| Chronologie Le
négationnisme Quelques dates importantes concernant les réseaux, les organisations et les hommes convertis à la négation du génocide juif. De 1952 à 2001. 1952 - Traduction en néerlandais du premier livre négationniste, Nuremberg ou la terre promise, par Karel Dillen, cofondateur et premier président du Vlaams Blok (de 1978 à 1996). 1964 - Article élogieux et révisionniste dans le journal conservateur belge Europe Magazine au sujet dun livre du négateur Paul Rassinier.
1976 - Présence d'une maison d'édition à Braine-le-Comte qui diffuse des ouvrages négationnistes. Elle est liée au mouvement national-chrétien intégriste et est soutenue par divers groupuscules néonazis. 1977 - En Flandre, Haro est fondée par de futurs dirigeants du Vlaams Blok (Xavier Buisseret, Siegfried Verbeke et Roeland Raes). Cette revue nationaliste radicale diffuse les principaux livres négationnistes. 1979 - Léon Degrelle, ancien chef de la Collaboration wallonne, écrit une brochure intitulée La lettre au Pape à propos d'Auschwitz. Objectif de lex-général SS : dénoncer « l'escroquerie » du génocide juif. Jean-Robert Debbaudt, léditeur de ce texte, adhérera ensuite au Vlaams Blok. 1984 Création à Anvers dun réseau de diffusion spécialisé en négationnisme, le groupe VHO. Notamment par Siegfried Verbeke. 1989 Des néonazis et négationnistes bruxellois (du Parti des forces nouvelles) tiennent, à la Foire du livre de Bruxelles, un stand où sont vendues des revues de la Nouvelle Droite, des livres à la gloire de la dictature nazie et dautres dont le but est de nier les crimes de celle-ci. Parmi les « tenanciers » et « protecteurs » de ce stand, il y a de futurs responsables du Front national, du mouvement Nation et du Vlaams Blok. La direction de ce dernier, conduite par Karel Dillen et Philip Dewinter, viendra dailleurs apporter son soutien au stand néonazi. 1989-1991 - Patrick Sessler, Daniel Gilson, Patrick Cocriamont, Georges Matagne, Xavier Sondron rejoignent le Front national. Ce sont les derniers dirigeants du PFN, un parti groupusculaire propageant - depuis les années quatre-vingt - les écrits de Faurisson et Cie. 1991- Procès, à Bruxelles, du négateur français Olivier Mathieu. Condamné à 18 mois de prison pour propos antisémites, il prendra la fuite à l'étranger. Auparavant, il avait reçu le soutien inconditionnel dune « communauté religieuse » nationale-catholique, du PFN et du groupe néonazi lAssaut dHervé Van Laethem. 1995 - Vote de la loi antinégationniste au Parlement fédéral (loi du 23 mars 1995). 2000 (octobre) - Un jeune militant nationaliste qui militait au Vlaams Blok est condamné à six mois de prison avec sursis et à quarante mille francs damende pour négationnisme, par le tribunal correctionnel de Bruxelles. Cest le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, un organisme fédéral dépendant directement du premier ministre belge, qui est à la base de cette condamnation historique. 2000 (décembre) Des disciples belges et français de Léon Degrelle publient, sous le manteau, « Tintin mon copain », le livre que celui-ci avait écrit juste avant son décès, survenu en mars 1994. Dans son dernier livre, lancien mentor du mouvement collaborationniste wallon exprime, une fois de plus, son soutien inconditionnel au négationnisme. 2001 Roeland Raes, vice-président du Vlaams Blok depuis 1978, affirme au cours dun entretien sur une télévision hollandaise, en février, que selon lui le génocide des Juifs devait être relativisé. Raes remet également en doute lauthenticité du Journal dAnne Frank. Ces propos pro-négationnistes sont tenus au même moment du lancement dune nouvelle campagne de propagande lancée par le cercle négationniste VHO.
Manuel Abramowicz Cet article fut publié en mai 1995 dans le mensuel Avancées. Il a été revu et actualisé en mars 2002 © Manuel Abramowicz |