comptait réunir ses adeptes, à la fin du mois de mars 2001, à Beyrouth. Objectif des organisateurs de cette rencontre : renforcer leurs contacts avec des antisémites islamistes et nationalistes locaux. Plusieurs intellectuels arabes, dont des Palestiniens, se sont directement opposés à cette initiative. Grâce à leur action courageuse, la conférence négationniste fut interdite Du 30 mars au 3 avril 2001, l'"Internationale" négationniste devait se réunir à Beyrouth au cours d'une conférence intitulée "Révisionnisme et Sionisme". Les deux organisateurs de cette grande messe pour adeptes d'histoire antisémite étaient l'Institute for Historical Review (IHR, basé en Californie) et le groupuscule suisse Vérité et Justice (V&J). Ces deux structures de propagande sont liés au mouvement néonazi international. En Belgique, leurs correspondants sont le cercle anversois VHO et l'amicale d'ex-SS flamands Hertog Jan van Brabant (proches du Vlaams Blok). Appel arabe contre lantisémitisme Cet appel est un encouragement à l'unité des résistances. Arabes, Juifs, Chrétiens, Athées, Démocrates et Progressistes : tous ensemble contre les Négateurs-Menteurs et autres adeptes de l'Ordre Nouveau. Manuel ABRAMOWICZ
Voici, l'article du journal "Le Monde" à propos de cet appel arabes antinégationniste (publié le 16 mars 2001) L'appel de quatorze intellectuels
arabes contre une conférence négationniste Un groupe de quatorze intellectuels arabes a donc décidé de dénoncer, dans un appel, cette conférence qui, sous le prétexte plus que probable de solidarité avec la cause palestinienne, développera des thèses négationnistes, niant la réalité du génocide commis par les nazis contre les juifs. "Nous, intellectuels arabes, sommes indignés par cette entreprise antisémite". "Nous alertons à ce sujet les opinions publiques libanaise et arabes et appelons les autorités compétentes du Liban à interdire la tenue à Beyrouth de cette manifestation inadmissible", écrivent les signataires de l'appel, qui font partie de l'élite intellectuelle arabe : les poètes Adonis (Liban) et Mahmoud Darwich (Palestine), l'historien Mohammed Harbi (Algérie), les écrivains Jamel Eddine Bencheikh (Algérie), Mohamad Berada (Maroc), Dominique Eddé, Elias Khoury, Gérard Khoury et Salah Stétié (Liban) Fayez Mallas et Farouk Mardam-Bey (Syrie), Edward Saïd, Khalida Saïd et Elias Sanbar (Palestine). "Cette initiative, qui utilise le Liban comme plate-forme de ses propres objectifs, survient au moment où un groupe d'intellectuels libanais organisent de leur côté un colloque intitulé "Mémoire pour l'avenir" qui propose, pour la première fois depuis la fin de la guerre libanaise, un cadre de réflexion et de débat sur un passé meurtrier ", ajoutent-ils, en précisant que, " parmi les invités à ce dernier colloque l'historien Pierre Vidal-Naquet, le juriste Antoine Garapon, le professeur Jean-François Bergier, président de la commission d'experts pour la seconde guerre mondiale, ainsi que de nombreux autres écrivains, historiens, sociologues libanais et étrangers". Dans un courageux éditorial publié récemment par le quotidien saoudien El Hayat, sous le titre "Les Protocoles des sages de Beyrouth", le Libanais Joseph Samaha n'avait pas hésité à écrire de son côté que la tenue d'un tel forum à Beyrouth "déshonore le Liban". Traitant les participants à cette conférence de "falsificateurs de l'histoire", Joseph Samaha ajoute : la tenue d'une telle conférence dans la capitale libanaise suggérera que "le combat défensif arabe contre Israël et ses alliés est, d'une manière ou d'une autre, la prolongation du projet d'extermination nazie". "Au nom des victimes palestiniennes et arabes, cette conférence prendra la défense du bourreau nazi et de son crime contre les juifs", écrit encore l'éditorialiste, qui refuse que "la cause palestinienne" serve de "faux témoin" à une tentative de réécriture négationniste de l'histoire européenne. Mouna NAÏM Article du journal "Le Monde" 16 mars 2001 (www.lemonde.fr)
|
Plus d'info dans notre rubrique |