|
Dans les coulisses de l’Histoire
européenne Combattants marocains contre
le nazisme… Près de soixante ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale et une trop longue période d’oubli, le souvenir des soldats (musulmans, juifs…) d’Afrique émerge. Très timidement. Quasi ignoré par les pouvoirs publics, ce souvenir est entretenu par des initiatives citoyennes.
La Deuxième guerre mondiale n’a pas été gagnée que par le sacrifice des soldats de l’US Army débarquant sur les plages normandes, en juin 1944. A l’instar de milliers de combattants civiles (résistants, partisans…), des milliers de combattants étrangers, notamment venus d’Afrique (du nord et centrale), ont aussi bouté hors de nos frontières l’envahisseur nazi. Déjà en 14-18, les bataillons étrangers, provenant des colonies d’antan, combattirent sur le sol européen. Parmi eux, il y avait également des régiments mixtes de tirailleurs et de zouaves, composés de juifs et de musulmans d’Afrique du nord. Ensemble, ils combattirent côte à côte sur le même front. Les soldats de l’Armée
oubliée
Cette main d’œuvre de l’industrie militaire européenne n’a que rarement été honorée pour finir. Elle a trop souvent été oubliée et ignorée. Reconnaître ces soldats là aurait de fait donné lieu à l’obligation de reconnaître les injustices subies par les peuples des colonies européennes. La mise en relief des militaires marocains, algériens, mais aussi indochinois… aurait rappelé à l’Europe coloniale ses propres occupations territoriales ; ses propres indignités. Les survivants des « armées d’Afrique », des « soldats de seconde zone », ne seront donc pas honorés et ne bénéficieront jamais du même traitement que celui octroyé à nos anciens combattants. Soixante ans après la boucherie de 39-45 et près de cent années après celle de 14-18, des souvenirs s’expriment enfin pour se rappeler au « bon souvenir » de nos démocraties le sacrifice des combattants venus d’Afrique et d’ailleurs. Des hommages sont ainsi organisés et la revendication de l’égalité des droits de ces soldats désormais évoquée. Un peu tard, peut-être ? Anciens combattants comme les autres, la plupart d’entre eux arrivent aujourd’hui au bout de leur vie. L’hommage sera donc souvent post mortem…
© RésistanceS – www.resistances.be – Bruxelles – 5 novembre 2004
|
Hommage
télévisé
Le 11 novembre 2005 20 h 30 - Case Histoire 21 h 30 - Case Portrait Au mois de mai 1940 l’armée allemande envahissait la Belgique. À Gembloux, la 1ère division des tirailleurs marocains, composée des soldats marocains recrutés dans l’armée française et des soldats français, fait face à l’armée allemande. La bataille de Gembloux est considérée comme la 1ère victoire tactique contre l’avancée des armées nazis. Ben Hamidou et Sam Touzani, comédiens belges d’origine marocaine ont été interpellés par le récit d’un vieux buveur de thé sur le marché de Molenbeek. Et c’est ainsi qu’ils ont décidé de faire revivre un épisode oublié de la seconde guerre mondiale, la participation des tirailleurs marocains à la Bataille de Gembloux. Fidèles à l’esprit de cette pièce à succès, les artisans de « 1001 Cultures » ont donné ici l’occasion aux deux acteurs d’amplifier leurs propos à travers des témoignages de tirailleurs survivants mais aussi d’habitants de Gembloux qui, médusés, voyaient ces gens « pas comme nous » venir les sauver des chars allemands. Ces poignants témoignages sont placés dans le contexte de l’époque à l’aide d’images d’archives et complétés de larges extraits de la pièce. Une réalisation de l’équipe de « 1001 Cultures ». Réalisation : Mehrdad Taghian Production : Khiti-Amina Benhachem Première
diffusion Rediffusions
(sur La Deux – RTBF) Vendredi 12 novembre 2004 - vers 11h30 |