| Dans les coulisses
de lextrême droite francophone
Defourny dénonce Un dirigeant de lextrême droite francophone, Hubert Defourny (meneur de lune des deux fractions politiques se disputant le label du maigrichon Bloc Wallon), a lancé récemment de très graves accusations contre ses anciens compagnons politiques. Pour lui, une majorité de ceux-ci seraient des « agents ennemis », à la solde de la Sûreté de lEtat. Leur mission : déstabiliser les partis nationalistes dultradroite et ficher leurs militants. Rien de moins ! Les règlements de comptes internes chez les fachos ne sont pas près de se terminer. Prenons place dans les tribunes et observons le spectacle
Il y a deux mois, nous avons mis la main sur le dernier numéro de « Bloc-notes » (n° 14 daté du mois de décembre 2001). Ce journal est lorgane de presse de lune des deux fractions rivales - celle menée par Hubert Defourny - qui se disputent, depuis mai 2001, le label du Bloc Wallon, un groupuscule qui devait en théorie cimenter les « forces identitaires et nationalistes » sudistes sur le modèle du Vlaams Blok (relire sur ce chétif parti dextrême droite wallon lenquête que nous lui avons consacrée). Dans ce numéro de « Bloc-notes », Hubert Defourny signe en première page un article au vitriol il faudrait parler de réquisitoire - contre la plupart de ses ex-« camarades de parti ». Il lance des accusations très graves à leur encontre, sur leur vie privée comme sur leurs liens supposés avec des services secrets. Il commence tout dabord par énumérer les titres des journaux de ceux quil visera plus bas dans son réquisitoire. Il y a, pêle-mêle, « la Lettre du Président Féret » (organe interne du Front national), « Devenir » (une revue francophone qui porte le même nom que celle qui fut éditée durant la Deuxième guerre mondiale par la SS française), « Renaissance Européenne » (réalisée par le premier président du Bloc Wallon), « Le Bastion » (le mensuel du Front nouveau de Belgique) et « Nation-Info » (lorgane de presse du mouvement Nation). Honneurs rendus à un pédophile Outre ces accusations sur la vie privée, le chef dissident du Bloc Wallon écrit : « On appelle à lunité des mouvements identitaires, mais on uvre à la scission générale. On prétend critiquer létat, mais on collabore avec sa Sûreté ». Au service des archives de la Sûreté Quant à léchec électoral de lextrême droite francophone, il serait dû, daprès Defourny, à un véritable plan de déstabilisation orchestré par le pouvoir politique. Il note à ce sujet : « Si notre courant de pensée ne parvient pas à se structurer et à démarrer en Wallonie, cest tout simplement parce quil est miné de lintérieur par de tristes individus avares et manipulés ». Cest pour cette raison quil préconise de « neutraliser les traîtres qui nous sabotent ». Sans toutefois préciser une méthode en particulier pour faire le ménage. Il faut croire que ce pur et dur a plusieurs plans en tête Révélations « defourniennes » : info
ou intox ? Une chose est sûre, ce nest pas la première fois que des règlements de compte sexpriment de cette manière au sein de cette famille politique très particulière. Les néonazis du Parti des forces nouvelles à la fin des années quatre-vingt (au moment où ils étaient soutenus par Filip Dewinter, le chef de file des radicaux du Vlaams Blok) dabord, les dirigeants-fondateurs de feu AGIR ensuite et Marguerite Bastien (présidente-fondatrice du Front nouveau de Belgique) enfin nont jamais hésité à dénoncer, noir sur blanc, le docteur Daniel Féret (le « président à vie » du Front national belge) comme étant un « agent ennemi » à la solde de la Sûreté de lEtat. Au milieu des années nonante, un long document anonyme circulait dans cette même famille pour dénoncer les activités de sape commises, cette fois-ci, par le dénommé Hervé Van Laethem, le meneur dun groupuscule néonazi alors rangé aux côtés de Marguerite Bastien et compagnon de route dHubert Defourny. Mais, quelque temps plus tard, le nouveau mouvement politique - mis sur pied en 1999 par le même Van Laethem - sera dénoncé comme étant influencé par « limagerie de type socialo-maçonnique » dans « Réfractaire », le périodique de REF. Un mouvement fondé en 1995 par Hubert Defourny. Effet boomerang Manuel ABRAMOWICZ
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lire également sur Hubert Defourny: Condamnation à la prison ferme de Hubert Defourny, dirigeant d’extrême droite (2 décembre 2003)
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