L'extrême
droite condamnée !
Arrestation du frontiste Tonnelier
Depuis plusieurs mois, il avait entamé une campagne
en vue de se faire blanchir en revendiquant le «droit à
l'oubli». Manque de pot : Georges-Pierre Tonnelier, militant
et dirigeant de l'extrême droite belge francophone depuis les
années 1990 vient de se faire sévèrement condamner
pour racisme et calomnie. Il a même été arrêté
et aurait été expertisé par un psychiatre à
la demande de la justice. Ce lundi, il devrait en outre être
exclu du Front national.

Georges-Pierre Tonnelier, responsable FN, a
été ces derniers jours au cœur de l'actualité...
politico-judiciaire, comme en témoignent plusieurs articles
de presse – Document : RésistanceS – Observatoire
belge de l'extrême droite.
Poursuivi devant la justice pour racisme contre un étudiant
d'origine juive et calomnie à l'égard d'un commissaire
de la police judiciaire, Georges-Pierre Tonnelier a été
condamné à 18 mois de prison ferme, ce jeudi 26 juin,
par le tribunal correction de Bruxelles, et ce lors d'un énième
procès le mettant en cause. La peine est très sévère.
Mais juste, si l’on considère les faits qui étaient
reprochés à ce responsable du Front national de Delacroix-Sessler,
ainsi que son pedigrée.
Actuellement toujours étudiant
en droit à l'Université catholique de Louvain-La-Neuve
(UCL), ce personnage est bien connu du microcosme d'extrême
droite. C'est en effet au milieu des années 1990 que Georges-Pierre
Tonnelier débute sa «carrière politique»
au Front national belge (FN) de Daniel Féret, puis au Front
nouveau de Belgique (FNB), une des nombreuses dissidences frontistes.
Tonnelier y sera à chaque fois l’un des proches de la
direction. Il fut même attaché parlementaire de Marguerite
Bastien, l'ex-présidente-fondatrice du FNB (aujourd'hui fusionné
au nouveau FN), et de Michel Delacroix, sénateur frontiste
et actuel président ff du FN rénové et expurgé
de Daniel Féret. Georges-Pierre Tonnelier a aussi collaboré
aux éditions Mengal, spécialiste en ouvrages favorables
au racisme et au négationnisme (un procès contre Tonnelier
et celles-ci devrait s'ouvrir en automne prochain). Il y a plusieurs
années, il fut aussi proche du mouvement Bruxelles-Identité-Sécurité
où militait aussi Hervé Van Laethem, le président
de l'asbl Mouvement Nation.
En septembre dernier, Georges-Pierre
Tonnelier participait, avec le clan des «réformateurs»
(un courant interne frontiste), à l'éviction réussie
de Daniel Féret du Front national, jusqu'alors «président-à-vie»
de ce parti néofasciste. Depuis lors, le jeune frontiste (30
ans) comptait parmi les responsables du « FN sans Féret
» en collectionnant les titres honorifiques : secrétaire
du bureau politique, webmaster de son site Internet, responsable de
l'une de ses sections communales bruxelloises et président
de son centre d'études. De plus, Tonnelier figurait sur la
liste des salariés du FN : il y travaillait officiellement
comme assistant parlementaire. En avril dernier, avec l'ensemble des
dirigeants du nouveau FN, il avait participé à la mise
sur pied d'un comité belge de soutien à Jean-Marie Le
Pen (au sujet de celui-ci )
Condamné pour racisme et antisémitisme
La longue liste des appartenances multiples de Tonnelier à
l'extrême droite est également assortie d'une série
impressionnante d'affaires judiciaires le concernant. Revêtant
régulièrement la casquette de plaignant (contre un commissaire
de police, le patron des éditions Mengal, ses voisins et...
