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Extrême droite : les connexions obscures
Voyage chez les crânes rasés du
nazisme
Dans le cadre de son cinéma d’ATTAC, l’organisation
altermondialiste vous invite à assister au débat qu’il
organise contre l’extrême droite et à la diffusion
exceptionnelle de « White terror ». Ce film-documentaire,
réalisé par le journaliste suisse Daniel Schweizer,
fait le tour du monde de la « planète nazie »,
incarnée ici par les « bonehaeds », les skin-nazis.
Ces fous de la croix gammée.

Boneheads (skin-nazis) : des crânes rasés
et des croix gammées.
Dès les premières images…
… on est transporté dans un décor de carte postale.
Sur les lieux d’un crime suisse. Le 27 janvier2001, le jeune
apprenti Marcel von Allmen a été massacré à
coups de barre d’acier par ses compagnons, qui l’ont balancé
d’une falaise dans le lac de Thoune. Parce qu’il n’avait
pas respecté la loi du silence imposée par l’Ordre
des chevaliers aryens, le groupuscule dont il faisait partie, ses
camarades ont donc choisi de l’assassiner. Dans White Terror,
le dernier film de sa trilogie consacrée au mouvement skinhead,
Daniel Schweizer esquisse d’abord une tentative ratée
de reportage sur ce mouvement assassin - la police helvétique
faisant tout son possible pour en ignorer l’importance et la
dangerosité. Puis, devant l’impossibilité d’aller
plus avant, le réalisateur se lance dans un road-movie initiatique.
Succédant à Skin or die (1998) et Skinhead Attitude
(2003), ce nouveau documentaire apporte donc un éclairage saisissant
et incendiaire sur la subculture skin qui -née dans le prolétariat
anglais et la musique ska il y a quarante ans- s’est retrouvée
phagocytée par l’extrême droite à partir
des années 80.
Suprématisme
De la Suède aux Etats-Unis, en passant par l’Allemagne
et la Russie... Au fil des rencontres (à travers une série
de portraits) se dessine, sans complaisance, une carte mondiale du
phénomène skin dans sa diversité douloureuse
: entre antiracistes anarchisants d’une part, et militants pour
la suprématie blanche de l’autre. Le spectateur assiste
dès lors au discours brut de fanatiques qui vénèrent
comme il se doit Adolf Hitler, en appellent ouvertement à la
guerre contre les étrangers, les Noirs, les Juifs, et tout
ceux qui n’ont pas le profil caucasien. D’autant qu’à
travers Internet, on se trouve confronté à une Internationale
d’un nouveau genre, dont les Etats-Unis sont le paradis, sous
le couvert du premier amendement garantissant la liberté de
parole.
White Terror fait ainsi dans le grand-angle. Ne se concentrant plus
sur les seules têtes d’œufs pourris, mais sur toute
la nébuleuse entourant l’idéologie du White power,
Schweizer s’en va d’abord en Suède (suivre des
manifestations fascistes hautement tolérées par la police
et les autorités, lesquelles ne voient pas de raisons à
interdire les concerts-trash où sont scandés des«
Heil Hitler » à plein décibels), puis déboule
aux Etats-Unis, où le milieu apprend à fonctionner,
un peu à la manière d’Al-Qaïda, en groupuscules
indépendants sans véritables chefs ni liens entre eux
(à l’inverse, on y voit aussi la tentative de fédérer
-sous la protection de la police et du premier amendement de la Constitution-
tous ceux qui croient la race blanche « en danger d’extinction
», tel le KKK, les églises ultraconservatrices, ou les
mouvements aryens).
Dernière étape ? La Russie, paradoxe hideux de l’Histoire
: alors que25 millions de soldats soviétiques ont été
tués par les forces nazies, on y découvre des hooligans
d’extrême droite faire le salut hitlérien sur la
Place Rouge et des popes bénir des drapeaux à croix
gammée dans les églises orthodoxes.
Nouvelle paranoïa
En résulte un document d’une
rare précision, qui évite la diabolisation au profit
d’une vision complexe basée sur des faits. Et si Schweizer
se met en scène dans son propre film, le cinéaste n’essaie
jamais de piéger ses interlocuteurs. Il est là pour
disséquer les fondements d’une nouvelle forme de paranoïa
raciste dont la monstruosité n’est que plus frappante
lorsqu’elle s’exprime à visage découvert.
White Terror est donc un film exemplaire à découvrir
sans délai.

Les skin-nazis sont des adeptes fanatiques
de la croix gammée. Image du film « White terror ».
Précis, sans fard ni prétention
militante : « Faire des films, commente Schweizer, c’est
affronter le monde, se coltiner à son état, en chercher
les mauvaises fréquentations, le gênant et l’insupportable.
Toute la dignité d’un cinéaste est peut-être
d’oser regarder en face une vérité indigne de
lui. D’être présent là où on n’ose
plus l’être ». Un propos courageux qui s’adresse
tout aussi bien à la militance de gauche qu’à
l’opinion dite « progressiste ».
Par Jean FLINKER
Militant d'ATTAC-Bruxelles et cofondateur d'ATTAC-Belgique
RésistanceS – www.resistances.be
– info@resistances.be – Article mis en ligne le 15 décembre
2006
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«
White terror »
Cinéma
d’ATTAC Bruxelles
Jeudi 21 décembre 2006 – 20 h 30
Cinéma
Arenberg
Galerie de la Reine 26
1000 Bruxelles
20 h 30 : le débat « Pourquoi le fascisme continue-t-il
à faire recette ? »
21 h 30 : le film
Prix d’entrée : 6,6 euros (débat compris) sauf
les Article 27.
Les
invités du débat
Jo De Leeuw : enseignante, coordinatrice du livre « L’extrême
droite contre les femmes » (traduit du néerlandais en
français aux éditions Luc Pire).
Manuel Abramowicz, auteur du « Guide des résistances
à l’extrême droite » (éditions Labor,
Prix Condorcet-Aron du meilleur livre francophone 2006) et coordinateur
de la rédaction de RésistanceS (www.resistances.be).
« White terror »
Film suisse
Réalisateur : Daniel Schweizer
Sortie : 2005
Durée: 90 minutes
Diffusion Belgique : Libérations
films
Pour un antifascisme « politiquement incorrecte
»
Jo De Leeuw et Manuel Abramowicz proposent une approche « politiquement
incorrecte » de la lutte contre l'extrême droite. Ils
combattent ses organisations politiques, « radioscopient »
scrupuleusement leurs programmes politiques et décortiquent
leurs corpus idéologiques en démontrant leur vraie nature.
Au delà
d'une diabolisation facile – mais souvent contre-productif (liant
le VB, FN et C° au nazisme) - Jo De Leeuw et Manuel Abramowicz
mobilisent les citoyens actifs en dénonçant «
tout simplement » l'ultralibéralisme antisocial (antipopulaire)
des formations d'extrême droite. Le VB et le FN n'étant
pour finir que le versant négatif des politiques proposées
et imposées par les partis... dits « démocratiques
».
L’extrême droite est dangereuse parce qu’elle est
de droite pure et dure, partisane du capitalisme exploiteur de l’homme
par l’homme, contre les aspirations populaires et le progressisme.
Le VB, le FN… sont et resteront des partis rétrogrades,
conservateurs et inégalitaires.
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