Roeland
Raes,
un idéologue de la " Race "Portrait, année par année, du vice-président et théoricien principal du
Vlaams Blok. Ce portait démontre, une fois de plus, que le VB nest pas un parti
comme les autres. |
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1934 : naissance
Naissance, le 4 septembre, de Roeland Raes.
1955 : Volksunie
Il adhère à la Volksunie (VU, Union du Peuple) et préside rapidement la branche
étudiante de ce jeune parti nationaliste alors constitué d'une aile regroupant de
nombreux militants d'extrême droite et des anciens collaborateurs pro-nazis.
1967 : Aktiecentrum Delta
Roeland Raes est membre de l'Aktiecentrum Delta. Fondé cette même année, ce centre
daction Delta a pour but de rassembler les adversaires " au virage à
gauche " de la VU. Ce groupe de pression - précurseur de la
" Nouvelle Droite " intellectuelle en Flandre est proche du
Vlaams militanten orde (VMO) et du Verbond Recht en Orde, une organisation paramilitaire
autoritaire vouée au culte de Joris Van Severen, leader des fascistes flamands dans les
années trente et père-fondateur du " National-solidarisme ". En
février 1967, " De Anderen ", la revue de l'Aktiecentrum Delta, lance
un appel à la solidarité entre les " peuples blancs ".
1968 : discours raciste
Roeland Raes est élu sur les listes VU au Conseil provincial de la Flandre orientale. La
même année, il lance un avertissement contre les " gens de couleur qui nous
envahissent " (2).
1971 : Nederlandse Volksunie
Partisan acharné des " Grands-Pays-Bas ", il devient le
vice-président de la Nederlandse Volksunie (NVU), un groupuscule hollandais ouvertement
néonazi. La NVU est aujourd'hui liée au mouvement Nation (ex-groupe néonazis l'Assaut).
1972 : GRECE
Il soccupe de la diffusion en Flandre des publications du Groupement de recherche et
d'études pour la Civilisation européenne (GRECE), un cercle de formation idéologique
français visant, au début, à réviser lhistoire du régime nazi et de la droite
nationaliste dans son ensemble. Via le GRECE, Roeland Raes se liera d'amitié avec Pierre
Vial, le leader de la tendance racialiste de la " Nouvelle Droite "
intellectuelle française et le futur fondateur de Terre & Peuple, un mouvement
néopaïen très proche de l'idéologie nazie et soutenu aujourdhui, en Belgique,
par le Vlaams Blok.
1973 : Were Di et " Nouvel Europe magazine "
Roeland Raes rédige le manifeste de Were Di, un cercle de réflexion préconisant la
création d'une République pannéerlandaise autour d'une " Communauté
homogène ". Were Di développe un nationalisme ethnique
(" volkisch "), comme jadis le régime dictatorial allemand. En 1978,
un de ses responsables, Dick Van Bogghout, s'affirmera d'ailleurs comme étant un militant
" national-socialiste " (3). Les travaux idéologiques favorables à
l'apartheid de ce cercle, notamment mené par Roeland Raes, serviront ensuite de
référence au manifeste de création du Vlaams Blok.
Roeland Raes est aussi en relation avec les NEM-Clubs, les cercles de propagande
anticommuniste du " Nouvel Europe magazine ". A cette époque, ce
journal d'ultradroite francophone a des liens avec le GRECE et est dirigé par un ancien
collaborateur de la branche wallonne de l'Institut culturel de la SS. Les NEM-Clubs
favoriseront la création du Front de la jeunesse.
1975 : " Notre race "
Pour le compte de Were Di, il fonde et préside Grensland, une organisation de jeunesse
destinée à recruter de nouveaux adhérants, entre autres, en organisant des camps de
vacances dans les " régions de combat ", comme les Fourons ou la
périphérie bruxelloise.
Dans une brochure éditée par " La Bretagne Réelle " (animée par
des néonazis et antisémites bretons), Raes écrit : " L'Europe des
Ethnies en faveur de laquelle nous nous sommes prononcés depuis longtemps, est la seule
possibilité de survie de notre race " (in " Les Cahiers de la
Bretagne Réelle ", n° 370, été 1975).
