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Immigration : Blok et Front, les différences, les similitudes…

Etude du Vlaams Blok et du Front National en Belgique : en quoi leurs programmes relatifs à l’immigration se rapprochent-ils et se distancient-ils ?

Par Michèle Brunin

 

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Rencontre entre la direction du Vlaams Blok et celle d’AGIR (actif en Wallonie de 1989 à 1995), deux partis nationalistes qui utiliseront comme un tremplin électoral le racisme (photo : Georges Berghezan).

Les partis d’extrême droite occidentaux présentent tous d’une façon ou d’une autre une haine farouche à l’égard des étrangers, plus particulièrement envers les immigrés non européens. La montée croissante de ces mouvements depuis quelques années a poussé de nombreux scientifiques à rechercher les origines de ce genre de politique, les causes qui ont engendré celle-ci ainsi que les conséquences qui en découlaient directement. Dès lors, de multiples ouvrages et autres revues ont été rédigés dans cette direction, principalement autour des partis d’extrême droite les plus influents et les mieux médiatisés en Europe tels le FN français, le FPÖ autrichien ou le Vlaams Blok. Ces études s’articulent souvent autour de leurs programmes et de leurs visions par rapport à l’immigration et aux autres thèmes qu’ils abordent le plus régulièrement. Des classements et des définitions selon les attitudes spécifiques et les organisations de chacun d’entre eux permettent également d’élargir le champ d’analyse de ces partis. L'examen des politiques d’immigration de ces partis anti-étrangers demeure donc le fruit de plusieurs travaux. Cependant, des confrontations de programmes ont rarement été réalisées si ce n’est de manière générale ou sur base des partis « à programme » comme celui de Jean-Marie Le Pen (1). En outre, il semble que les études du cas français dominent largement les autres, que ce soit au niveau des écrits ou des revues scientifiques spécialisées. Ainsi, dans un souci de combler ce manque de comparaisons à l’égard des politiques « anti-immigrés », nous nous sommes intéressés à ce sujet, précisément en ce qui concerne les partis d’extrême droite belges.

La situation de la Belgique est assez particulière. En effet, le Vlaams Blok, le parti d’extrême droite dominant, attire l’attention de nombreux auteurs. On ne peut pas en dire autant du Front National belge. Toujours est-il que ce dernier demeure présent sur la scène électorale et qu’il proclame, au même titre que les autres partis d’extrême droite, son opposition à l’immigration. Dans cette optique, nous nous sommes penchés sur la question : en quoi les programmes du Vlaams Blok et du Front National belge relatifs à l’immigration se rapprochent-ils et se distancient-ils ? Nous aurons alors une vision précise de la conduite des deux projets en matière d’immigration, des points communs de ces deux partis d’extrême droite et de leurs différences. Il nous sera dès lors peut-être plus facile d’évaluer l’impact du phénomène sur les résultats obtenus lors des élections ainsi que sur l’organisation et le fonctionnement du VB et du Front National belge.

Dans un premier temps, nous analyserons les principales revendications du Vlaams Blok à l’égard des étrangers non européens au sein de son programme. Suivra ensuite l’évolution de celui-ci depuis la création officielle du parti flamand d’extrême droite en 1978 jusqu’en 2001, en se rapportant, entres autres, à la percée électorale du Vlaams Blok à partir de 1987. Nous verrons également comment le Vlaams Blok se sert du thème de l’immigration pour répondre aux difficultés que la Belgique connaît au niveau de l’emploi, de l’aide sociale et de la criminalité. Dans un deuxième temps, nous nous concentrerons sur le Front National belge et sur son développement de 1985 à 2001. Au même titre que le Vlaams Blok, nous remarquerons que ce parti amalgame les étrangers aux crises sociétales. Dans un dernier temps, nous ferons le point sur les programmes d’immigration de ces deux partis d’extrême droite afin de discerner leurs ressemblances et leurs différences aussi bien au sein des programmes que dans leur organisation et plus largement dans leurs résultats électoraux.

Le Vlaams Blok, un programme fort

L’immigration, le thème dominant

A l’instar de nombreux partis d’extrême droite occidentaux, le Vlaams Blok s’insurge contre les immigrés non européens qu’il veut renvoyer dans leur pays d’origine. Dès le début, dans ses principes de base (« Grondbeginselen »), le parti flamand a axé son programme sur une vision nationaliste et ethnique. Le mouvement parlait déjà de rapatriement, de retour immédiat des étrangers sans travail ou ayant connu une quelconque implication avec les services de l’ordre (2).

Le Vlaams Blok s’est immédiatement basé sur une « inégalité fondamentale et naturelle entre les communautés » (3). C’est par rapport à cette idée que le parti flamand a établi une sorte de hiérarchie relative au peuple et à la langue parlée. Ainsi, la supériorité ethnique revenait en premier lieu aux Flamands, venaient ensuite les Hollandais et les Afrikaners blancs suivis des Flamands francisés de Bruxelles, de la Région wallonne et de la Flandre française. Les étrangers européens leur succédaient. Parmi ceux-ci, les habitants des pays limitrophes étaient aux yeux du Vlaams Blok plus proches que d’autres en raison de leur culture. Et pour finir, le bas de l’échelle comprenait les immigrés non européens (4).

