Pour l’Histoire

Retour sur le génocide juif

 

Après la Guerre 39-45, la découverte des camps de la mort, les récits des victimes et les aveux des bourreaux, une question resta sans réponse : « Quand, où et par qui la décision d'exterminer les communautés juives fut-elle prise ? ». Flash back.

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C'est lors de la fameuse conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942, que la décision d’exterminer le peuple juif fut prise par le gratin répressif du régime dictatorial allemand. Un document antérieur, daté du 4 décembre 1940, mentionnait déjà le terme de « Endlösung der Judenfrage» (en français : « Solution finale de la Question juive »).

Les documents écrits se rapportant à la mise en pratique du génocide sont rares. Adolf Hitler et ses collaborateurs ne souhaitaient pas laisser de preuve écrite de leur folie meurtrière. Pourtant, plus de seize ans auparavant, Mein Kampf, la « bible » du national-socialisme écrite par Adolf Hitler, portait déjà dans ses pages les germes du génocide à venir.

Un génocide industriel, monstrueux, gigantesque, inoubliable. Plusieurs millions d'Européens – Juifs ou non - furent assassinés dans les camps de concentration et d'extermination. Les chemins de fer européens, une administration publique, des hommes d'affaires, des industries chimiques, des entreprises de construction... furent réquisitionnés, se portèrent volontaires ou se montrèrent intéressés financièrement pour œuvrer au bon déroulement de cette épuration ethnique et politique. Les complices se cachent, oublient ou refoulent. Les témoins (ceux des rafles ou les villageois voisins des camps de la mort, par exemple) sont nombreux et honteux. Les vainqueurs évitent systématiquement la question « Pourquoi n'avez-vous pas bombardé les chambres à gaz d'Auschwitz ? ». Les rescapés, pour leur part, se font de plus en plus rares.

Les séquelles causées par une idéologie politique raciste comme le national-socialisme restent présentes dans la mémoire collective européenne et mondiale. Malgré cela, certains zélateurs de la dictature nazie continuent à rêver – avec le négationnisme - d'une « Europe blanche », sans Juifs, sans étrangers, sans démocrates. Ils sont l'injure de notre société. Lorsqu'on lit leurs opuscules, nos mains sont sales et nous avons la nausée...

 

Manuel Abramowicz

Cet article fut publié en mai 1995 dans le mensuel Avancées. Il a été revu et actualisé en mars 2002 © Manuel Abramowicz