
| Info
exclusive de RésistanceS (16/12/01) |
Les socialistes au cur
dune dangereuse alliance politico-religieuse ?
Le PS de Charleroi et le Ministre-Président
socialiste de la Région wallonne soutiennent ouvertement le père Samuel. Ils ne sont pas
les seuls. En effet, « RésistanceS » a retrouvé la trace dun
généreux donateur de ce prêtre intégriste. Cest la Ligue chrétienne belge, un
groupuscule dextrême droite et raciste
Le 9 décembre dernier, le père Samuel, un prêtre
catholique intégriste à la tête dun groupe sectaire de plus de 1.000 fidèles
(voir notre encadré), ordonnait une messe selon un rite traditionaliste à léglise
Saint-Antoine-de-Padoue, son nouveau sanctuaire récemment acquis. Léglise en
question est localisée à Montignies-sur-Sambre, une petite commune pauvre de la
périphérie de Charleroi. Cette implantation géographique du père Samuel, au cur
de la province la plus déshéritée de la Région wallonne, est inquiétante à plus
dun titre.
« Mauvaise nouvelle pour Charleroi »
Comme le soulignait, à loccasion de la messe inaugurale du nouveau
« temple » du père Samuel, le quotidien catholique « La Libre
Belgique » : « Ce retour en force du Père Samuel est en tout cas
une mauvaise nouvelle pour la région de Charleroi, déjà aux prises avec de nombreuses
sectes, telles les Antoinistes, les Assemblées de Dieu ou encore les Témoins de Jéhovah».
Comme lhistoire nous lenseigne, une situation socio-économique de crise a
toujours fait les choux gras des pires extrémistes. Le terrain fertile des vendeurs
dillusions est aussi celui de la misère sociale (ou culturelle). Les activités du
père Samuel, comme celles des autres groupes sectaires nuisibles, vont donc sans doute se
multiplier. Dautant plus que le prêtre traditionaliste collectionne des appuis
politiques de première ordre dans cette région. Le 9 décembre, dans léglise
Saint-Antoine-de-Padoue, se trouvaient ainsi au premier rang lancien rédacteur
en chef du quotidien socialiste « Le Peuple » Jean Guy
(aujourdhui « compagnon de route » dECOLO), le bourgmestre de
Dinant Richard Fournaux (PSC), celui de Charleroi Jacques Van Gompel (PS) et le
Ministre-Président de la Région wallonne Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS) ! Du très
beau monde, en quelque sorte.
A la Une du journal « Le Soir » du 10 décembre
2001, le Ministre-Président socialiste de la Région wallonne avec le père Samuel, un
curé intégriste soutenu par lextrême droite locale.
Avec lextrême droite intégriste
Dans lassemblée, ce jour-là, il devait également se trouver - à côté de ces
dignes représentants de partis démocratiques - danciens membres de la Ligue
chrétienne belge (LCB). En effet, après son autodissolution, en février 2000, cette
étrange ligue avait décidé de léguer les restes de son patrimoine financier aux
« uvres du Père Samuel » (sic). Auparavant, ce groupuscule
intégriste sétait singularisé par un discours raciste, fasciste, et ses liens
étroits avec le Front national (voir notre encadré).
Comme on le voit, le père Samuel reçoit ses soutiens tous azimuts. A sa gauche,
cest le parti socialiste local (dans quel but ? Sans doute pour des raisons
électorales
). A sa droite (extrême), ce sont les cathos intégristes rêvant
dOrdre nouveau pour mettre aux pas notre démocratie.
Quen pensent les libres penseurs du PS ? Pour notre part, on
sétonne : aucune réaction na été formulée publiquement par la
direction socialiste, à notre connaissance, pour dénoncer cette dangereuse et malsaine
alliance politico-religieuse.
Manuel Abramowicz
RésistanceS 16 décembre 2001
| Samuel, un curé intégriste et monarchisteLe vrai nom du
père Samuel est Charles-Clément Boniface Azdemir. Depuis 1990, les autorités
religieuses lont suspendu. En cause : sa conception intégriste de la religion,
son hostilité à lactuelle hiérarchie romaine et sa pratique de lexorcisme.
Comme les maurrassiens
dextrême droite de la Fraternité Saint-Pie X (de feu monseigneur Lefebvre), il
soppose à Vatican II. La messe, Samuel la donne dos à ses fidèles. Néanmoins
celui-ci continue à reconnaître le pape et à revendiquer son attachement à
léglise catholique. En été 1994, avec ses adeptes, il participait à la
manifestation dhommage organisée à loccasion du deuxième anniversaire du
décès du roi Baudouin.
M.AZ |
|
<
Le père Samuel en 1994 (photo : Manuel Abramowicz).
Une ligue au cur de
lintégrisme fascisant
Avant son autodissolution en février 2000, la Ligue chrétienne belge
(LCB) était implantée dans la région de Charleroi, depuis sa création en 1992. Ce
groupuscule avait pour spécialité la lutte contre la « pornocratie »
(sic) et « limmigration sauvage ». Elle opta pour un statut
dASBL (association loi 1901) pour pouvoir intenter des actions judiciaires, à
l'instar de l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité
française (AGRIF), de Bernard Antony, le dirigeant de la tendance nationale-catholique du
Front national de Jean-Marie Le Pen. Lobjet de lAGRIF reste à lheure
actuelle la lutte contre le « racisme anti-français » et « anti-catholique ».
« Pour notre race »
Le président-fondateur de la LCB, Ludger Piret, pour sa part, avait été personnellement
à bonne école : il fut endoctriné par Emile Lecerf, un ancien collaborateur belge de la
SS et rédacteur en chef dans les années septante du journal de droite extrême « Nouvel
Europe magazine », lex-parrain du Front de la jeunesse. En 1994, la LCB,
qui se présentait alors aux élections communales, affirmait dans son programme avoir
« entrepris une nouvelle croisade pour DIEU ». Lors dune réunion
du Front nouveau de Belgique (FNB), en mars 1996 à Charleroi, Ludger Piret déclara à
propos des étrangers non-européens : « Il faut aussi faire notre Mea culpa et
se dire : qu'avons nous fait, nous indigènes, pour empêcher cette prolifération
néfaste et négative pour notre civilisation et notre race ? ». À cette même
conférence, il désigna le FNB comme étant un « parti d'Ordre Nouveau ».
La même année, la LCB confirmait également son alliance politique avec
« Le Cri du Citoyen ». Le directeur de ce mensuel catholique
intégriste et raciste, Francesca Catania (aujourdhui employé au Parlement
européen), faisait partie de son conseil d'administration. Auparavant Catania avait
animé une section wallonne de lancien Parti libéral chrétien, un groupuscule
dultradroite issu du CEPIC (la tendance conservatrice et xénophobe du PSC dans les
années septante). En 1994, le patron du « Cri du Citoyen » figurait
aux élections européennes sur la liste du Front national de Daniel Féret. Plus
récemment, Ludger Piret fut lun des orateurs dun meeting de ce même parti
dextrême droite à Charleroi. Après sa dissolution, la Ligue chrétienne belge
décida de léguer son patrimoine financier restant au père Samuel, le meneur dun
groupe sectaire politico-religieux.
M.AZ |