RésistanceS pour méchanceté !), le frontiste
est aussi régulièrement poursuivi devant les tribunaux,
pour racisme et d'autres délits. En avril 2006, il avait été
condamné avec son président de l'époque, Daniel
Féret, dans le cadre d'un procès entamé par le
Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre
le racisme, le service public fédéral en charge de l'application
des lois anti-discriminations. Un autre procès s'ouvrira en
automne prochain contre Tonnelier, toujours pour infraction à
la législation antiraciste.
Le 26 juin dernier, c'est pour incitation
à la haine raciale que ce responsable du FN s'est fait condamner
à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de
Bruxelles. Son délit ? Avoir tenu des propos antisémites,
en février 2003, contre un étudiant qui fréquentait
la même haute école que lui. Au cours de cette audience,
le tribunal a encore infligé à Tonnelier 12 mois de
prison ferme pour dénonciations calomnieuses publiées
sur Internet à l'encontre d'un commissaire de la police judiciaire,
en juin 2003.
Absent durant les débats de ce
procès, Tonnelier pourrait faire opposition de ce jugement
et demander d'être rejugé. Il semble bien que la stratégie
du prévenu ait précisément été
de ne pas se présenter à son procès, afin de
pouvoir demander ensuite son annulation et un nouveau procès,
ce qui lui permettrait de gagner du temps et d’être condamné
le plus tard possible. Effectivement, Tonnelier aimerait sans doute
d'abord terminer ses études de droits à l'Université
catholique de Louvain-la-Neuve...
Dans le cadre de sa formation universitaire,
une chose est sûre : sa fréquentation des tribunaux est
une bonne école pour l'intéressé ; mais elle
pourrait également lui coûter cher quant à son
possible avenir de juriste.
A la surprise générale
(dont celle du principal intéressé), Georges-Pierre
Tonnelier a été arrêté, menotté
et amené par la police pour interrogatoire le 26 juin dernier,
après la lecture de sa nouvelle condamnation, et ce à
la demande du substitut du procureur du roi . Son arrestation fut
mouvementée (voir ci-dessous notre encadré : «Vous
allez lâcher mon gamin ! »).
La raison de celle-ci trouve son origine
dans la destruction par Tonnelier d'un autre dossier judiciaire le
concernant. Le 19 juin de cette année, selon des employés
du greffe du Palais de Justice de Bruxelles, il s'est présenté
chez eux pour consulter le dossier judiciaire le concernant dans un
autre procès relatif, une fois encore, à de l'incitation
à la haine raciale. «Il a demandé à
pouvoir disposer d'une copie de ce dossier mais les employés
du greffe lui ont expliqué qu'il fallait un délai de
plusieurs jours. Le militant d'extrême droite aurait alors perdu
son self-control, insulté ses interlocuteurs et déchiré
le dossier», selon le correspondant bruxellois de l'agence
Belga au Palais de Justice. Ces faits sont graves, surtout pour un
étudiant en droit et éventuel futur juriste, voire avocat.
Il semble donc évident que cet épisode devrait peser
lourd dans l'avenir professionnel de Tonnelier.
Arrestation
mouvementée de Tonnelier
« Vous allez lâcher mon gamin ! »

Extrait de l'article du site «
7sur7 » consacré à l'arrestation inédite
du frontiste Georges-Pierre Tonnelier – Document : 7sur7.
Surprise ce jeudi 26 juin pour le public présent au verdict
du procès de Tonnelier, pour ses parents et en particulier
pour lui-même : à la fin de la lecture du jugement
qui le condamnait à 18 mois de prison, l'arrestation
immédiate du prévenu fut demandée par le
substitut du procureur du roi. Deux policiers se dirigèrent
vers lui pour lui mettre les menottes, mais Georges-Pierre Tonnelier
tenta d'empêcher son interpellation. Il hurla «Au
secours... Au secours!..» et repoussa violemment le bureau
de l'huissier, tentant même de le renverser, selon la
dépêche de l'agence de presse Belga à ce
sujet.
