RésistanceS.be 16-09-2010

Extrême droite flamande et réhabilitation du nazisme


L'idéologue historique du Vlaams Belang condamné pour négationnisme


L'état-major du VB encaisse un rude coup : son vice-président-fondateur vient d'être condamné en dernière instance pour avoir minimisé les crimes contre l'Humanité perpétrés par les nazis. Un tel verdict établit que le négationnisme n'a rien perdu de sa faveur au sein de l'extrême droite flamande. En dépit des opérations politiquement correctes menées par les intéressés.

 


Mai 1990, Bruxelles : Roeland Raes (à gauche), entouré de deux autres dirigeants du VB, à l'occasion d'une manifestation du nationalisme flamand © Photo : Manuel Abramowicz


Ce mercredi 15 septembre, Roeland Raes, figure historique du Vlaams Belang (VB), a été condamné pour négationnisme par la cour d'appel de Bruxelles. Le jugement met fin à une interminable procédure judiciaire ouverte en 2001. Les magistrats ont estimé que le délai raisonnable imparti pour examiner le dossier était écoulé ; c'est pourquoi la cour d'appel a rendu une simple déclaration de culpabilité à son encontre. Le dirigeant d'extrême droite flamand n'en devra pas moins indemniser, à hauteur de 1.800 euros, les deux parties civiles de ce dossier : le Forum des organisations juives flamandes et le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme. En première instance, le tribunal correctionnel de Bruxelles l'avait condamné à quatre mois de prison avec sursis
.

C'est au 26 février 2001 que remontent les faits qui valent à ce dirigeant du Vlaams Belang sa condamnation. Interrogé par la NCRV, une chaîne de télévision néerlandaise, Roeland Raes avait nettement relativisé le génocide des Juifs perpétré par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il avait profité de l'entretien pour contester l'authenticité du «Journal d'Anne Frank». Le scandale provoqué par ces propos négationnistes l'avait contraint à quitter la direction du parti flamand d'extrême droite. M. Raes avait aussi abandonné son mandat de sénateur ainsi que son siège au conseil d'administration de l'Université de Gand, où il représentait le VB. Il n'en est pas moins resté influent au sein de la direction du Vlaams Belang, avec cette nuance que la présidence lui impose désormais la plus grande discrétion : mieux vaut éviter que les regards ne se tournent à nouveau vers le Vlaams Belang et ne voient en lui un bastion de négateurs et de nostalgiques de l'Ordre nouveau.

Négationnistes refoulés et honteux
Pour le Vlaams Belang, la condamnation de Raes sonne comme un mauvais coup ; elle en est un aussi pour l'ensemble du mouvement nationaliste flamand. L'homme était à l'oeuvre depuis les années soixante dans les organisations et les mouvements indépendantistes du nord du pays (lire, sur RésistanceS.be, Roeland Raes, un idéologue de la «Race» ). Passé par les rangs de l'ex-Volksunie, le grand parti unitaire qui fit historiquement vivre le nationalisme flamand, Roeland Raes a milité dans quantité de groupements, de structures et de rédactions de publications rattachées à la droite radicale : Were Di, Voorpost, le Vlaamse volkspartij, les amicales d'anciens combattants flamands de la SS, de leurs familles et amis, «De Schakel» (la feuille des exilés politiques flamands d'Argentine, née après la libération de l'Europe du nazisme) ou «Haro» (une publication néonazie)...

Aujourd'hui encore, celui que la justice vient de reconnaître coupable de négationnisme se trouve à la tête du groupe Voorpost. Fondé dans les années septante, ce groupe d'action nationaliste diffusait encore, il y a peu, des livres et d'autres publications signés par des auteurs négationnistes. De nos jours, Voorpost demeure le point de ralliement des militants les plus radicaux du nationalisme flamand ; c'est aussi à lui que le Vlaams Belang emprunte ses hommes de main et bon nombre de ses cadres.

Entre 1978 et la révélation de ses propos négationnistes, en 2001, Raes occupa la vice-présidence du Vlaams Blok – ce parti qui ne prit le nom de Vlaams Belang qu'en 2004. Le verdict rendu montre que le négationnisme n'a pas pour seuls porteurs des petites mains issues d'une droite nationaliste attachée au souvenir de l'Ordre nouveau. Il pourrait donc subsister bien des négationnistes dans l'état-major du Vlaams Belang. Des négationnistes refoulés, honteux – ravis d'échapper ainsi à Dame Justice et d'éviter de se voir nazifier sur le devant de la scène politique. L'opportunisme électoral dote ses adeptes de talents d'illusionniste peu ordinaires.

RésistanceS

 


Sur ce cliché d'une cérémonie organisée peu avant en l'honneur de Reimond Tollenaere, ancien collaborateur flamand pronazi, Roeland Raes apparaît comme un pur et dur du mouvement nationaliste flamand – Photo : aff.skynetblogs.be.


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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 16 septembre 2010.

 



Roeland Raes, co-auteur du manifeste idéologique du Vlaams Belang et désormais aussi délinquant négationniste...

 


Sur Roeland Raes et le négationnisme au Vlaams Blok/Belang, lire sur RésistanceS.be

• Un haut dirigeant du Vlaams Belang condamné pour négationnisme

• Roeland Raes, un idéologue de la «Race»

• L’université de Gand codirigée par le Vlaams Blok

• Were Di-Vlaams Blok, même combat !

• Le Blok est négationniste !


Sur le négationnisme, lire la rubrique de RésistanceS.be




Notre dernier article sur le Vlaams Belang

• L'ancien président du Vlaams Belang en correctionnel



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