Le Vlaams Blok a donc toujours jugé qu’aucune personne n’était identique à une autre et qu’au contraire, des inégalités persistaient. La différence principale que le parti a opérée entre les gens se fondait sur leurs origines culturelles et ethniques. Le parti flamand d’extrême droite a, dès lors, établi certains critères d’appartenance à son groupe ethnique ou à sa nation, tels la langue, le territoire, l’« ethnicité ».

Selon le Vlaams Blok, les étrangers non européens ne correspondent absolument pas à leur profil (5). Ce concept générique de « nation »  renvoie à l’idée d’une société culturelle et exigeante dont le souci est le refus total de « l’autre et des étrangers indésirables » (6).

Les débuts politiques du Vlaams Blok en tant que parti indépendant, dès le mois de décembre 1978, laissaient déjà entrevoir un vif intérêt à l’égard du problème des immigrés. Cependant, on peut quand même souligner que cette question ne figurait pas sur la table des premiers congrès (7).

Dans la première partie des années quatre-vingt, le Vlaams Blok a tenté de recueillir le plus grand nombre de sympathisants et de voix en usant du cadre de crise économique et du contexte idéologique que la Belgique connaissait. C’est à partir de ce moment que le Vlaams Blok a élaboré un programme nationaliste teinté de xénophobie (8). Le thème de l’immigration commençait véritablement à occuper de plus en plus de place dans les revendications du parti. Cela s’est aussi aperçu dans les nombreux congrès que le Vlaams Blok a organisés, principalement autour de la question du renvoi des étrangers. Cette tendance s’est confirmée pour la première fois le 25 mars 1984, à Bruxelles, sous le titre du  « droit à la spécificité ». Cette réunion a été l’occasion pour le parti de se proclamer en faveur de la « rémigration » des étrangers délinquants, des chômeurs dont la situation ne s’améliorait pas rapidement ainsi que des « illégaux » (9).

A la fin des années quatre-vingt, le Vlaams Blok mettait principalement l’accent sur les problèmes relatifs à l’immigration, à un tel point que son discours sur le nationalisme flamand en faveur d’une Flandre indépendante régressait. Dès lors, on a vu apparaître les premières divisions au sein du parti. En effet, certains membres n’étaient pas d’accord avec ce changement radical d’orientation. Dorénavant, le discours « anti-immigrés » primait sans pour autant délaisser totalement la question de l’autonomie flamande puisqu’il reprenait en partie la pensée nationaliste de départ. Ceci dit, le moteur principal du parti s’articulait sans conteste autour de la « problématique de l’immigration » (10). C’est d’ailleurs dans cette optique que le Vlaams Blok a élaboré des programmes parfois entièrement concentrés sur ce sujet, notamment « le programme en 70 points du Vlaams Blok » publié en juin 1992 (11).

 

Les premiers pas du parti

Le premier programme électoral du Vlaams Blok a vu le jour le 17 décembre 1978 dans le cadre des élections législatives (12). Au total, quatre propositions faisaient référence au problème de l’immigration. Afin de réduire le nombre d’étrangers, les solutions du parti flamand tournaient principalement autour du respect des lois relatives à l’immigration et des inégalités culturelles et politiques déjà rencontrées dans les principes de base (Grondbeginselen) (13).

Comme nous l’avons souligné précédemment (cf. supra point 1.1), les immigrés ne formaient pas, au début, le noyau central des revendications du Vlaams Blok puisque le thème d’une Flandre indépendante revenait régulièrement comme le montrait d’ailleurs les principes de base (Grondbeginselen) ainsi que les textes du premier congrès du parti à Bruxelles. C’est donc petit à petit que la problématique « anti-immigrée » s’est renforcée. Lors des élections parlementaires du 8 novembre 1981, le parti officiellement constitué axait son programme sur le titre : « 400.000 chômeurs ? Pourquoi des travailleurs immigrés ? ». En usant de cette stratégie, le Vlaams Blok se présentait comme l’unique parti belge en défaveur des étrangers ainsi que des travailleurs immigrés. Ses propositions ne différaient pas fortement du programme de 1978. Ceci dit, elles s’exposaient cette fois d’une manière encore plus rude et plus directe, notamment autour de la préférence nationale en matière d’emploi et en ce qui concerne le rapatriement immédiat des non européens (14).