Le responsable
du Front national se laissa ensuite tomber par terre pour éviter
d'être emmené par les forces de l'ordre.Ces
dernières parvinrent finalement à lui mettre le
grappin dessus manu militari, et à l'évacuer de
la 61e chambre où s'était déroulé
son procès. Pendant ce temps, d'autres policiers devaient
repousser les parents du condamné «qui criaient
également et tentaient de se battre », d'après
Belga. Dans son compte-rendu de ce procès haut en couleur,
le correspondant de l'agence de presse au Palais de justice
notait à ce sujet :
«La mère
du prévenu avait commencé à tordre le bras
d'un policier en hurlant: ''Vous allez lâcher mon gamin
!''. Le père du prévenu tentait d'empêcher
les agents d'emmener son fils mais l'un de ceux-ci lui a indiqué
sèchement qu'il allait le menotter également».
C'est pour finir
Marc-Léon Levaux, l'avocat de leur fiston, qui réussira
à les calmer en leur promettant qu'il allait probablement
être laissé en liberté quelques heures plus
tard.
Comme Georges-Pierre
Tonnelier et son avocat (voir à son sujet notre encadré
en fin d'article), Marie-Claire Suigne, la mère du premier,
provient elle aussi des rangs de l'extrême droite. Aux
élections législatives de 2003, elle figurait
en cinquième position sur la liste déposée
dans la Circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde
(BHV) par le Front national de Daniel Féret (*). Le Front
national chez les Tonnelier ? Une affaire de famille...
A.V
(*) Source : les
résultats électoraux des élections législatives
de 2003 mis en ligne sur « Belgium.be », le portail
officiel de l'Etat fédéral. |
Expertise psychiatrique et exclu du FN ?
Selon des informations publiées dans le quotidien
La Dernière Heure (DH), au sujet des suites de la condamnation
de Tonnelier, «le parquet de Bruxelles, qui s'inquiète
de sa santé mentale, (voulait) préalablement (à
sa libération suite à son arrestation de ce 26 juin)
le faire examiner par un expert psychiatre» (1). Depuis
lors, aucune nouvelle information sur cette expertise bien particulière
n'a été diffusée par la DH. Nous avons donc tenté
de contacter directement ce dimanche 29 juin, sans succès,
l'intéressé lui même pour avoir sa version des
faits.
Pour sa part, soucieux de ne pas être
associé aux délits de Georges-Pierre Tonnelier qui lui
valent une nouvelle condamnation, son parti (et employeur), le Front
national, s'est fendu d'un communiqué de presse affirmant notamment :
«Suite à l’arrestation
de Monsieur Georges-Pierre Tonnelier, le Bureau Politique du Front
National précise que l’intéressé n’occupe
plus aucune fonction en son sein depuis février 2008. Monsieur
Tonnelier terminait ses obligations contractuelles comme collaborateur
parlementaire au moment de son arrestation. Le Bureau Politique
du FN condamne son comportement sans la moindre ambiguïté.
Une procédure d’exclusion à son encontre sera
initiée lors du bureau Politique de ce lundi 30 juin».
Le FN aura donc rapidement fait le ménage,
dans le but d’apparaître comme un parti respectable. N'empêche
: la condamnation et l'arrestation de Georges-PierreTonnelier confirment
que l'extrême droite est bel et bien délictueuse et que
son éradication est plus que nécessaire. La nature endogène
fasciste, raciste et antisémite des partis et mouvements d'extrême
droite vient d'être confirmée une fois de plus avec la
condamnation de Tonnelier. Et pourtant, celui-ci prétendait
partout qu'il n'était ni fasciste ni raciste. Il revendiquait
aussi le «droit à l'oubli» de son «passé»
d'extrême droite. Une tentative désormais sérieusement
compromise...
Alexandre Vick
(1) source : « Leader d'extrême
droite arrêté», article de Gilbert Dupont,
La Dernière Heure du 27 juin 2008, p. 13.
Portrait
Son avocat, un ancien secrétaire politique du
FN
Georges-Pierre Tonnelier est un habitué des tribunaux.