1976 : Voorpost
Il met sur pied Voorpost, un groupe d'action nationaliste radical issu de Were Di.
Objectif de celui-ci : former idéologiquement et physiquement les cadres du mouvement
nationaliste dans son ensemble. Voorpost diffusera les principaux pamphlets
négationnistes, fascistes et néonazis. Roeland Raes continuera sa collaboration aux
travaux de Were Di.
1977 : Vlaamse volks partij
Avec dautres dissidents de la Volksunie, il participe à la création du
Vlaamse volks partij (VVP), une formation d'extrême droite populiste. Quelques mois plus
tard, le VVP s'allie avec le Vlaamse nationaal partij (VNP) de Karel Dillen, dans le cadre
dun cartel électoral qui prend le nom de " Vlaams Blok ".
1978 : Vlaams Blok
Roeland Raes fait partie du noyau dirigeant du Vlaams Blok et devient son
vice-président, ainsi que son idéologue principal. Depuis lors, il est membre de la
tendance la plus extrémiste du VB.
1979 : " Haro ", journal négationnisme
Dans les colonnes d'" Haro ", un journal flamand néonazi et
antisémite, Roeland Raes prend pour modèle René Binet, l'un des chefs historiques du
néonazisme français et auteur du livre " Contribution à une éthique
raciste ".
1980 : contact avec les néonazis de la FANE
Avec Luc Michel (lactuel dirigeant du PCN, un parti
" national-bolchévique " !), il se trouve parmi les
correspondants belges de " Notre Europe ", lorgane de la
Fédération d'action nationale-européenne (FANE), une organisation violente antisémite
française et ouvertement national-socialiste.
1989 : Robert Faurisson
Dans " Dietsland-Europa ", la publication du cercle idéologique Were
Di, il soutient Robert Faurisson, le chef de file des négateurs du génocide des Juifs
commis par le régime hitlérien.
1991 : sénateur
Il est élu sénateur lors des élections législatives du 24 novembre.
1997 : néonazis et négationnistes francophones
Lors dune conférence organisée par des néonazis bruxellois, Roeland Raes déclare
que le vote du Vlaams Blok, pour des raisons " politiciennes ", en faveur
de la loi antinégationniste (du 23/03/95), " fut la plus grand erreur
politique " de son parti. Il avoua ainsi qu'il était bel et bien resté un
acharné sympathisant de ceux qui nient pour des raisons idéologiques et stratégiques
l'existence des chambres à gaz homicides nazies.
1999 : toujours présent au Parlement
Il est à nouveau réélu au Parlement fédéral.
| Les
liens du Vlaams Blok, via Raes, avec lInternationale SS Tout au
long de sa carrière militante, Roeland Raes est aussi resté en contact permanent avec
les anciens SS flamands qui s'étaient exilés, à la Libération, en Amérique latine.
Par exemple, il s'occupa durant de très nombreuses années de la coordination en Belgique
de " De Schakel ", un bulletin de liaison édité en Argentine par des
ex-collabos.
Sur sa route, tout naturellement, il finira par
croiser Marc Augier, dit " Saint-Loup ", l'un des dirigeants de la
Division SS " Charlemagne ", mise sur pied en France pour soutenir
militairement le IIIe. Reich. Modèle parfait du " soldat politique
NS " (national-socialiste), Marc Augier fut l'une des plus grandes références
idéologiques de l'extrême droite de l'après-Guerre. Il influença la plupart de ses
organisations, y compris flamandes. Pierre Vial (le " gourou gaulois "
de Terre & Peuple), un des amis français de longue date de Roeland Raes, dira de Marc
Augier, en 1991 : " Il a fait de moi un païen, c'est-à-dire quelqu'un qui sait
que le seul véritable enjeu, depuis deux mille ans, est de savoir si l'on appartient,
mentalement, aux peuples de la forêt ou à cette tribu de gardien de chèvres qui, dans
son désert, s'est autopraclamée élue d'un dieu bizarre ". La tribu en
question désigne bien entendu les Juifs.