Progressivement, le Vlaams Blok commençait à diffuser ses idées racistes de manière plus remarquée, en distribuant des tracts xénophobes. Il a également organisé un congrès thématique au sujet de l’immigration suivant la trace et la percée de Jean-Marie Le Pen en France. Le congrès du 25 mars 1984, le sixième, intitulé « droit à la spécificité » se consacrait entièrement à la question et à ses solutions pratiques en se basant toujours sur les inégalités entre les races, les individus et les peuples (15). Le parti flamand réclamait toujours l’application des lois sur l’immigration et dès lors, le retour des étrangers, en situation illégale, dans leur pays d’origine. Le Vlaams Blok a aussi proposé de nouvelles mesures à l’encontre des patrons qui employaient de la main-d’œuvre étrangère ainsi qu’au sujet de l’enseignement. Une fois de plus, le parti prônait la préférence nationale (16). Les dirigeants du Vlaams Blok ont choisi d’élaborer dans ce congrès, non par hasard, les fondements de leur programme relatif au problème de l’immigration au moment de « la Journée Internationale contre le Racisme ». Les principales revendications du parti d’extrême droite flamand, que l’on allait retrouver cinq ans plus tard dans l’ouvrage de Filip Dewinter intitulé « Eigen Volk Eerst », portaient essentiellement sur le retour dans leur pays d’origine des immigrés chômeurs, de ceux bénéficiant d’une assistance sociale et des délinquants (17). A cette époque, le slogan « 400.000 chômeurs, pourquoi encore des travailleurs immigrés ? » reprenait à bien des égards celui qui avait déjà illustré les élections parlementaires de 1981 (cf. supra). On retrouvait également les idées émises sous le régime nazi d’Hitler avec le terrible slogan « 500.000 chômeurs, 400.000 Juifs ». Le Vlaams Blok avait, une fois de plus, suivi la voie de son confrère le Front National français dirigé par Jean-Marie Le Pen qui a repris le premier l’idée du NSDAP lors des élections de 1984 (18).

L’immigration, l’ambition première du parti

Depuis le congrès de 1984, tous les discours du Vlaams Blok tournaient autour de la question des immigrés. Celle-ci leur a notamment permis de renforcer leur présence sur la scène électorale. Ceci dit, ce phénomène ne s’est pas rencontré à tous les échelons du pays. En effet, aux élections européennes du 17 juin 1984, le parti n’a pas gagné de sièges au Parlement européen. Par contre, les élections législatives du 13 octobre 1985 ont été plus fructueuses pour le Vlaams Blok puisque le parti flamand a affirmé sa position sur Anvers. De plus, à ce moment véritablement, on sentait qu’il n’allait plus uniquement se limiter à cette ville (19). Cette percée pouvait, entre autres, s’expliquer par des propos de plus en plus haineux que les membres du parti flamand tenaient à l’égard des étrangers (20).

Le 13 décembre 1987, le parti flamand a participé aux élections législatives en axant sa campagne électorale sur l’interrogation «  400.000 chômeurs, pourquoi encore des travailleurs immigrés ? ». A cette époque, le discours xénophobe semblait incontestablement figurer en tant que clé de réussite du Vlaams Blok. En effet, il commençait à progresser tout doucement aux alentours d’Anvers, le bastion du parti d’extrême droite flamand (21). En mars 1988, le secrétaire général du Vlaams Blok, Jaak Peeters, renonçait à son poste estimant que le parti orientait trop sa campagne sur le thème des immigrés au détriment du nationalisme flamand. C’est ainsi qu’on a assisté à une scission entre les nationalistes et les « partisans de Le Pen » plus axés sur le problème des étrangers non européens (22). En mai de la même année, Gerolf Annemans (à l’époque délégué du groupe parlementaire) et Filip Dewinter (alors responsable de l’organisation) ont rédigé un « Dossier Immigration » à l’attention des futures élections communales du 10 octobre 1988. Il s’agissait en fait d’une interprétation approfondie et plus élaborée du Congrès de 1984. Aux points proposés lors de cette rencontre, les membres du parti ont ajouté « 11 autres propositions pour une politique réaliste en matière d’immigration » (23). Les résultats électoraux des communales ont confirmé les précédents. Voter pour le Vlaams Blok n’était plus uniquement un comportement anversois. La confirmation du phénomène s’est encore plus nettement opérée dans le cadre des élections européennes et bruxelloises du 18 juin 1989 (24). Le slogan « L’Europe aux Européens » a permis, entre autres, l’élection du Président Karel Dillen au Parlement européen (25). Le parti flamand d’extrême droite progressait et, au fur et à mesure des années, son assurance grandissait.

Le congrès de 1990 insista de plus belle sur une Flandre indépendantiste où aucune intégration n’était possible pour les immigrés non européens. De surcroît, au terme de cette année, le Vlaams Blok lançait le slogan « We zeggen wat u denkt » (« Nous disons ce que vous pensez ») (26). Aux élections parlementaires du 24 novembre 1991, le Vlaams Blok a obtenu le meilleur résultat qu’il n’avait jamais connu auparavant, soit un score trois fois supérieur à celui qu’il avait remporté en 1987. L’ancrage de l’immigration au cœur des campagnes avait donné ses fruits, selon le Vlaams Blok. En effet, 400.000 Flamands ont, ce jour-là, voté pour lui. Comme d’habitude, le parti a récolté la majorité des voix dans la ville d’Anvers mais le soutien des villes avoisinantes a également eu un effet significatif sur la percée du Vlaams Blok (27).

