Négationnisme ?Des
définitions pour comprendre
Les mots sont importants. Leur bonne utilisation peut nous permettre de ne pas
tomber dans le piège de ceux qui nient le génocide juif.
Négationnisme
Ce terme se réfère directement à la négation des crimes contre lHumanité commis
par les nazis en général, et à la négation de l'existence des chambres à gaz
homicides en particulier. Ces chambres à gaz avaient été mises en place par le régime
nazi, durant la Deuxième guerre mondiale, dans le cadre de la Solution finale visant à
l'anéantissement total des communautés juives. Lobjectif principal du
négationnisme est de réhabiliter la dictature hitlérienne (1933-1945) et de donner à
son idéologie de base le national-socialisme - un nouvel avenir. Le négationnisme
peut également être considéré comme une nouvelle forme dantisémitisme. Ses
leaders et ses adeptes sont désignés par les termes négationnistes ou
négateurs.
Autres termes pour les identifier : falsificateurs de l'histoire, assassins
de la mémoire (nom proposé en 1987, par Pierre Vidal-Naquet dans son livre Les
Assassins de la mémoire, éditions La Découverte), prédateurs de la mémoire
(terme proposé par Manuel Abramowicz, en 1993, dans Extrême droite et antisémitisme
en Belgique - de 1945 à nos jours, éditions EVO), chiffonniers de lhistoire
(in louvrage collectif portant ce titre, édité en 1997 par les éditions Syllepse
et Golias) ou encore faussaires de lHistoire (in, en 1999, le livre s.d. de
Christian Terras, aux éditions Golias).
Relativisme
Cette doctrine historique est née en Allemagne fédérale autour d'historiens
conservateurs, comme Ernest Nolte, par exemple. Le relativisme veut atténuer la
culpabilité des Allemands concernant la période nazie (considérée comme une « période
normale » de l'histoire de l'Allemagne). II rejette la « faute
collective », la responsabilité de l'Allemagne dans son entièreté et la
transmission de cette « faute » sur les générations nées pendant et
après l« ère nazie ». Le relativisme ne reconnaît pas la singularité
juive dans l'Histoire des génocides (amérindien, arménien, cambodgien, etc.).
Toutefois, le génocide juif n'est pas nié. Il est minimisé. Pour les relativistes, il
faut mettre sur un même pied d'égalité les crimes des nationaux-socialistes et ceux du
stalinisme. Pour eux, le nazisme fut une réaction dautodéfense au bolchevisme.
L'émergence du relativisme en RFA conduira à l'ouverture d'un débat important
dénommé Historikerstreit (la « Querelle des historiens »).
Résultats: banalisation de la période nazie, utilisation des travaux des relativistes
par les négationnistes afin de compléter leurs thèses falsificatrices, polémique au
sein de l'intelligentsia allemande et renforcement des thèmes nationalistes (droit
du sang, identité monoculturelle, ethno-différentialisme, racisme,...).
Révisionnisme
Tentative de réviser une partie des épisodes d'un événement ou les fondements d'un
dogme. Ainsi, il existe un révisionnisme du communisme et un révisionnisme du sionisme,
pour nen citer que deux. Le terme révisionnisme est l'appellation derrière
laquelle les négationnistes se présentent. Ils y mettent donc un sens positif, en vertu
de la définition officielle du révisionnisme.
Jean-Claude Pressac affirme concernant le révisionnisme : « (...) cette appellation,
tolérable ou début de leur action, ne peut plus leur être attribuée maintenant, car la
radicalisation de leurs positions les a entraînés vers une négation pure et simple. Ils
sont devenus des négateurs (...)» (1).
Manuel Abramowicz
Note :
(1 ) Jean-Claude Pressac, Pour en finir avec les négateurs, in la revue L'Histoire,
Paris, n° 156, juin 1992, p. 46.