RésistanceS.be 17-10-2013

L'extrême droite contre qui ? Contre l'extrême droite !


Nouvelle victoire de Marine Le Pen en Belgique


La justice belge donne raison, une fois de plus, au FN français contre les derniers frontistes de notre pays. Le « canal historique » annonce cependant la poursuite de ses activités politiques sous le nom du FN belge. Une évidence : « à la droite de la droite », un espace devrait se libérer. Qui l'occupera au moment des prochaines élections ? Les micro-partis d'extrême droite, de la droite nationale ultralibérale ou des politiciens populistes de partis traditionnels ?
 
PAR MANUEL ABRAMOWICZ
Rédaction RésistanceS.be

 

 



Affiches électorales pour les élections de 2012 de la Fédération des nationalistes wallons (FNW). Comme les autres « clans frontistes » issus de l'implosion du Front national « unitaire » de Daniel Féret, la FNW - qui se présentait comme le FN wallon - doit maintenant changer de nom  - Doc. Archives RésistanceS.


Lundi dernier, la justice belge a donné une fois encore raison à la présidente du Front national français dans sa croisade répressive contre les derniers frontistes belges. Depuis 2012, Marine Le Pen a lancé plusieurs procédures judiciaires pour faire interdire en Belgique l'utilisation du nom, de l'emblème (la flamme tricolore), de l'image de son parti et de son patronyme.

Estimant que son partenaire belge, le FN « réunifié », présidé par feu le député régional Charles Pire (provenant du Parti social chrétien), faisait désordre pour mener à bien sa campagne de « dédiabolisation », la présidente du parti d'extrême droite français a décidé de liquider sa succursale représentative dans notre pays  Son partenaire belge s'était en effet allié aux nationaux-solidaristes de Nation, eux-mêmes directement liés aux purs et durs de l'extrême droite française hostile au FN mariniste ! Information révélée par le web-journal RésistanceS.be qui donnera lieu a fin du FN « réunifié »


Canal historique
Se soumettant sans broncher aux « ordres formels et militaires » de Marine Le Pen, les hommes du FN « réunifié » fermeront, en mars 2012, leur « entreprise politique ».

Après une tentative avortée de rejoindre le Parti populaire de Michaël Modrikamen, la majorité des responsables frontistes mit en place une formation de remplacement, la Nouvelle Wallonie alternative (NWA). Un seul « cadre » du désormais ex-FN, un ancien policier, rejoindra le mouvement Nation. Une fraction frontiste, également issue du « FN unitaire » de Daniel Féret, son fondateur-président retiré de la politique active depuis 2007, fonda avec le soutien du député européen français FN Bruno Gollnisch , un autre nouveau parti, Démocratie nationale (DN).

Pour sa part, le « canal historique » du Front national poursuivra ses activités politiques sous le nom « FN belge » et sur la base de son ASBL fondée en 1985 par Daniel Féret, malgré les poursuites judiciaires enclenchées par Marine Le Pen contre son leader charismatique, le jeune conseiller communal Salvatore Nicotra (voir ci-dessous).





Acte officiel de création en mai dernier de l'ASBL belge « Rassemblement Bleu Marine » par trois dirigeants de la Fédération des nationalistes wallons (FNW) - Doc. Archives RésistanceS.


Rassemblement Bleu Marine-Belgique
Un des derniers « clans frontistes », celui mené par Charles Petitjean, député régional FN de 2004 à 2009 et ancien bourgmestre de la commune de Pont-à-Celles (située dans l'arrondissement de Charleroi) à l'époque où il était membre de la direction du Parti réformateur libéral, après la première interdiction de la « marque FN » a continué le « combat pour la Nation ». Pour le mener, il s'est drapé sous les couleurs de sa Fédération des nationalistes wallons (FNW) qu'il faisait souvent passé pour le « FN-Wallonie » en utilisant, pour sa propagande, le graphisme de l'ex-FN belge.

