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| Linsécurité
sociale Le droit du citoyen à la sécurité est mis en avant, quand, dans le même temps, on occulte sans vergogne, le droit au travail et le droit du travail . On parle de citoyen pour mieux étouffer le travailleur de même que lon oppose à la colère du citoyen ou du salarié la satisfaction du consommateur. Par Hugues ESTEVENY Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, une nouvelle
convention a prévalu dans la majeure partie des pays occidentaux. Cette convention
prônait : une intervention de lEtat pour promouvoir le plein emploi ;
linteraction entre gains de productivité et hausse du pouvoir
dachat ; le développement du salariat à temps complet dans les
entreprises où la rationalisation de la production devient la règle ; la
création de la Sécurité sociale puis dun système dassurance chômage
obligatoire . LEtat avait donc, au cours des Trente Glorieuses (1945-1975), à
la fois un rôle dacteur économique et social (voir Jean-Michel Bezat, in Le Monde
des 22 et 23 décembre 1996). La montée de lindividualisme Avec le développement de lEtat providence, les liens
qui unissaient les individus dun même quartier ou village sont devenus plus
lâches, voire inexistants. Les liens qui unissaient chaque personne à son voisinage
napparaissaient plus aussi nécessaires quauparavant. Dès lors, ils ont été
perçus comme des contraintes dont il fallait saffranchir. Critique néolibérale Maintenant que le spectre de la lutte des classes
sest éloigné, le discours des néolibéraux sur lobsolescence de
lEtat providence trouve une oreille attentive auprès de tous nos dirigeants. Nos
gouvernants successifs et, plus généralement, les partis politiques, ont, conformément
à la doctrine libérale, amputé lEtat de ses capacités daction dans
léconomie et le social. Nous constatons bien amèrement que le capitalisme ne
sest pas adouci avec le temps. Maintenant quil na plus
dadversaires, il montre à nouveau son vrai visage. Violence des rapports sociaux Attribuer la montée du sentiment dinsécurité au sein de la population au seul fait dune augmentation de la délinquance, est proprement scandaleux. Quand on nous parle de violence, on nous parle toujours de celle dont se montre coupable le petit délinquant. On fait rarement état de la violence économique et sociale engendrée par les politiques dinspiration néolibérale, menées par nos dirigeants depuis une vingtaine dannées. Si le sentiment dinsécurité est lié à la montée de la petite délinquance, il est aussi dû à la coupure sociale qui sest opérée (au cours des Trente Glorieuses) entre habitants dun même lieu de vie dune part et dautre part, à la précarisation progressive, depuis vingt ans, du monde du travail. Le quartier, en tant quespace public, nest plus
investi par ses habitants. On Restaurer la confiance Saisies par la crainte, les autorités politiques nationales mettent rapidement en oeuvre des mesures (accompagnées de moyens conséquents) pour restaurer dans lesprit du citoyen toute sa confiance dans les instances politiques traditionnelles et démocratiques du pays (voir Christine Schaut in LEtat face à linsécurité sous la direction de Yves Cartuyvel et Philippe Mary, éditions Labor 1999). Cest dans ce contexte quont été pensés et mis sur pied les contrats de sécurité . Dorénavant, lEtat, les régions et les communes concernées sont liés contractuellement. Au niveau de lEtat, il faut entendre les ministères de lIntérieur et de la Justice. Lapplication pratique de ces contrats de sécurité incombe aux autorités communales. Le ministère de lIntérieur a défini dans les grandes lignes les objectifs de laction, les volets dans lesquels largent est investi, les fonctions à pourvoir. Reconnue comme opérateur légitime, la commune choisit les actions dans lesquelles elle va investir, les quartiers prioritaires, les publics cible et engage les travailleurs de terrain. (voir Ch Schaut op. cit.). Globalement, les contrats de sécurité sarticulent
autour de deux axes : lun policier, lautre préventif (la frontière entre les
deux nest toujours pas étanche). Le premier axe vise à renforcer la structure
policière communale, notamment en terme de personnel. Cela afin dassurer à la
population une police qui soit de proximité. Le second axe entend faire de la
prévention, sur la base des compétences de travailleurs sociaux (travailleurs de rue,
entre autres) et de médiateurs sociaux. Ainsi, la commune, en temps quespace
géographique, devient le lieu par excellence où doivent se traiter les problèmes de
délinquance, de pauvreté et dexclusion sociale. En territorialisant les
problématiques sociales, on perd de vue quelles nont Hugues Esteveny, Bruxelles, 25 mai 2000 |