En 1996, une interview de Pierre Vial sera
publiée dans le " Vlaams Blok-magazine ". Par ailleurs, Roeland Raes
lui-même consacrera un article favorable à Terre & Peuple, le mouvement de ce
nouveau " prophète " antisémite, en mai 1998, dans le mensuel du
Blok. Alors, le VB, un parti comme les autres ? |
A.V.- RésistanceS
1er novembre 2000
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" L'Europe
des Ethnies en faveur de laquelle nous nous sommes prononcés depuis longtemps, est la
seule possiblité de survie de notre race ". Roeland Raes, in
" Les Cahiers de la Bretagne Réelle ", n° 370, été 1975 (1). " Si
lEurope veut survivre, si elle veut conserver et développer la diversité de ses
langues, de ses cultures, de ses convictions religieuses, elle doit sunir et se
réaffirmer. Cette union ne peut se réaliser que sur base de communautés
ethniques ". Roeland Raes, in " Ket ", n° 8,
deuxième trimestre, 1998, p. 2.
DOCUMENTS
1. Roeland Raes depuis les années 60 est en contact avec l'Internationale
néonazie. Il a notamment été membre de la rédaction de "Notre Europe", un mensuel "NS" (national-socialiste),
négationniste et bien entendu antisémite.
2. Depuis le début des années 70, Roeland Raes est l'un des principauxc
correspondants en Flandre de GRECE, un groupement
anti-droits de l'homme.
3. "Forces Nouvelles", mensuel
raciste et néonazi du parti francophone du même nom, était en contact dans les années
80 avec la tendance politique menée par Roeland Raes au sein du Blok.
4. Dès les années 80, Roeland Raes a pris la défense des négateurs des chambres à gaz homicide
nazies. Le Vlaams Blok vote la loi
anti-négationniste: "la plus grand erreur politique" de son
parti, selon Raes.
5. Roeland Raes, représentant d'une extrême droite païenne, inspirée par Pierre Vial et Marc Augier.
Sur ce site, voir aussi
Roeland Raes retourne à luniversité.
Le Blok est négationniste
Sources et informations sur Roeland Raes :
" Les nouveaux élus de l'extrême droite ", in
" CelsiuS ", numéro spécial, décembre 1991, p. 3.
" Roeland Raes : l'idéologue noir (portraits blokkers) ",
Wim Haelsterman, in " RésistanceS ", n° 2, janvier-février 1998, p.
19.
" Sur les traces de Saint-Loup ", Manuel Abramowicz, in
" RésistanceS ", n° 5, hiver 1998, p. 10.
" Le Vlaams Blok ", de Hugo Gijsels, éditions Luc Pire,
Bruxelles, 1993, pp. 227-229.
" Extrême droite et antisémitisme en Belgique - De 1945 à nos
jours ", de Manuel Abramowicz, éditions Vie Ouvrière, Bruxelles, 1993, p. 9.
" Les Droites nationales et radicales ", de Jean-Yves Camus
et René Monzat, éditions Presses universitaires de Lyon, 1992, pp. 27, 46 et 295.
Notes :
(1) " Les Cahiers de la Bretagne Réelle " étaient édités
par un mouvement indépendantiste breton de tendance
" national-socialiste " et ouvertement antisémite. " La
Bretagne Réelle ", titre de son journal de liaison, fait directement
référence au " Pays Réel ", le titre du journal du parti d'extrême
droite belge Rex de Léon Degrelle.
(2) Selon Hugo Gijsels dans " Le Vlaams Blok ", éditions
Luc Pire, Bruxelles, 1993, pp. 227-229.
(3) Selon Serge Dumont, in " Les Croisés de l'Occident ",
" Le Fascisme ", " Les " Cahiers du Libre
Examen ", 26e. série, n° 1-2, novembre 1978, p. 35. |