Le 6 juin 1992, le Nationalistische Vormingsinstituut publiait les « 70 voorstellen ter oplossing van het vreemdelingen probleem van het Vlaams Blok » (« 70 propositions du Vlaams Blok pour résoudre le problème des étrangers) (28). Le « Eigen Volk Eerst » de 1989 cédait ainsi le pas à un programme encore plus recherché. Pour réaliser ce dernier, les dirigeants du parti se sont appuyés sur les précédents programmes en matière d’immigration tels celui issu du congrès de 1984 ou encore celui des élections communales de 1988 qu’ils ont étoffés. Une fois encore, les idées de Jean-Marie Le Pen ont servi puisque le Vlaams Blok s’est également inspiré des « 50 propositions sur l’immigration» (29) du Français. Les principales innovations en ce qui concerne les étrangers non européens avaient trait à la réduction de leurs droits politiques et sociaux, au rejet de certains accords, notamment ceux de Schengen et de Dublin ainsi qu’à certaines révisions de conventions comme celle de Genève, par exemple (30). Au même moment, Filip Dewinter, responsable de l’organisation du parti, préparait un Congrès sur le thème « Immigration : l’Occident face au choix » (« Immigratie : het Westen voor de keuze »). Le Vlaams Blok a, pour l’occasion, réalisé un bilan de ce que les étrangers coûtaient par an à la Belgique. Il avançait ainsi un chiffre de plus ou moins 122 milliards de francs belges, soit 3,02 milliards d’euros. La stratégie était, bien évidemment, toujours reliée aux volontés nationalistes du parti flamand (31).

Une percée à l’échelle du pays

En 1994, dans le souci de remporter de nouveaux succès aux élections européennes et communales, le Vlaams Blok a approfondi son programme. Le 27 avril, le parti flamand s’attaquait sérieusement à la campagne pour les européennes qui allaient se dérouler le 12 juin. Son nouveau slogan « Grand nettoyage » (« Grote Kuis »), a été retravaillé pour les communales du 9 octobre offrant dès lors, selon le Vlaams Blok, un résultat plus mesuré : « De l’ordre dans les affaires » (« Orde op zaken »). Le parti n’a pas non plus hésité à prévoir, pour le mois d’octobre, des prospectus bilingues pour toutes les villes et les communes afin de toucher l’électorat le plus large possible, notamment les francophones de Bruxelles. Au final, le Vlaams Blok a obtenu un deuxième parlementaire européen et des élus dans 86 communes (32). Le Vlaams Blok a aussi diffusé au public une brochure éloquente afin que l’on comprenne sa volonté de récupérer le plus grand nombre de voix possible. Ce tract présentait les convictions du parti flamand ainsi que les partis traditionnels comme moins attentifs à l’immigration. C’est dans cette optique que le Vlaams Blok a lancé l’idée de « Ils n’ont toujours pas compris, nous si ! » (« Ze hebben het weer niet begrepen, we wel ! ») (33).

Les élections législatives et régionales du 21 mai 1995 se préparaient tout doucement. La campagne tournait autour de la formule « Faisons les comptes maintenant » (« Nu afrekenen »). Le Vlaams Blok se justifiait par une intervention : « les Flamands ne peuvent pas évoluer vers une zone porte ouverte face à un Tiers Monde de plus en plus grand. Contre ce danger d’‘inondation’, le Vlaams Blok plaide en faveur d’une politique de rapatriement des immigrés illégaux, des criminels, … » (34). Le parti a ajouté au programme, qui ne différait pas grandement du précédent, un chapitre plus complet consacré aux « droits politiques et aux libertés ». Les propositions relatives au thème de l’immigration faisaient référence au plan en 70 points du Vlaams Blok publié en 1992 (35). A partir de 1995 et ce durant quatre ans, les électeurs ne se sont plus rendus aux urnes. Les élections suivantes étaient prévues en 1999.

Dans un discours de 1998 sur l’immigration intitulé « Faire face à l’invasion étrangère », Filip Dewinter, député au Parlement flamand insistait une fois de plus sur « la présence trop massive d’étrangers non européens ». « L’Europe est submergée par l’immigration. Quelque 20-25 millions d’étrangers y vivent, soit le double de la population de Belgique » (36). Afin de renforcer son argument, Filip Dewinter dénonçait avec mépris certaines choses telles, « nos frontières sont des passoires, la grande majorité des immigrés ne peuvent et ne veulent pas s’intégrer. De plus, il y a davantage de criminalité chez les immigrés que chez nos compatriotes et un trop grand bradage de notre nationalité. En outre, 95 % des réfugiés politiques sont des fraudeurs, ces immigrés viennent chez nous pour profiter des avantages sociaux. Cette présence massive d’étrangers nous coûte chaque année des dizaines de milliards, la politique d’intégration est un échec. Il faudrait, dès lors, organiser le retour de la plupart des étrangers extra-européens vers leur pays d’origine » (37).

