Nostalgique de l'Ordre nouveau
Le VMO, toujours un exemple pour
le Vlaams Belang
Le Vlaamse militanten orde (VMO) fut l'une des plus importantes
organisations néonazies en Belgique. Pilier musclé du
“mouvement flamand“, le VMO participa activement à
la création du parti Vlaams Blok (en 1979). Un site internet
entièrement consacré au VMO s’est créé
récemment. Une preuve de plus que la flamme du souvenir des
années d'Ordre nouveau reste vivace dans la mouvance du Vlaams
Belang (le nouveau nom depuis 2004 du Vlaams Blok). En septembre de
cette année, Filip Dewinter participa à une réunion
d’anciens combattants du VMO…
Par Alexandre VICK (RésistanceS)

Le VMO défilant, en 1967, dans les rues
d’Anvers. Une des habitudes de cette organisation néonazie
flamande – Document photographique : Archives Hugo Gijsels-RésistanceS.
Le site internet consacré au Vlaamse militanten orde (VMO)
est apparu cet été sur la toile. Il est réservé
aux nostalgiques et aux disciples de cette organisation néonazie
qui marqua l'histoire du “mouvement nationaliste flamand“
dans son ensemble (voir plus bas notre encadré). C'est pour
cette raison que la promotion annonçant son ouverture a été
faite uniquement en direction des initiés.
Aujourd'hui, seuls quelques uns d'entre
eux réfèrent, sur leur blog, ce site dédié
au VMO. Parmi les “promoteurs“ de l'espace virtuel qui
lui est consacré, il y a notamment plusieurs membres et cadres
du Vlaams Belang (VB), comme Bart Debie (ex-commissaire anversois
qui défraya la chronique des faits divers) ou Bert Deckers
(le vice-président des VB Jongeren d'Anvers, pour qui la croix
celtique, symbole également utilisé par les néonazis,
semble rester une référence).
VMO-Vlaams Belang : une histoire commune
Rien d'étonnant à cela : le VMO a toujours été
honoré par le Vlaams Belang et ses principaux dirigeants, malgré
le remplacement des tenues paramilitaires chères au VMO par
les costumes BCBG de l'élu-type VBiste. Au sein du groupe d'action
nationaliste Voorpost, dirigé par des membres de la direction
du VB, le souvenir du VMO est également toujours intact. D'ailleurs,
d'après plusieurs spécialistes de l'extrême droite
flamande, Voorpost aurait récupéré l'espace libéré
par le VMO lors de sa disparition, au milieu des années 1980.
On retrouve également la trace de ce site
pro-VMO sur celui du Vlaamse volksbeweging (VVB), le mouvement populaire
flamand fédérant les différentes tendances nationalistes
du Nord du pays, de l'opposition d'extrême droite (Vlaams Belang)
à la droite nationaliste gouvernementale (NV-A, l'allié
des démocrates-chrétiens du CD&V, le parti de Yves
Leterme). A l'étranger, la trace d'une référence
à ce site n'a été trouvée que sur le forum
de Stormfront, le portail néonazi américain bien connu
des adeptes actuels de la croix gammée.

