INFO EXCLUSIVE de RésistanceS.be
Le web-journal belge d'investigation contre l'extrême droite
Les disciples de Léon Degrelle lui rendent hommage dans le Soir et l'Avenir
Il s'agit d'un des personnages les plus sulfureux de l'histoire politique du Royaume de Belgique. Dirigeant de Rex, Léon Degrelle est devenu « général » de la SS wallonne, puis l'icône des nationalistes européens ultras. Des néorexistes viennent de lui rendent un « salut militant » dans deux des principaux grands quotidiens de la presse belge francophone. Comme vous le révèle en exclusivité RésistanceS.be. Ce mardi, une messe en son honneur sera encore organisée par des intégristes catholiques. Vingt ans après sa mort, le « Beau Léon » n'a pas fini de faire parler de lui.

INFO EXCLUSIVE de RésistanceS.be :
Léon Degrelle, alias Jean Doutreligne, a été honoré ce 31 mars 2014, par ses disciples, dans les pages « Nécrologie » des quotidiens le SOIR et l'AVENIR, involontairement de leur volonté © Photo : MAZ / RésistanceS.be
Ce lundi 31 mars, il y a tout juste 20 ans que s'éteignait à Malaga à l'âge de 87 ans, dans son exil espagnol, le vieux chef de l'extrême droite belge des années trente. Fondateur charismatique et meneur autoritaire du front populaire Rex, une dissidence d'extrême droite du parti catholique de l'époque, Léon Degrelle conduira la « SS Wallonie », durant l'occupation allemande, sur le Front de l'est pour « combattre les bolchéviques ». Depuis la fin de la chute du Troisième Reich hitlérien, condamné à mort en Belgique et ayant trouvé refuge auprès de Franco, le dictateur ibérique, Léon Degrelle poursuivra, bec et ongles, son combat politique. En devenant notamment un héros exemplaire pour les nouvelles générations militantes des nationalistes européennes de tendance « NS » (national-socialiste). Des cadres des principales chapelles de l'extrême droite, y compris du Front national (français et belge) et du Vlaams Belang, se rendront en Espagne en pèlerinage chez « le Chef », qui se faisait aussi appeler « le général » par ses fans.
Après sa mort, en 1994, Degrelle est resté en une icône pour les soldats de l'Ordre Nouveau. Prenant quasi la stature d'un « Che Guevara d'extrême droite ».
Léon Degrelle, alias Jean Doutreligne
Pour honorer sa mémoire, à l'occasion de sa disparition de mort naturelle, le 31 mars 1994, des disciples belges de Léon Degrelle viennent de réussir un coup médiatique, sous la forme d'un clin d'oeil réservé aux initiés du « degrellisme ».
Dans les pages nécrologiques, des éditions de ce lundi, des quotidiens belges le SOIR et l'AVENIR, un avis est simultanément paru pour marquer de manière sibylline le vingtième anniversaire du décès de Léon Degrelle. Pour pouvoir le faire publier sans encombres, les auteurs de cette annonce anniversaire ont utilisé l'un des noms de plume de Léon Degrelle, plus passe-partout auprès des services non-journalistiques de ces deux journaux. Le texte publié dans le SOIR et l'AVENIR est :
« 31 mars 2014 : Vingtième anniversaire de la disparition de l'écrivain et poète JEAN DOUTRELIGNE 1906-1994.
Auteur de ''Prière à Notre-Dame de la Sagesse'', ''Révolution des âmes'', ''La Chanson ardennaise'', ''La Grande Bagarre''...
Sa famille, ses amis, ses disciples ne l'oublient pas. »
La référence aux titres honorifiques de ce « Jean Doutreligne » aurait tout de même dû inciter les responsables des pages nécrologiques de ces quotidiens de faire une recherche Internet pour en savoir un peu plus sur lui. Cette recherche - de moins d'une minute - les aurait directement conduit sur la véritable identité de cet écrivain et poète inconnu. Via un moteur de recherche célèbre, le premier référencement est celui du site de livres d'occasion « Livre-rare-book.com » qui mentionne directement que l'auteur Jean Doutreligne est le pseudonyme de Léon Degrelle.
Génération Degrelle
Les auteurs de ce coup de maitre médiatique - visant à briser le cordon sanitaire historique contre l'ancien chef de l'extrême droite belge des années 1930 et provoquer l'« establishment » belgicain ayant fait de Degrelle un paria - font partie du dernier carré regroupant ses disciples, toujours actifs de nos jours en Belgique.
Il y a plusieurs années, cette mouvance idéologique confidentielle aida un jeune historien français passionné, comme eux, par Léon Degrelle. En 2009, ce chercheur en histoire avait réussi à berner la télévision publique belge francophone (RTBF), lorsqu'il fut engagé pour son compte pour la réalisation d'un documentaire sur Léon Degrelle En réalité, cet individu était lui même un fan du « Beau Léon », depuis ses années étudiantes passées dans les rangs du Groupe Union Défense (GUD), un groupuscule néofasciste faisant partie de la « génération Degrelle » et dirigé alors par un des actuels proches de Marine Le Pen. Dont le père en personne, Jean-Marie Le Pen, s'inspira du marketing politique du leader d'extrême droite belge des années trente.
