| « Le Soir » du 30 juin 2001
« Remplacer l'ordre démocratique » Le jugement du tribunal correctionnel a surpris nombre d'observateurs politiques. En voici quelques extraits traduits du néerlandais. « A aucun moment, les partis citants ne mentionnent des faits précis de discrimination qui auraient été commis par un responsable ou par un membre du parti politique Vlaams Blok voire au nom de celui-ci, ni un appel incitant à des actes concrets. (...) Une distinction entre Belges et non-Belges est autorisée tant que cette distinction ne débouche pas sur une discrimination interdite. (...) Tels qu'ils ont été décrits et qualifiés dans la citation, les faits constituent, s'ils sont démontrés, un appel à la désobéissance de la loi belge qui interdit les discriminations. L'appel à la désobéissance s'exprime encore plus clairement lorsque le parti Vlaams Blok, dans les publications citées ci-dessus, envisage, en des termes manichéens qui ont l'avantage de la clarté, la suppression de l'Etat belge avec en grisaille la disparition de la Maison royale et la création d'une (république de) Flandre indépendante, bien que ce ne soit pas l'objet de la citation directe. Il ne fait pas de doute que le Vlaams Blok a l'intention de remplacer un ordre démocratique existant par un autre ordre dont on déciderait démocratiquement. (...) Les propositions concernant la politique des étrangers, telles qu'elles avaient été reprises dans le dernier programme électoral, avaient, par leur argumentation qui peut être considérée comme démagogique et poujadiste, pour objectif direct de faire gagner des voix pour le parti et elles y ont abouti précisément lors des dernières élections. (...) Il est indéniable que les options concernant la politique des étrangers prises jusqu'à présent et qui ont encore été renforcées créeront en quelques décennies, de manière irréversible pour les générations futures, une autre société dont les habitants d'un même pays ne partageront plus les valeurs et où il s'avérera difficile de trouver un consensus social. Lors des audiences, il a été précisé que lors des dernières élections, 600.000 Belges ont choisi le parti Vlaams Blok. (S'agit-il de) 600.000 complices qui accordent un soutien indispensable au délit parce que sans électeurs, il n'y a pas de parti, ou simplement 600.000 Belges qui expriment leur souci face à l'évolution actuelle et aux problèmes futurs de notre société ? Des gens qui craignent que le rêve ou l'utopie d'une communauté idéale où toutes les races, cultures, langues et religions vivent en paix et érigent ensemble un avenir meilleur ne dégénère en un cauchemar avec des conflits culturels, sociaux et religieux insolubles parce que l'union des différences et des incompréhensions engendre la haine. (...) Des gens qui incarnent cette peur par leur soutien personnel à ce parti et qui cherchent l'asile au Vlaams Blok parce qu'ils estiment ne pas être suffisamment écoutés par les autres partis démocratiques. Les condamner n'aurait d'autre résultat que de les renforcer dans leur croyance ».
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![]() La justice belge au service du Vlaams Blok ?
La justice préfère éluder le Blok (article de Bénédicte Vaes, in « Le Soir » du 30 juin 2001) Réactions : « Ni vainqueur, ni vaincu » Le jugement dans le texte (extraits). Le Vlaams Blok acquitté? Analyse d'un jugement très politique (par Benjamin Cadranel, janvier 2003) Pas d'innocence pour le Vlaams Blok ! (Suite au nouvel arrêt, 26 février 2003) Communiqué de presse du MRAX |