Dans les années 1980, le VMO a exploité
le racisme à des fins idéologiques, comme le montrent
ses autocollants. En 1985, une section bruxelloise francophone fut
fondée sous le nom de VMO-Bruxelles (comme l’illustrent
les deux autocollants de gauche). Le dirigeant de cette section participa
à la création, en 1999, à Nation, un mouvement
d’extrême droite francophone agissant dans l’ombre
électoral du Front national – Documents : Archives RésistanceS.
Le VMO, selon le VMO
Au sommaire du site sur le VMO : l'histoire du VMO... selon la version
politiquement correcte du VMO ! Les aspects les plus nauséabonds
de ses activités ne figurent donc pas au programme de ce site,
comme il fallait s’en douter. Lorsque l'histoire de l'extrême
droite est racontée par ses propres conteurs, le négationnisme
et le révisionnisme sont toujours au rendez-vous.
Les surfeurs consultant le site sur le
VMO pourront découvrir les faits d'armes de cette organisation
nationaliste flamande : opération clandestine pour récupérer
le corps d'un ex-dirigeant de la collaboration flamande avec l'occupant
nazi durant la Seconde Guerre mondiale, manifestations contre les
francophones dans les “communes flamandes occupées“,
cérémonies nationalistes dans les rues d'Anvers (le
fief historique du VMO)...
Le site est illustré de nombreuses
photographies et documents des différentes époques que
l'“Ordre des militants flamands“ marqua de son empreinte.
Plusieurs pages sont encore consacrées à ses chefs historiques
: Wim Maes (1925-1968), Bert Eriksson (1931-2005)... Au sujet de ce
dernier, les biographes du site du VMO oublient de rappeler qu'il
fut également l'un des plus illustres leaders du mouvement
néonazi en Belgique et ceci jusqu'à son décès,
il y a deux ans (voir notre encadré qui suit).
Comme il pourra aisément être
compris, le site sur le VMO confirme que le passé nazi d'une
partie du mouvement nationaliste flamand bénéficie encore
d'une poignée d'irréductibles nostalgiques. Y compris
(et surtout ?) au sein du Vlaams Belang : le propriétaire du
nom du domaine “Vlaamsemilitantenorde.com” est un dénommé
Jan Mevis. Un inconnu ? Ancien membre de l'association des étudiants
d'extrême droite NSV, lors des dernières élections
communales (en octobre 2006), il figurait en treizième place
sur la liste déposée dans la ville de Turnhout par...
le Vlaams Belang !
Quant à Filip Dewinter (le numéro
deux du VB) et Luc Vermeulen (le responsable de la sécurité
du parti et par ailleurs membre de la direction du groupe d’action
Voorpost, directement lié au VB), le site pro-VMO informe qu’ils
participèrent en septembre dernier à une réunion
d’anciens militants de l’organisation néonazie.
Cette réunion eut lieu à l’occasion de la présentation
d’un livre biographique sur Bert Eriksson, écrit par
l’un de ses petits-fils. L’héritage idéologique
du VMO est donc bien assuré…
Alexandre VICK
| Le VMO, au service de l'Ordre
nouveau nazi 
Aujourd’hui
encore, le VMO reste une référence pour l’extrême
droite flamande, comme le montre ce banner de l’organisation
Nieuwe-solidaristische alternatief (NSA), également active
sous le nom de Vlaamse jongeren Westland (VJW) – Documents
: RésistanceS.
Il pourrait
figurer au patrimoine informel des organisations du ‘’mouvement
nationaliste flamand’’. Le Vlaamse militanten ordre
(VMO) est apparu durant les années 1950. Il s'occupa
du service d'ordre de la Volksunie, le parti nationaliste flamand
de l'époque. Ensuite, cela fut la rupture en 1963. Le
VMO devint une organisation autonome qui se radicalisa de plus
en plus, notamment contre les Flamands considérés
comme des traîtres à la Patrie. Mais surtout contre
les "fransquillons”, à qui le VMO réservait
des opérations ultraviolentes.
Son dirigeant
principal était alors Bert Eriksson. Avec lui, l'organisation
flamande allait se retrouver au coeur d'un réseau international
de nostalgiques d'Adolf Hitler. Le VMO participa ainsi à
des actions communes avec des groupes étrangers préconisant
le terrorisme pour sauver la “race blanche” de son
anéantissement orchestré, selon eux, par les “ennemis
de l'Europe”. L'organisation conduite par Eriksson participa
également à la diffusion des thèses négationnistes
niant les crimes commis par la dictature nazie. La justice condamna
le VMO, organisé sous le modèle d'une milice paramilitaire,
au début des années 1980. La dissolution fut réalisée
en 1983. Cependant, Bert Eriksson (ainsi que d'autres du VMO)
tenta à plusieurs reprises de relancer l'organisation,
avec le soutien de jeunes militants acquis au néonazisme.
Se succédèrent
ainsi, de manière toujours éphémère,
le groupe Odal (dans les années 1980), la Jonge wacht
(au début des années 1990) et l'Odal aktiecomité
(au milieu des années 1990). En 1985, un groupe bruxellois
de francophones provenant de deux groupuscules néonazis
(le PFN et l'Epe) avait par ailleurs constitué un VMO-Bruxelles.
Aujourd'hui, un nouveau candidat à la succession du VMO
s'est manifesté. Il s'agit des Vlaamse jongeren Westland
(VJW), utilisant aussi le nom de Nieuwe-solidaristische alternatief
(NSA). Une petite organisation incapable de mobiliser plus qu'une
poignée de militants, en nombre bien moindre que les
mobilisations de jadis du VMO (1).
Quelque
temps avant son décès, Bert Eriksson participa
pour sa part aux activités de la branche flamande de
Blood and Honour, un réseau international néonazi
lié au “terrorisme noir”. L'ex-chef du VMO
ferma ainsi l'histoire d'une organisation qui s’était
mise entièrement au service de l'Ordre nouveau nazi.
De nos jours, elle garde de nombreux disciples au sein du Vlaams
Belang et de ses organisations satellites (VB Jongeren, Jongeren
aktief, NSV, Voorpost...). Ainsi, lors de l'enterrement d'Eriksson,
de nombreux dirigeants du VB étaient présents.
[A.V]
(1) Le 21 octobre
dernier, dans les rues de Bruges, les VJW organisèrent
une manifestation. Malgré le renfort d’activistes
francophones du mouvement Nation, ils ne furent capables de
mobiliser que cent militants. En comparaison : la contre-manifestation
antifasciste, initiée par un mouvement d’extrême
gauche trotskiste, rassembla plus de trois cents personnes.

