Les connexions

Négationnisme
et partis
d’extrême droite

Au sein des formations politiques non démocratiques, les négationnistes ou leurs dévots sont nombreux. Quelques exemples.

Vlaams Blok
André Van Hecke - Candidat de ce parti nationaliste (en 1981 et en 1985), c’est un ancien de la SS flamande. II est l'un des responsables d'une amicale d'ex-volontaires du Front de l'Est. Le bulletin de liaison de cette association d'anciens combattants publia, il y a quelques années, un article de Robert Faurisson, des renseignements sur VHO et Les Protocoles des Sages de Sion (le « best-seller » de la propagande antisémite).

Jeanine Colson - Epouse d'André Van Hecke, candidate VB en 1991, elle « représente » en Belgique la nébuleuse négationniste européenne. Elle est liée à VHO, le groupe de propagande négationniste anversois.

Karel Dillen - Fondateur principal, en 1978, du Vlaams Blok, il est l'auteur de la traduction en néerlandais de Nuremberg ou la terre promise. Jusqu’à sa mort, en 1998, Maurice Bardèche, auteur de ce livre négationniste, resta l’ami personnel de Karel Dillen. Le Vlaams Blok rendra un hommage officiel à ce négationniste français qui se revendiquait aussi comme un « écrivain fasciste ».

Xavier Buisseret – Cofondateur en 1977 de la revue nationaliste et négationniste Haro, il deviendra le responsable de la propagande du VB. Durant plusieurs années, il fut député fédéral. Aujourd’hui, il dirige toujours les Jongeren Aktief, un mouvement de jeunesse du Blok.

Roeland Raes - Cofondateur de Haro (avec Xavier Buisseret et l’actuel meneur de VHO), de 1978 à février 2001, il fut le vice-président de ce parti. Idéologue de l’extrême droite pure et dure, Raes reste proche des thèses négationnistes en publiant (par exemple en 1989), dans une revue politique proche du VB, un article flatteur sur Robert Faurisson. En 2001, sur une chaîne de télévision hollandaise, il prit publiquement la défense des négateurs.

defourny02.jpg (68286 bytes) A gauche, le vice-président du Vlaams Blok Roeland Raes (de 1979 à 2001), connu pour ses sympathies négationnistes, avec Hubert Defourny, l’actuel dirigeant de l’une des deux fractions du Bloc Wallon (photo extraite de L’Internationale de la haine, de Rinke Van Den Brink, éditions Luc Pire).

Front national
Les patrons de la première maison d'édition belge diffusant des ouvrages négationnistes, dans les années septante, furent liés à une organisation intégriste catholique en liaison avec le FN belge.

La plus grande partie des cadres de l'ex-Parti des forces nouvelles (PFN) ont rejoint, par vagues successives entre 1989 et 1991, les rangs frontistes. Quelques mois auparavant, le PFN propageait encore via son organe de presse « Forces nouvelles » les écrits de Faurisson et d’autres négateurs. Jamais les dirigeants du PFN ne remirent en question cette « ligne politique ». Patrick Sessler (ex-PFN), qui deviendra l’attaché parlementaire de Daniel Féret, député européen et président du Front national, avait pour sa part tenu en 1989 (avec d'autres futurs membres ou élus du FN) un stand à la Foire du livre de Bruxelles où l’on pouvait trouver des ouvrages nationaux-socialistes, néonazis, racistes, antisémites et bien entendu négationnistes. Depuis lors, Patrick Sessler a rejoint le Vlaams Blok.

Front nouveau de Belgique
Lors de sa création, en 1996, plusieurs disciples des négateurs furent présents. C’est le cas d’Hervé Van Laethem (voir plus bas). A l’heure actuelle, dans les rangs du FNB, on trouve toujours la trace, par exemple, d’un néonazi agissant sous le nom de « Docteur Soas ». Ce dernier est l’auteur d’un livre – qui se diffusait en 1996 – revendiquant l’instauration d’une dictature nazie. Tout en niant les crimes contre l’Humanité commis par ce régime mortifère.

Mouvement Nation
Le principal dirigeant de ce groupuscule francophone, Hervé Van Laethem, dirigeait de 1988 à 1993 le groupe l’Assaut. Ouvertement néonazi, ce dernier participa activement à la diffusion des écrits niant l’existence des chambres à gaz.

Bloc Wallon
Parmi les « amis » de ce groupuscule nationaliste, nous trouvons Jean-Robert Debbaudt, l’éditeur, en 1979, d’un texte négationniste écrit par Léon Degrelle, figure de proue de la collaboration wallonne.

Au vu d’une telle liste, il est manifeste que dans la « galaxie » de ces partis politiques, et malgré l'affirmation de leurs dirigeants, se trouvent des adeptes de l'«idéologie» négationniste. Comme par hasard...

Manuel Abramowicz

Cet article fut publié en mai 1995 dans le mensuel Avancées. Il a été revu et actualisé en mars 2002 © Manuel Abramowicz