Le subterfuge néorexiste de ce 31 mars dans les pages du SOIR et de l'AVENIR des disciples de Degrelle n'est pas le premier. En juillet 2003, lors du décès de Jean-Robert Debbaudt, l'un des ex-bras droit de Léon Degrelle et responsable après la guerre des principales tentatives de recréation d'un mouvement rexiste dans notre pays, un avis nécrologique avait déjà été publié en son honneur dans les colonnes du SOIR, mais aussi dans celles de la CAPITALE et de la LIBRE BELGIQUE.
Manuel Abramowicz
VINGT ANS APRES SA MORT
L'extrême droite radicale rend toujours hommage au nazi belge

Mars 2014 : messe et livre en mémoire du « combattant nationaliste » Léon Degrelle – Doc. RésistanceS.be
La publication d'une annonce à l'occasion du vingtième anniversaire du décès de Léon Degrelle dans le SOIR et l'AVENIR, ce lundi 31 mars, n'est qu'un des événements organisés en son honneur par certains de ses disciples (comme l'a expliqué l'article ci-dessus). D'autres partisans du « Beau Léon » ont également prévu, en France, de marquer cette date à leur façon.
Un livre hagiographique, portant comme titre « Léon Degrelle : 20 ans déjà », pour célébrer son souvenir vient ainsi de paraître. Publié sous l'égide de la publication « Synthèse nationale », liée au mouvement Nouvelle Droite Populaire (NDP), dans ses « Cahiers d'histoire du nationalisme », il a été réalisé par le Cercle des Amis de Léon Degrelle, agissant dans l'ombre de l'OEuvre française (OF), un mouvement nationaliste néopétainiste qui se revendiquait dès les années 1990 comme appartenir à la « génération Degrelle ». L'OF a récemment été dissoute en France.
Gratin de l'extrême droite
Cet ouvrage à la gloire du dirigeant de Rex rassemble des textes écrits sur lui par des personnalités bien connues de l'extrême droite, comme Pierre Vial, le leader de l'association racialiste « Terre et Peuple », Alexandre Gabriac, ex-Front national et leader des Jeunesses nationalistes, Camille Galic, l'ancienne directrice du journal « Rivarol », Alberto Torresano, un des dirigeants des Phalangistes espagnols , Yvan Benedetti, leader de l'ex-OEuvre française, Pierre Gillieth, le responsable de la revue racialiste « Réfléchir & Agir » ou encore Fernand Kaisergruber, un ancien de la SS wallonne et responsable du « Dernier Carré », une amicale confidentielle d'anciens combattants belges partis avec les nazis sur le Front de l'est.
Dans ce livre à la gloire de l'ex-SS wallon, des photographies et des dessins ont aussi été publiés, de Korbo notamment, une signature se trouvant dans de la propagande du Vlaams Belang.
Messe chez les intégristes
Ce mardi, à Paris, sur l'heure du midi, en l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, une messe sera célébrée « à la mémoire du combattant nationaliste Léon Degrelle ». Cette église est le fief parisien des intégristes catholiques de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X qui regroupe aussi des disciples de l'ex-Chef de Rex et d'autres figures de proue de l'extrême droite historique.
L'un de ses abbés figurait parmi les religieux à la tête des manifestations contre la loi pour le mariage pour tous, organisées l'année dernière par Civitas, l'institut politico-religieux agissant pour le compte de la fraternité lefebvriste. Dans ses sermons et les éditoriaux signés pour le bulletin de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, ce religieux s'inspire officiellement de Léon Degrelle, comme RésistanceS.be l'avait déjà révélé en septembre 2009.
M.AZ |
© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 31 mars 2014.
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Ce 31 mars et ce 1er avril 2014, à l'extrême droite, la « génération Degrelle » célèbre le vingtième anniversaire de la mort de son « Chef ». Au programme : avis nécrologique dans les quotidiens le SOIR et l'AVENIR, livre hagiographique et messe intégriste (voir plus bas) – Doc. RésistanceS.be
LEON DEGRELLE
REXISME
& NEOREXISTES
A lire sur RésistanceS.be :
Sur les traces de Léon Degrelle
Les fidèles adeptes du «degrellisme» de 1945 à nos jours
Léon Degrelle à la Une
Itinéraire d'un chef nazi wallon
Film et débat sur Degrelle à la RTBF
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Enquête sur la NS Wallonie
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Jean Vermeire (1918-2009)
Le dernier chef du rexisme est décédé
L'ex-bras droite de Degrelle est mort
Portrait de Jean-Robert Debbaudt et des autres néorexistes
www.resistances.be/debbaudt.html
Le discours nazi analysé
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Chefs des nazis flamands et des SS wallons
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