Aux élections du 13 juin 1999, le Vlaams Blok a remporté ses plus vifs succès puisque les nationales ont permis au parti de gagner 9,9 % des voix, soit 2,1 % supplémentaires par rapport à celles obtenues aux élections législatives et régionales de 1995. Les programmes anti-immigration du Vlaams Blok (38), dans la lignée de Jean-Marie Le Pen, avaient eu un réel effet sur les résultats électoraux du parti flamand d’extrême droite (39). En ce qui concerne le rapport, au sujet de la politique des étrangers, que le Vlaams Blok proposait en 2001, il se résumait aux grandes lignes que le parti a développées depuis ses débuts (40).

L’immigré : le « bouc émissaire » du VB

A première vue, l’immigration semble être pour le Vlaams Blok, une question centrale, à part entière. Par immigré, ce parti entend tous les étrangers non européens tels les Turcs, les Arabes, voire les Juifs tout en modérant quelque peu ses propos à l’égard de ces derniers dans le souci de ne pas être taxé d’antisémite. Très vite, les membres du parti ont rattaché cette politique anti-immigrée à d’autres facteurs. En effet, le Vlaams Blok a toujours considéré les étrangers non européens comme les principaux responsables des crises sociétales et des injustices en Flandre (41). Par celles-ci, il entend notamment le chômage, l’insécurité croissante dans les villes, la criminalité, l’attribution d’allocations trop importantes à son goût aux familles immigrées … Selon le parti flamand, le problème des étrangers représente toujours un véritable danger et a un effet non négligeable sur les conditions de vie de la population belge (42).

Notre étude n’a pas envisagé tous les facteurs associés par le Vlaams Blok à l’immigration. Ainsi, nous nous sommes spécialement intéressés aux trois principaux domaines que le parti évoque le plus souvent dans son approche électorale, à savoir le chômage, la sécurité sociale et la criminalité.

Le Chômage et la sécurité sociale

Le Vlaams Blok a très souvent élaboré son projet économique en le rattachant à ses revendications à l’encontre des étrangers non européens. Au fur et à mesure des années, le parti s’est mieux organisé et a rempli les lignes de son programme. Le problème de l’immigration a aussitôt rejoint la question de l’occupation de main-d’œuvre étrangère (« Gastarbeid »). En effet, le Vlaams Blok a immédiatement estimé que les travailleurs immigrés entraînaient de lourdes conséquences au niveau économique comme le chômage dont sont victimes certains Belges. Selon le parti flamand d’extrême droite, on assistait dès lors à une perte de vitesse de la croissance économique (43). A ce titre, le Vlaams Blok a proposé, dans son programme en 70 points, plusieurs solutions relatives à l’emploi favorisant avant tout les citoyens belges (44). En 2001, le Vlaams Blok ne se détachait pas de ses recommandations antérieures puisqu’il estimait toujours que les nationaux devaient bénéficier les premiers des allocations de chômage et que la politique de discrimination positive envers les étrangers devait être supprimée afin de laisser le libre accès aux résidents belges (45).

A l’égard de la sécurité sociale, le Vlaams Blok a aussi encouragé plusieurs voies dans le sens de la préférence nationale au détriment des immigrés non européens. Ainsi, le parti flamand d’extrême droite revendiquait une primauté des allocations familiales et d’autres droits sociaux aux ressortissants belges (46).

La criminalité

Au départ, les principes de base (Grondbeginselen) ne mentionnaient pas beaucoup la question de la criminalité. Ce n’est qu’en 1985 que le Vlaams Blok a soulevé le thème de l’insécurité (47). Depuis ces élections législatives, le parti s’est insurgé contre l’augmentation des actes criminels et de la crainte que ceux-ci engendraient. Une fois de plus, les résultats électoraux en faveur du Vlaams Blok l’ont poussé à ancrer son programme au cœur de l’immigration en lien avec d’autres facteurs comme celui de la criminalité.

