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Retour dans l’Histoire
Le passé raciste du PRL, dans le texte…

A l’heure de l’offensive généralisée contre l’extrême droite (notamment dans le cadre de l’Affaire Sauwens), il serait temps que les partis démocratiques nous présentent leur " inventaire historique ". Parce que bien avant les premiers succès électoraux des Vlaams Blok et autres Front national, le racisme fut exploité politiquement d’abord par des hommes politiques francophones issus du parti libéral, socialiste et social-chrétien. En quelques sortes, le terrain de la xénophobie (institutionnelle) fut balisé par ceux qui hurlent maintenant au loup !

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Il y a quelques années, le ton électoral adopté par le Parti libéral francophone (PRL) était musclé, voire proche de celui de l’extrême droite. Dans un tract, édité en 1991, une section locale du PRL affirmait - dans un style très poujadiste - qu’" il était temps de chasser ce gouvernement et de redresser la Belgique ! ". Le gouvernement en question était conduit par le CVP et le PS. Sous le règne de Louis Michel (notre actuel Ministre des Affaires étrangères), le parti libéral archiva ses discours xénophobes d’antan. Cependant, les anciens adeptes de la xénophobie à la " sauce bleue " sont toujours présents dans ses rangs. Ils constituent pour beaucoup l’opposition (discrète pour l’heure !) à la " ligne micheliste " (" gaucho-libérale ").

Après le 8 octobre 2000, le noyau ultradroitiste du PRL marquait un point avec la nomination au gouvernement bruxellois de William Draps, l’auteur d’un tract libéral raciste en 1991. A l’époque, Draps ne fut pas le seul à jouer les imitateurs de l’extrême droite. Ci-dessous, voici quelques citations de dirigeants locaux et de grosses pointures libérales.

A Bruxelles, plus de la moitié des chômeurs sont des immigrés qui vivent au crochet des CONTRIBUABLES BELGES ! D’autres immigrés prennent la place des BELGES sur le marché de l’emploi. "
Pierre Loy, ancien échevin, Anderlecht, 1988.

Bruxelles doit rester aux Bruxellois !".
Armand De Decker, 1989.

Comme vous, je refuse que d’autres nous dictent leur loi. "
Willy Raes, conseiller communal, 1989, dans son tract où il figure sur une photo avec le raciste libéral Roger Nols, " lors d’un meeting sur l’immigration abusive " (sic).

Bruxelles doit résorber son trop plein d’immigrés (…). La présence massive d’immigrés peu disposés à s’intégrer crée des problèmes croissants de co-existence, et de survie économique et financière (…). Il faut (…) expulser les délinquants (…) ; favoriser le départ des chômeurs de longue durée (…) ; réserver le droit de vote aux seuls Belges. "
Claude Michel, chef du groupe PRL à Bruxelles-ville, 1989.

" On ne peut nier, tout particulièrement en Région bruxelloise, que la densité d’étrangers extra-européens, très éloignés de nos traditions culturelles et philosophico-religieuses, posent d’autant plus de problèmes que beaucoup d’entre eux ne sont pas soucieux de s’intégrer dans nos populations (…). Le " seuil de tolérance " (…) a été atteint à maints endroits. "
Hervé Hasquin, dans une " tribune libre " du " Soir ", 12 janvier 1990.

Sécurité d'abord - Stop à l'invasion. "
Affiche de Roger Nols, 1991.

Il faut aussi mettre un terme à l’immigration et prendre les mesures adéquates pour une intégration véritable qui respecte d’abord notre spécificité. "
Tract commun du PRL-Ixelles, 1991.

" En accord avec la philosophie libérale, les candidats PRL schaerbeekois se battent plus particulièrement pour : (…) une solution ferme et réaliste du problème de l’IMMIGRATION hors CEE par : l’arrêt total de l’immigration sous toutes ses formes ; l’expulsion des immigrés clandestins et/ou délinquants. "
Tract commun du PRL-Schaerbeek, 1991.

" Notre nationalité belge : abandonnée à l’immigration ! (…). Seuls les libéraux s’y sont fermement opposés. On ne brade pas notre nationalité ! "
Jacques Vandenhaute, sénateur, et William Draps, député, 1991.

" Le gouvernement PS-CVP a laissé venir les immigrés et les réfugiés. Il les a même attirés avec des avantages sociaux qui constituent une véritables pompes aspirantes à réfugiés économiques. Et demain, s’ils en ont l’occasion, ils leur donneront le droit de vote et d’éligibilité… Le PRL, lui, veut stopper et réduire l’immigration (…). L’immigration a changé de nature. Elle est devenue migration, elle est devenue massive (…). Le PRL, lui, en est conscient. Nous avons le courage de nos opinions et nos actes le prouveront. "
Armand De Decker, in " Reconstruisons la Belgique ", tract, 1991.

(RésistanceS – 23 mai 2001)

 

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