Bert
Eriksson à la tribune du meeting commémorant la
naissance d’Adolf Hitler organisé par les néonazis
de Blood & Honour-Vlaanderen (B&H-Vl), en 2002. Trois
ans après, lors du décès de ce dernier
dirigeant du VMO, l’extrême droite dans sa grande
majorité lui rendit hommage : le groupe Voorpost, Groen
rechts, B&H-Vl, les Jongeren aktief, le Vlaams Belang…
et du côté francophone, le mouvement Nation. Il
faut savoir que l’un des fondateurs-dirigeants de ce dernier
fut l’un des anciens collaborateurs de Bert Eriksson,
notamment lorsqu’il dirigeait le VMO-Bruxelles –
Documents : RésistanceS.
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© RésistanceS – Observatoire
belge de l'extrême droite – www.resistances.be –
info@resistances.be – Article mis en ligne le 30 octobre 2007.
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Membres du VMO
en action dans les années 1970
Plus d'infos
sur le VMO ?
Lire l'article de RésistanceS
:
Les
liens VB-VMO, par Wim Haelsterman
Lire aussi notre
dossier Were Di (janvier 2003)
sur les liens du VB avec les organisations d'Ordre nouveau nazi.
Ce groupe néonazi était directement lié au VMO.
Karel Dillen, dirigeant de Were Di et président-fondateur du
Vlaams Blok, collaborait à 'Alarm', le journal du VMO.

! Prochainement
sur RésistanceS !
Un dossier complet
sur le groupe d'action nationaliste Voorpost, le VMO d'aujourd'hui...
(mi-novembre 2007)
Suivez
le Guide... Pour
mieux comprendre et mieux réagir aux partis et idées
d'extrême droite, il faut lire notre :
Guide des
résistances
à l'extrême droite

'Un
guide sous forme de questions-réponses claires et précises
permettant à chacun d’agir sur le terrain, sans nécessairement
s’engager dans la militance pure et dure.'
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