Les principaux points de lutte du parti sont le délabrement de certaines communes, les actes de vandalisme tels les vols et tout ce qui a trait à la délinquance, l'inaction ainsi que la consommation de stupéfiants (48). « 70 % de la criminalité liée au trafic de drogue est commise par des immigrés. Et d’après les déclarations informelles de certains policiers, entre 65 % et 85 % des actes de vandalisme peuvent être attribués à des étrangers. Dans nos villes, la terreur exercée par ces derniers est quotidienne et permanente » (49). Le Vlaams Blok tient pour principaux responsables les immigrés non européens : Turcs, Marocains et Africains. La raison principale de cette violence, qui s’exprime sous diverses manières telles les car/home jackings, les attaques à main armée, trouve son origine, toujours selon le parti flamand, dans une attitude culturelle fortement différente de celle des Européens. Un autre point de lutte du Vlaams Blok réside dans les organisations criminelles de l’Europe de l’Est cette fois, telles les mafias russes, à la tête d’importants réseaux de trafics de drogues et de personnes (prostitution) ainsi que les filières albanaises et yougoslaves. Cette dernière attitude du Vlaams Blok apparaît quelque peu contradictoire si l’on suit son raisonnement, opposé aux immigrés non européens (50). Les attentats du 11 septembre 2001 ont également suscité un intérêt auprès des membres du parti qui ont aussitôt diffusé une brochure intitulée pour l’occasion « Stop de terreur ». Elle s’adressait particulièrement aux Islamistes et ne manquait pas non plus d’accuser les Marocains et les Turcs (51).

Le Vlaams Blok, depuis sa création, n’a fait que travailler et retravailler son programme et sa stratégie électorale. Certains n’ont pas hésité à parler pour ce faire de « parti à programme ». Celui-ci a pour seul souci de faire passer l’immigration comme cause première des maux de la société. En effet, le parti flamand s’est empressé d’amalgamer les problèmes économico-sociaux autour de la question des immigrés dans un but électoral en vue de ramasser un nombre important de voix en sa faveur. Les résultats convaincants que le parti a obtenus depuis cette centralisation du phénomène au cœur de ses campagnes semblent bien l’avoir motivé à poursuivre sur cette voie.

Immigration : la priorité du parti

En mai 1985, le docteur Daniel Féret créait le Front National. Imprégné des idées de son soi-disant homologue français Jean-Marie Le Pen, le président à vie du parti belge ne bénéficiait pas pour autant de la sympathie et de la reconnaissance du premier (52). Dès les élections législatives du 13 octobre 1985, le thème principal et récurrent de la campagne était sans nul doute celui des étrangers. En effet, les propos xénophobes ne manquaient pas d’accompagner les discours du parti. Dans son magazine, « le National », le FN n’hésitait pas à récupérer des termes présents durant la période de l’Occupation pour approfondir ses idées (53). Ceci dit, malgré un premier slogan explicite intitulé « Inverser l’immigration », à  la différence du Vlaams Blok, le Front National de Belgique n’a pas enrichi son programme en matière d’immigration au fur et à mesure des années. Et donc, depuis ses débuts, les revendications du parti de Daniel Féret, n’ont pas évolué (54).

Le premier programme du Front National date de 1986. Celui-ci s’intitulait « Pour sauver la Belgique. Le Front National dit tout haut ce que vous pensez tout bas ». Trois points seulement illustraient la brochure parmi lesquels on retrouvait celui qui avait servi de slogan lors des élections législatives de 1985, « inverser l’immigration » (55). Le parti belge d’extrême droite a, d’ailleurs, conservé ces maigres revendications pour les élections législatives et provinciales du 13 décembre 1987 ainsi que pour les élections communales qui ont eu lieu le 9 octobre 1988. Ainsi, pendant deux ans, le Front National de Daniel Féret s’est contenté de reprendre le même programme peu consistant.

Le parti proposait, avant les législatives et les communales de 1987, essentiellement « la limitation du nombre d’étrangers non européens dans les communes afin de donner la priorité de travail aux indépendants belges qui connaissent la concurrence des marchands étrangers, de réduire les charges communales, d’atténuer l’insécurité régnante au sein des villes, d’empêcher l’État de puiser dans notre patrimoine et de loger les demandeurs d’asile » (56).

Le parti, lors des élections communales de 1988, visait toujours la même chose en insistant peut-être un peu plus sur le combat contre la misère et la pauvreté. En mars 1991, il a apporté des modifications à la première version. Son titre « Programme du Front National : nos idées sont les vôtres ! » était soutenu par un slogan de Jean-Marie Le Pen « Le Front National, c’est vous ! Adhérez ! »(57). Les frontistes y défendaient l’idée que l’identité culturelle de la Belgique et de l’Europe était bafouée par les volontés d’un gouvernement, empreint d’idées de gauche, d’encourager l’intégration des immigrés maghrébins (58).

En 1993, le FN révisait son programme. Celui-ci tenait en deux pages et comprenait alors 16 points dont le premier thème reprenait celui de l’immigration. Ainsi « Inverser l’immigration » devenait « Pour inverser les flux migratoires ». Le parti présentait six mesures concernant les rapatriements, les réformes relatives aux codes de nationalité ainsi que les révisions des aides sociales accordées aux étrangers (59). Afin de parvenir à cette politique anti-immigrée, le FN avait prévu des solutions comme le renforcement des effectifs de police et de gendarmerie, des peines judiciaires plus lourdes allant dans certains cas jusqu’à la peine de mort, une accélération des services de la justice ainsi que la volonté de favoriser un encadrement familial plus solide (60). Suite au programme de 1993, aucun version n’a été remodelée. Les mêmes revendications paraissaient pour les élections suivantes, les européennes de juin 1994. La percée du FN belge a, entre autres, permis à son leader Daniel Féret d’être élu au Parlement européen. Aux communales du 9 octobre, le FN obtenait 47 élus à Bruxelles et 26 en Wallonie (61).

