Extrême droite francophone : rien n'a changé
Nation cultive son rexisme
Malgré sa discipline interne, certains activistes du mouvement Nation ne savent pas cacher leur nostalgie d’un passé historique bien particulier . Comme le révèle un « petit détail » observé par RésistanceS.be lors du dernier congrès de ce mouvement d'extrême droite belge francophone.

Aux dernières élections communales, en octobre dernier, le mouvement Nation s'est présenté dans quatre communes. En tentant notamment de récupérer, sans succès, l'électorat « belgicain » du Front national belge © Photo : RésistanceS.be
Sur son site Internet, le mouvement d’extrême droite Nation présentait, il y a quelques jours, un bilan des plus satisfaisants de son dernier congrès. Le huitième depuis sa création en 1999 par des dissidents du Front nouveau de Belgique, du Front national belge et les derniers militants du groupe néonazi l'Assaut. Une fois de plus, une occasion pour se présenter comme étant l’unique représentant digne de ce nom de l’extrême droite encore capable d’agir, après l’implosion de la « droite nationale » (illustrée par les guerres internes entre les divers clans issus du Front national).
Dans le texte présentant les résultats de ce congrès (1), le mouvement Nation affirme qu’il ne se revendiquera plus du « nationalisme », mais comme étant un « mouvement identitaire » de type « solidariste ». Mais dans la plus pure tradition de sa famille idéologique d’origine, il précise être toujours « attaché au droit du sol et du sang ».
Discipline : éviter le folklore
Afin d’éviter les amalgames avec tout élément pouvant le diaboliser politiquement (par exemple en l’associant à une filiation néonazie ou néofasciste), Nation attache beaucoup de soin à se présenter correctement.
Les slogans, les sigles, les formules d'autrefois sont désormais bannis ou, en tous les cas, rangés au placard. Ses militants doivent ainsi suivre des directives précises lorsqu’ils se mobilisent pour le mouvement à l’occasion de ses manifestations publiques, de ses actions de propagande et de ses réunions. Récemment, dans un document à destination de ses activistes, le mouvement Nation précisait :
« Discipline : Il faut que l’image de sérieux que NATION possède, à juste titre, s’illustre une fois de plus par une tenue et une discipline irréprochable » (sic) (2).
Parce que, précisait encore le document :
« Venir manifester avec NATION, ce n’est pas participer à un défilé de mode ».
Et pour être bien compris de ses affiliés, il y était noté avec insistance :
« Pour ceux qui ne seraient pas encore habitués aux activités militantes au sein de NATION, voici quelques conseils pour éviter tous malentendus (sic) :
- évitez le port de marques ‘’polémiques’’ : si vous avez t-shirts ou sweet-shirts NATION, mettez les !
- évitez les tenues de type militaria : ce n’est ni le lieu ni le moment
- évitez les tenues ou insignes inutilement provocateurs
- pour certains, le port de la casquette serait un « must »
- évitez les tenues sombres de la tête au pied, on ne va pas à un enterrement
Radicaux oui ! Folkloriques non ! » (3).
Mais Rex, toujours présent
En vertu de ces vœux pieux, qu’avons-nous pu constater au dernier congrès de Nation ?
Malgré la volonté obsessionnelle de faire disparaitre (publiquement) tous signes extérieurs d’appartenance à des idéologies révolues, le naturel y est revenu au galop. En effet, les membres de Jeune Nation, structure « jeune » du mouvement, portaient quasi tous des « tenues sombres de la tête au pied », avec l’attirail habituel des boneheads, les skins d’extrême droite l
Concernant les « tenues de type militaria », théoriquement proscrites, un membre (plus âgé) du mouvement n’a pas suivi à la lettre les règles puisqu’il s’est présenté au congrès en pantalon, pull et casquette militaires. Bien visible au premier rang, cet activiste révéla surtout une référence idéologique des plus intéressantes. A l’agrandissement d’une photo de lui postée sur le site de Nation, apparait sur sa casquette l'insigne de la « Légion wallonne » de Léon Degrelle partie combattre le bolchévisme sur le Front de l'Est sous l'uniforme de l'Allemagne nazie 
Ce petit « détail », certes anecdotique, confirme néanmoins que la Deuxième Guerre mondiale reste une référence pour des membres de Nation. Son dirigeant-fondateur était déjà connu pour avoir personnellement côtoyé, à l’époque où il dirigeait le groupe néonazi l’Assaut , Léon Degrelle. L’un des chefs d’une section communale de Nation fut encore feu Jean-Robert Debbaudt, le principal responsable des tentatives néorexistes dans notre pays des années 1950 aux années 1970 . Pour sa part, l'actuel porte-parole de Nation provient d’un groupuscule des années 1980 directement issu du « Front nationaliste populaire », qu’avait animé alors Debbaudt une décennie plutôt.
De sa création à son dernier congrès, Rex, Léon Degrelle, le rexisme et les combattants wallons du Front de l'Est restent donc à n’en pas douter des valeurs sûres dans les rangs des « identitaires solidaristes » de Nation. Ceci malgré l'imposition d'un politiquement correct interne devant être théoriquement suivi comme une discipline.
(A.S)

Photo extraite du site de Nation prise lors de son dernier congrès, en novembre de cette année (à gauche). Agrandissement et rajout : RésistanceS.be. Opération permettant d'observer l'insigne de la Légion wallonne sur la casquette d'un activiste du mouvement Nation qui refuse pourtant toute référence folklorique... A droite, le même insigne sur la casquette SS de Léon Degrelle. En bas de celle-ci, extrait d'un des numéros de 1973 de L'Europe réelle, journal néorexiste et néonazi édité alors par Jean-Robert Debbaudt, qui deviendra dans les années 2000 chef de section du mouvement Nation – DOC. : RésistanceS.be
POUR AGRANDIR ce document : 
Notes :
- Document « Résultats du VIIIe congrès ! », rassemblant les textes des motions votées lors du 8e congrès du mouvement Nation, 15 décembre 2012, publié sur le site de Nation (www.nation.be/web/viiie-congres/).
- Extrait de la directive interne à destination des membres du mouvement Nation publiée dans la notice « Manifestation du 4 novembre : pourquoi et comment ? », mise en ligne le 29 octobre 2012 sur le blog des activités de Nation (réf. URL : http://activitesnation.wordpress.com/2012/10/29/manifestation-du-4-novembre-pourquoi-et-comment/)
- Idem.
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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 28 décembre 2012. |

L'ancien nazi belge Léon Degrelle, son mouvement Rex et sa Division SS « Wallonie » restent toujours en 2012 une référence pour des activistes d'extrême droite...
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