Souhaitant récupérer chez nous le succès de la « vague Marine » ayant propulsée récemment au sommet du monde politique la dirigeante du Front national français, la FNW de Petitjean a fondé en mai dernier une ASBL portant le nom de « Rassemblement Bleu Marine » (RBM). Soit le nom identique du mouvement politique mis en place par les frontistes d'outre-Quiévrain pour ratisser large dans les rangs des autres partis et auprès de leur électorat respectif.

Lorsque que Marine Le Pen fut informée de la création de ce RBM-Belgique, elle ordonna à son avocat belge, maître Ghislain Dubois (fondateur en 1989 de l'association national-catholique Belgique & Chrétienté, puis cofondateur en 2007 du Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen) d'entamer une action judiciaire visant à le faire interdire.

Ce lundi 14 octobre, le tribunal civil de première instance de Liège siégeant en référé a rendu un jugement en faveur de la présidente du parti d'extrême droite français contre l'ex-parlementaire frontiste wallon Charles Petitjean. L'utilisation des noms « Rassemblement Bleu Marine », « Front des nationalistes wallons », des initiales RBM et FNW sont désormais interdits d'utilisation. La justice liégeoise oblige donc Charles Petitjean et ses partisans de poursuivre leurs activités politiques sous un autre drapeau. Un scénario catastrophique pour ceux qui voulaient toujours incarner le FN en Wallonie.



La « génération Facebook » du FN s'exprime toujours   L'avocat de Marine Le Pen en Belgique, Ghislain Dubois, un ancien de la direction du FN belge, est devenu l'une des principales cibles des ex-frontistes qui projettent toujours de se présenter aux élections en mai 2014 - Doc. Archives RésistanceS.


Plus de 12 % de Wallons marinistes !
Cette nouvelle décision de justice donne raison au Front national français contre les derniers frontistes de notre pays. La boucle n'est cependant pas encore bouclée.

En cas de victoire totale sur ses anciens amis politiques belges, Marine Le Pen aura concrètement libéré un espace « à la droite de la droite » sur l'échiquier électoral de notre pays. Mais qui, à la place du FN belge de jadis, l'occupera au moment des prochaines élections pour récupérer les électeurs protestataires antisystème de tendance xénophobe, poujadiste et islamophobe ?

En février 2012, selon un sondage réalisé pour le quotidien La Libre Belgique et la radio-télévision publique RTBF, si les Belges pouvaient voter pour Marine Le Pen, elle récolterait 6 % de voix favorables en Flandre, 10 % à Bruxelles et 12 % en Wallonie   A l'heure actuelle, avec la fulgurante montée de son parti à la première place des forces politiques françaises, en Belgique la cote de Marine Le Pen devrait également connaître une augmentation. La demande pro-mariniste existe aussi dans notre pays, mais l'offre représentative n'existe plus.

Une seule évidence dès lors sur ce constat : en perspective des élections régionales, législatives et européennes du 25 mai prochain, ils seront nombreux à se disputer d'abord le leadership de l'« héritage lepénien », pour récupérer ensuite ses électeurs orphelins. La concurrence sera des plus rudes entre les micro-partis issus du « frontisme national » (NWA, DN, Nation, Parti Plus...) , le Parti populaire de Michaël Modrikamen et les diverses scissions de ce dernier (les partis ultralibéraux La Droite et Valeurs libérales citoyennes), ainsi que les politiciens populistes membres de partis traditionnels Une évolution politique particulièrement à risque à suivre sur RésistanceS.be.

Manuel ABRAMOWICZ
Rédaction RésistanceS.be

Le « canal historique » poursuivra le combat sous le nom de FN-belge

Après l'annonce de la dernière victoire judiciaire de Marine Le Pen obtenue en Belgique contre ses ex-amis politiques, le Front national belge (FN-belge) a réagi, ce 17 octobre, par un communiqué de presse dans lequel il souhaite apporté des précisions.