Les élections législatives et régionales du 21 mai 1995 s’annonçaient peu à peu. A cette occasion, le FN a gagné deux sièges de députés fédéraux et huit sièges de députés régionaux (six à Bruxelles et deux en Wallonie). A cette époque, Daniel Féret se sentait maître de son programme. Il annonçait, alors, avoir en main la troisième version de son projet politique. Le tout formant un condensé des deux esquisses précédentes en plus d’une vingtaine de pages. Daniel Féret et son équipe devaient une fois de plus ce résultat à Jean-Marie Le Pen et à ses écrits (62). En octobre 1996, le magazine mensuel du parti, « Le National », publiait « Le programme du Front National » entièrement remis à jour. Le thème de l’immigration y figurait bien évidemment. Tous les points envisageaient chacun des solutions à cet égard (63). Durant sa campagne électorale en vue des élections du 13 juin 1999, en ce qui concerne l’immigration, le Front National n’a pas apporté de modifications à son programme paru en octobre 1996 dans « Le National » (64). Jusqu’à aujourd’hui, aucun projet concret relatif au thème de l’immigration ne semble avoir été mis sur pied, ce qui différencie fortement ce parti du Vlaams Blok.

L’amalgame de l’immigration aux crises conjoncturelles

A l’instar du Vlaams Blok, le Front National de Belgique a tendance à rendre les étrangers non européens responsables des crises sociétales. Ainsi, la stratégie du parti s’articule autour d’une certaine « démonisation » des immigrés. Afin d’avoir une meilleure prise en compte des différences et des ressemblances de ces deux partis d’extrême droite belges (nous analyserons cela dans le point suivant), il nous a semblé judicieux de reprendre les mêmes points de rattachement que ceux du Vlaams Blok à savoir, la sécurité, l’économie et le social.

La sécurité

Dès son entrée sur la scène électorale, le 13 octobre 1985, le Front National explicitait clairement dans son premier « programme » ses volontés à l’égard des étrangers et de la sécurité. En ceci, le parti francophone s’est montré comme l’opposant réel des politiques anti-immigrées dans les provinces parlant le français même si nous l’avons souligné, ce mouvement d’extrême droite ne possède pas de programme propre très élaboré. Cet état de fait n’empêche en rien, ceci dit, l’existence d’une haine profonde, au sein même du Front National, à l’égard des immigrés ainsi que leur association aux actes criminels. Au contraire, au même titre que le Vlaams Blok, il semble que cette opposition farouche aux étrangers et cet amalgame aux crises de la société a eu un effet positif sur les résultats électoraux du parti francophone, même si l’on a toutefois remarqué un certain recul en voix aux élections du 13 juin 1999 par rapport aux scores de 1995 (65).

En ce qui concerne ses revendications aux élections du 13 octobre 1985, le Front National se souciait de « restaurer la sécurité intérieure ». En d’autres termes, le parti francophone prévoyait plusieurs mesures afin de restaurer l’ordre public : « renforcer les staffs de police, lutter contre le trafic de drogue et rétablir la peine de mort pour les criminels et les terroristes ». Ce programme n’accusait pas encore directement les étrangers de désordre interne. Par contre, la revue « Le National » ne mâchait pas ses mots puisqu’en 1986, Daniel Féret lui-même s’en prenait directement aux « immigrés de couleur » (66). Le programme paru dans « Le National » du mois d’octobre 1996, propose quatre points pour contrer l’insécurité ayant trait spécifiquement à l’organisation et à la réforme des services de l’ordre (67). Aucun changement n’a été opéré à ce sujet en vue des élections du 13 juin 1999 (68).

L’insécurité constitue, en fait, le deuxième thème le plus souvent repris dans les discours et les programmes du Front National belge. Il la rattache souvent à l’immigration, associant dès lors cette dernière au problème de la délinquance. De surcroît, le parti francophone n’a de cesse d’insister sur le renvoi immédiat des immigrés délinquants dans leur pays d’origine, sur la révision de l’octroi des naturalisations automatiques ainsi que sur la nécessité de revoir à la hausse les salaires des policiers et des gendarmes afin de rétablir le mieux possible la situation (69).

L’emploi et le social

En matière d’emploi, le Front National défendait en 1996 plusieurs propositions. Parmi celles-ci, deux seulement avaient trait spécialement à la question de l’immigration. En effet, généralement, les revendications du parti à cet égard portent plutôt sur l’opposition au libre-échangisme, sur la défense des petits commerçants et PME, … que réellement sur une politique « anti-immigrée » que le Vlaams Blok a, par contre, inscrite dans son programme en 70 points.

