| Le Liban n'autorisera pas de conférence négationniste BEYROUTH de notre correspondant La conférence négationniste qui aurait dû se tenir à Beyrouth n'aura pas lieu. En mettant fin à la confusion qui régnait à ce sujet, à vrai dire plus à l'étranger qu'au Liban, le premier ministre Rafic Hariri a clairement annoncé, jeudi 22 mars, qu'une telle réunion, consacrée en principe à contester l'ampleur de l'Holocauste durant la seconde guerre mondiale, ne serait en aucun cas autorisée, précisant dans la foulée que "personne n'en a d'ailleurs fait la demande". M. Hariri l'a déclaré à la chaîne de télévision américaine CNN et en a avisé le Conseil des ministres qui a très officiellement entériné la décision. La rumeur circulait depuis près de deux semaines et la conférence "négationniste", annoncée sur le site Internet de l'organisation américaine néonazie Institute for historical review, était censée se tenir du 31 mars au 3 avril, à Beyrouth en un lieu non précisé. Cette annonce avait suscité une pétition d'intellectuels arabes opposés à une telle initiative, ainsi que les commentaires négatifs de journaux libanais (Le Monde du 16 mars). Sur place, cependant, les principales parties susceptibles d'héberger de telles assises, en particulier le Hezbollah et le Parti national socialiste syrien, affirmaient catégoriquement ne pas être concernées. Les autorités libanaises, tout autant que les plus anti-israéliens des groupements politiques étaient bien conscients qu'une telle conférence serait inutilement néfaste pour eux et pour le pays. Selon le journal An-Nahar, certains pays arabes auraient même alerté le gouvernement libanais. Le ministère de l'intérieur, dont l'autorisation aurait dû être requise, n'était saisi officiellement d'aucune demande. La mise au point du premier ministre libanais et la décision du conseil des ministres ont donc mis un terme à un projet de conférence qui n'aura été que virtuelle. Lucien GEORGE Article du journal « Le Monde » 23 mars 2001 (www.lemonde.fr) |