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Le
mot dEdith Buch :
« Une loi ne s'improvise pas. Elle est l'aboutissement d'une procédure minutieusement réglée ». Le vote de la loi antiraciste fut un nouveau « point de départ ». Avec de multiples questions à la clés. Comment sera appliquée cette loi ? Quel sera le rôle des associations antiracistes ? Nous reproduisons, ci-dessous, lintroduction qui figurait dans une brochure de 40 pages éditée par la Ligue belge pour la défense des droits de lHomme à loccasion du vote de la loi antiraciste de 1981. Lauteur de ce texte est Edith Buch, une juriste et une militante importante de lhistoire politique belge et internationale. A lheure actuelle, son texte fait office de document historique essentiel. « ( ) Mandatée par la Ligue belge pour la défense des droits de l'Homme, j'ai pu mettre sur pied la Commission contre le racisme et la xénophobie en été 1975. J'en ai assumé la direction jusqu'à la dernière assemblée générale en mars 1981. Ainsi, je suis devenue un témoin privilégié et une exécutante parmi bien d'autres militants. En 1979, l'Assemblée générale de la Ligue avait choisi le thème de l'antiracisme pour l'année à venir. C'est ainsi que 1980 a vu se renforcer l'action antiraciste de la Ligue. dont le moment le plus important fut sans doute la grande manifestation du 20 octobre. En vue de cette action la Commission s'est trouvée dans l'obligation évidente de préciser les objectifs qui lui paraissaient mériter le plus d'efforts dans la Belgique d'aujourd'hui. Il est certain que la lutte contre le racisme se mène surtout sur le terrain de l'éducation et que le matériel à communiquer au public doit étayer le message pédagogique. C'est à la jeunesse qu'il faut s'adresser en premier lieu et le matériel scolaire que nous avons édité sous forme de cahiers rencontre un vif succès, précisément parce qu'il s'abstient de pontifier et démontre à travers l'histoire, la géographie et le calcul que les hommes sont unis dans la diversité. Démasquer et combattre les préjugés, et surtout ceux qui conduisent à la xénophobie, est une tâche indispensable. Le racisme, même inavoué ou inconscient, divise ceux qui ont un intérêt commun. L'animation sous ses formes les plus diverses peut véhiculer sournoisement les ferments de haine et de discorde ou, au contraire, susciter la recherche de modes de coexistence fraternelle. Un travail d'étude concernant ces deux objectifs a pu être mené à bien par la Commission. Hors de ce cadre, une loi répressive s'imposait comme objectif impérieux. Il s'agit de la « loi réprimant certains actes racistes » dont le long cheminement a enfin abouti à la publication au « Moniteur belge » ( ), le 8 août 1981. Pourquoi fallait-il s'y attacher, direz-vous, alors qu'un Code pénal n'est pas l'instrument idéal de conviction ? Parce qu'il s'agit d'une loi qui, si elle est appliquée à bon escient, rassurera la population sur la possibilité de vivre ensemble. Cette protection est indispensable dans tout contexte social. Mais une loi ne s'improvise pas. Elle est l'aboutissement d'une procédure minutieusement réglée. Franchir ces étapes rigides ne sert à rien si la publication au « Moniteur belge » ne se réalise pas. Il en est autrement d'un colloque ou d'une publication qui ne sont pas soumis à de telles formalités. Des efforts considérables ont été déployés pendant quinze ans pour que la loi entre en vigueur. Mais ( ) l'élaboration d'une loi est un aboutissement, tandis que son application est un point de départ. Comment se réalisera cette application ? Quel sera le rôle des associations qui, en raison de leur expérience et de leurs contacts, seront sûrement consultées ? Ces préoccupations légitimes constitueront l'objet principal des travaux de la journée. La Ligue est convaincue que la loi créera des conditions de sécurité et servira la coexistence. Cela signifie que son application doit être pesée afin quelle soit efficace et qu'à travers les litiges apparaissent les solutions à apporter aux problèmes inhérents à notre contexte social. Des activités multiples s'offrent à nous.
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