Il a déjà comparu de nombreuses fois devant la
Justice de notre pays et devrait encore être cité
dans d'autres dossiers judiciaires, comme plaignant ou comme
prévenu. L'avocat qui a plaidé dans l'affaire
qui vient de le voir condamner ce 26 juin pour racisme et calomnie
est Marc-Léon Levaux.
Ce dernier vient
du même milieu politique que Tonnelier. Dans les années
1990, il était actif au sein de l'extrême droite
liégeoise, alors dominée par le parti AGIR, issu
d'une dissidence du Parti des forces nouvelles (un groupuscule
néonazi et négationniste). Comme Georges-Pierre
Tonnelier, il va ensuite rejoindre le Front nouveau de Belgique
(FNB), puis le Front national (FN) de Daniel Féret. Par
la suite, Marc-Léon Levaux se rapprochera d'Hubert Defourny,
un ancien gendarme, grand amateur d'armes, dirigeant de la tendance
radicale-identitaire d'AGIR et «Fondateur»
du mouvement REF. Marc-Léon Levaux est notamment l'auteur
de REF : L'espoir wallon – Histoire du Mouvement (1995-1998),
un petit livre amateur de propagande à la gloire de ce
groupuscule qui tenta d'imiter Rex, le parti politique de sinistre
mémoire de Léon Degrelle.
Au sujet du parcours
politique de l'avocat de Tonnelier, la quatrième de couverture
de son pamphlet partisan du mouvement REF mentionnait :
« Né
en 1967 à Verviers, dont il est le plus jeune conseiller
communal et conseiller du centre public d'aide sociale, Marc
LEVAUX (en majuscule dans le texte d'origine), titulaire d'un
diplôme de Droit de l'Université de Louvain,
connaît bien la droite populaire pour avoir été
l'un des premiers collaborateurs du député ''Front
nouveau de Belgique'' Marguerite BASTIEN avant de devenir
secrétaire politique du ''Front National'' belge du
Dr. FERET. Très déçu des deux ''fronts
nationaux'' de Belgique, il siège aujourd'hui comme
indépendant ».
Concernant le mouvement
REF, Marc-Léon Levaux mentionnait en conclusion de son
livre confidentiel, avant de se référer directement
à l'ancien général SS wallon Léon
Degrelle :
«Aujourd'hui,
les aspirations politico-idéologiques de REF désignent
le mouvement comme l'alternative évidente aux deux
''FN'' belges perçus comme des imposteurs»
Ce petit livre
de Marc-Léon Levaux est fortement teinté de «prosélytisme»
(sic) en faveur du groupuscule néorexiste REF, aujourd'hui
totalement disparu de la circulation malgré son espoir,
et beaucoup de «complaisance pour son concepteur»,
l'ex-gendarme Hubert Defourny, également condamné
pour racisme (*). C'est cet auteur que Georges-Pierre Tonnelier
a choisi comme avocat. Par un nouvel effet du hasard ?
A.V

L'avocat de Georges-Pierre Tonnelier,
Marc-Léon Levaux, ex-secrétaire politique du Front
national de Daniel Féret, est l'auteur d'un pamphlet
à la gloire de REF, un groupuscule nostalgique du rexisme
et de son leader, l'ex-SS wallon Léon Degrelle –
Document : RésistanceS – Observatoire belge de
l'extrême droite.
(*) «REF
: L'espoir wallon – Histoire du Mouvement (1995-1998)
», de Marc(-Léon) Levaux, éditions Reflex,
Liège, 1998, petit livre de 47 pages, format A5. |
© RésistanceS – web-journal
de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be
– info@resistances.be – Article mis en ligne le dimanche
29 juin 2008 à 16 h 41.
|
Daniel Féret
et Marguerite Bastien à l'époque du Front national unifié.
Georges-Pierre Tonnelier fut l'un de leur collaborateur les plus proches
– Document : extrait d'un tract du FN en 1995.
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du Front national condamné pour racisme ?
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Le
point sur Georges-Pierre Tonnelier
Qui
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