Prolongement légal du FN belge fondé en 1985 par Daniel Féret, ce FN avance publiquement de graves accusations contre Ghislain Dubois, l'avocat belge de la présidente du parti d'extrême droite français. Membre de la direction du FN belge, n'obtenant pas la tête de la liste dans l'arrondissement de Liège pour les élections législatives de 2010, maitre Dubois en défendant les intérêts en Belgique de Marine Le Pen se vengerait de ses anciens colistiers politiques. Avec l'objectif à terme de prendre le contrôle d'un nouveau Front national avec le soutien direct de Le Pen. Extraits du communiqué de presse du FN-belge.

« (Maitre Dubois) ment quand il fait croire aux journalistes que le Front national belge est interdit ce qui est complètement faux, l'interdiction est faite à Daniel Féret, Salvatore Nicotra et Charles Petitjean et les décisions de justice disent que les marques : FN, Front National-Nationaal Front et une flamme noir et rouge dans un cercle jaune avec la mention FN sont la propriété exclusive du FN français. 

Il ment et manipule la Ministre de l'Intérieur en lui laissant croire qu'il y a une interdiction totale alors qu'elle ne concerne que trois personnes.  Il ment encore quand il lui écrit que notre parti n'existe plus et qu'il ne faut donc plus nous payer le financement public qui nous est pourtant du.   Cela va d'ailleurs faire l'objet de deux nouvelles plaintes auprès du Bâtonnier de Liège, pour rappel déjà six plaintes disciplinaires et une plainte pénale sont en cours contre l'énergumène.  

Madame Milquet, avocate de métier, devrait quant à elle apprendre à lire une décision de justice avant de donner l'instruction aux présidents de bureaux de ne pas accepter nos listes lors des dernière élections communales. Heureusement, certains d'entre eux, intègres, ont estimé que FN et FN-belge ne prêtaient pas à confusion et ont accepté nos listes (NDLR : aux dernières élections de 2012), notamment à Charleroi où nous avons deux élus.

Ce que Maître Dubois oublie de dire lors de ses plaidoiries et à la presse, c'est que nous disposons de nos propres marques : FN-belge, Front national belge, une flamme tricolore belge et encore d'autres dont nous lui réservons la surprise (...).

L'asbl Front national belge compte (...) faire tierce opposition à tous les jugements, arrêts et ordonnances qui prononcent l'interdiction des marques qui lui appartiennent et pour lesquels elle n'était pas à la cause. Elle ne pouvait donc pas défendre ce qui lui appartient de plein droit et nous estimons que de prononcer l'interdiction d'utiliser une de nos marques à une tierce personne c'est restreindre le droit de l'asbl d'en disposer comme bon lui semble.

Maître Dubois a encore du pain sur la planche pour arriver à ses fins et la Marine (NDLR : Le Pen) n'a pas fini de payer des honoraires colossaux à ce menteur que le Bâtonnier ferait bien de sanctionner.

Quoi qu'il en soit, le FN belge est loin d'être mort et des listes seront déposées dans toute la Wallonie et à Bruxelles lors des prochaines élections législatives et régionales de mai 2014. Nous somme déjà en campagne, nous récoltons nos signatures d'électeurs, 10.000 autocollants ont été imprimés et distribués et plusieurs petits mouvements populistes, de droite radicale ou d'extrême droite sont sur le point de nous rallier. »

Dont acte.







Aux dernières élections communales, en octobre 2012, le FN belge conduit par le conseiller communal Salvatore Nicotra s'était notamment présenté sous le nom de LEPEN  (Ligue européenne, patriotique, égalitaire et nationaliste). Ce micro-parti d'extrême droite refuse la mainmise de Marine Le Pen sur le frontisme national en Belgique. Il informe qu'il poursuivra son combat politique sous son nom actuel - Doc. Archives RésistanceS.

 

 

 

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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 17 octobre 2013.

 




La couverture de janvier 2011 de Causeur, un mensuel « politiquement incorrect » français.

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