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Sectes : un autre danger !

Exclusivité de RésistanceS

La scientologie au pied du QG européen

La rédaction de RésistanceS vous informe en exclusivité, avec des photos à l’appui, et bien avant le reste de la presse belge et européenne, que la Scientologie, une organisation reconnue comme secte par plusieurs gouvernements, s’apprête à ouvrir son quartier général pour l’Europe au cœur de la capitale européenne. Exactement : rue de la loi, entre le Parlement et la Commission européenne, à quelques dizaines de mètres du siège du gouvernement fédéral belge… et juste à côté du siège du CD&V, le parti des démocrates chrétiens flamands ! Voici une enquête de RésistanceS sur l’assaut sectaire contre les institutions européennes et belges.

Non contente d’avoir déjà un repaire dans la commune bruxelloise d’Uccle, la scientologie vient d’acquérir un nouveau bâtiment, rue de la loi, au numéro 91. Le n° 89 (juste à côté) abrite pour sa part les locaux du CD&V (le nouveau nom du CVP, le parti populaire flamand historique, aujourd’hui dans l’opposition). Si une adresse à Uccle donne une image de respectabilité, ce rapprochement géographique avec les institutions européennes n’est pas non plus le fruit du hasard. C’est une position idéale pour accueillir de nouveaux membres mais surtout pour effectuer un travail de pression auprès des décideurs politiques. La Fraternité Saint-Pie X (mouvement intégriste catholique dissident du Vatican) ne s’y est pas trompée puisqu’elle s’est installée, en novembre 2001, dans une église toute proche.

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Façade du quartier général de la Scientologie, au n°91 de la rue de la Loi, au cœur du quartier européen de Bruxelles. Photos : Alexandre Vick – Résistances

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Public cible : les fonctionnaires européens
Il y a une dizaine d’années, les grandes sectes, telle la Scientologie ou celle des Témoins de Jéhovah,… jouissaient d’un certain succès auprès d’une poignée de fonctionnaires européens. Ces derniers constituaient une excellente cible puisqu’ils étaient déracinés, éloignés de leur famille et qu’ils disposaient de temps et d’argent pour trouver réponse à leurs « grandes questions existentielles ». Les convictions religieuses ou spirituelles d’un fonctionnaire européen ne peuvent être un critère discriminatoire à l’embauche. La « liberté de religion » prédomine et il n’y eut pas de plainte pour prosélytisme. Les opérations de prosélytisme des sectes se développèrent donc sans aucun problème.

Cependant, ces dernières années, elles semblent être en net recul auprès de ce public. Même si la Scientologie continue à cibler les cadres et hauts dirigeants, la poule aux oeufs d’or s’est tarie. L’information circule mieux, les attaques des médias ou des rapports parlementaires (dont celui de 1997 en Belgique) ont éveillé une vigilance plus accrue. Mais cet esprit critique est mis en veilleuse lorsqu’il s’agit de se faire soigner par certaines « nouvelles médecines » ou de suivre des séminaires sur le « bien-être », le développement spirituel ou autre conférence organisée par un charlatan et payée rubis sur l’ongle. L’escroquerie est donc plus discrète mais néanmoins présente, même si elle ne bénéficie plus aux sectes.

Qu’à cela ne tienne, le monde est vaste et les grands mouvements sectaires se sont tournés vers d’autres recrues, principalement dans les pays de l’Est. Le manque d’information et le désir de spiritualité, après des années sans liberté de religion, ont été un terreau fertile. Mais la donne a lentement changé à l’Est aussi. Aujourd’hui, l’information et les critiques sur les sectes y sont diffusées. Résultat : la méfiance grandit à l’égard des nouveaux mouvements dits religieux.

Extrême droite et sectes : des techniques identiques
Tous ces membres glanés à l’Est et à l’Ouest ont rempli généreusement la bourse de ces grandes « multinationales spirituelles ». Et il en faut, de l’argent, pour acheter un bâtiment rue de la Loi… comme viennent de le faire les scientologues. Elles ont pu se refaire une santé et se lancer dans un grand travail de lobbying et de communication. Sites sur Internet, documentation chatoyante, présence et pression lors des débats : toute la panoplie des grands groupes de pression est déployée. La stratégie est la même que celle exercée par l’extrême droite puisqu’il s’agit de se redorer le blason, de se donner des allures de respectabilité en attaquant systématiquement tout article « discriminatoire », mais aussi en faisant pression. Le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et le Comité droits de l’homme, démocratie et questions humanitaires du Parlement de l’OSCE sont des cénacles où les questions de liberté de pensée, de conscience et de religion sont débattues.

Elles sont aussi le lieu ou les petites fourmis travailleuses des sectes tentent de s’infiltrer. On sait que l’Eglise catholique a pesé de tout son poids lors des travaux de la Convention chargée de rédiger le projet de future constitution européenne. On peut imaginer que les sectes travaillent aussi, mais en coulisses et donc plus discrètement. Elles sont parfois soutenues très diplomatiquement par des institutions officielles ou étatiques, comme les Etats-Unis qui déploient leur aile protectrice au-dessus des Mormons, des Témoins de Jéhovah ou des scientologues. Mais, le pouvoir n’est pas seulement politique, il est aussi économique. La Scientologie s’infiltre donc dans les grandes compagnies, en offrant aux cadres des « formations » ou des tests de développement de la personnalité… une vision très particulière et dangereuse de la gestion des ressources humaines.

 

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En plein dans le quartier européen de Bruxelles, l’Eglise de la Fraternité Saint-Pie X, un groupe politico-religieux intégriste de la droite chrétienne dissidente du Vatican, à quelques mètres du nouveau siège de la Scientologie. Photo : Alexandre Vick – Résistances

 

Des dangers pour nos libertés
Ces libertés que nous défendons ne doivent en aucun cas servir à justifier l’impunité d’activités illégales ou criminelles des sectes. Comme le rappelle le rapport de 2001 du Parlement européen sur la situation des droits de l’homme dans l’Union européenne, les Etats membres sont invités à être vigilant sur les activités des groupes sectaires et à contrecarrer judiciairement, fiscalement et pénalement les agissements illégaux de certaines sectes. Le devoir d’information et de sensibilisation des organismes indépendants spécialisés dans la défense des droits de l’homme y est également souligné, tout comme la nécessité d’inscrire dans les libertés celle de ne plus adhérer à une religion ou philosophie et le droit de quitter une communauté.

Nous ne pouvons que nous inquiéter de ce tournant pris par les mouvements sectaires, qui passés maîtres dans l’art de la manipulation, s’exercent aujourd’hui plus que jamais à détourner à leur profit auprès de décideurs ces valeurs qui nous sont chères.

Klara Cizall
Bruxelles – RésistanceS - 14 août 2003
Photos : Alexandre VICK – RésistanceS ©

 

Communiqué de presse
Pour lire notre communiqué de presse du 16 août 2003 à ce sujet : "La secte de la Scientologie installe son QG au pied de la Commission européenne et à côté du siège du CD&V. Que font le gouvernement belge et les institutions européennes ?"
Cliquez ici

 

Plus d’informations sur ce sujet
Sur le site RésistanceS Cliquez ici

Pour toute information sur les mouvements sectaires
Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN) : 02-504 .91.66. Site Internet : www.ciaosn.be

Contact et information sur les groupes sectaires : 02-219.87.66
Association de défense des familles et des individus :
02-767.54.21

ou dans notre dossier

 

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