Le programme social du FN, d’une part, ne diffère pas fondamentalement de celui de l’emploi. Quelques mentions à l’immigration en ressortent également (70). D’autre part, la brochure réalisée pour les élections de 1999 au sujet de l’emploi et du social, à l’égard des immigrés non européens, va dans le même sens que celle de 1996. Une fois de plus, le FN belge n’innove pas et garde tel quel son projet à l’égard des étrangers, à savoir leur ôter toute liberté sur le marché du travail ainsi que les allocations sociales de toute sorte (71).

 

Evalutation des programmes du Vlaams Blok et du Front National relatif a l’immigration

Les similitudes

Sans conteste, l’immigration demeure le point de lutte central des deux partis d’extrême droite belges étudiés, le Vlaams Blok et le Front National. Tous deux concentrent leurs efforts dans une vision nationale et ethnique, plus marquée tout de même du côté flamand, afin de parvenir au retour immédiat des étrangers, au retrait des aides sociales dont ils bénéficient, … Au-delà de la stigmatisation du phénomène de l’immigration, ces mouvements n’hésitent pas non plus à rattacher celle-ci aux crises conjoncturelles et aux difficultés de la société telles l’augmentation massive du chômage, la hausse de la criminalité et les aides sociales dont bénéficient les étrangers non européens.

Dans les deux cas, francophone et néerlandophone, le thème de l’immigration figurait quasiment dès le début à l’agenda politique. Cette tendance s’est surtout affirmée suite à la victoire de Jean-Marie Le Pen aux élections de 1984. Le Front National belge créé en 1985, attaquait alors les élections du 13 octobre de la même année avec trois solutions dont, en ce qui concerne les étrangers : « inverser l’immigration » (cf. supra point 2.1). Le Vlaams Blok, à l’instar du parti du docteur Daniel Féret, et sous la houlette de Filip Dewinter (un des ténors actuels du VB), confiait dans un discours de 1998 (72) qu’il fallait « renverser le courant de l’immigration  et rétablir la préférence nationale ». Cette notion de « préférence nationale » sera récupérée également par le Front National belge, dans la lignée de Jean-Marie Le Pen toujours, dès le programme de 1985, notamment. Le VB et le parti de Daniel Féret convergent également sur certains slogans comme « nous disons tout haut ce que vous pensez tout bas ». Force nous est de constater que ces deux partis belges d’extrême droite s’inspirent donc directement de celui qu’ils considèrent comme leur modèle, à savoir le FN français. Néanmoins, si Jean-Marie Le Pen voue un réel intérêt au Vlaams Blok et à son organisation, nous l’avons déjà souligné, il ne considère pas pour autant l’autre parti belge comme son semblable.

Parmi les trois thèmes que nous avons analysés en rapport avec le sujet de l’immigration (chômage et sécurité sociale, criminalité pour le VB et sécurité, emploi et social pour le FN francophone), nous observons également des points communs. En effet, la revendication phare des deux partis d’extrême droite débouche sur la priorité accordée aux nationaux. Pour sa part, le Vlaams Blok insiste avant tout sur la primauté des ressortissants flamands en ce qui concerne les avantages sociaux et l’emploi (« Eigen Volk Eerst »). Les étrangers non européens sont aussi perçus par ce parti comme les principaux responsables des actes de vandalisme, des trafics de drogue, … Quant au Front National de Daniel Féret, il suit entièrement le parti flamand et n’a de cesse de reprendre les mêmes éléments-clés dans ses écrits en insistant particulièrement sur la nécessité de renforcer les effectifs de police et de gendarmerie afin de résoudre les problèmes de sécurité (73).

 

 

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Racisme et vulgarité ont souvent fait bon ménage, comme le montre cet autocollant du groupe néonazi l’Assaut (document : archive RésistanceS).

Les divergences

Au terme de notre étude, nous pouvons aisément affirmer que les programmes du Vlaams Blok à l’égard de l’immigration sont nettement plus élaborés et approfondis que ceux du Front National belge qui se contente de piocher çà et là quelques idées issues des projets du FN français ainsi que celles du Vlaams Blok. Ce dernier demeure aussi le parti d’extrême droite belge le mieux organisé. En effet, depuis sa création officielle le 17 décembre 1978, le parti flamand s’est adapté à chaque élection. Plus les années s’écoulaient, plus ses visées politiques et particulièrement celles relatives à l’immigration se sont étoffées. Son programme en 70 points de 1992 en constitue une preuve réelle. Il reflète surtout l’ambition d’un parti qui, via ses structures internes et son organisation plus générale, tente de recueillir le plus grand nombre de voix. Là où le Front National ne semble ni axer sa stratégie sur cette voie ni s’en préoccuper. La stérilité de son action et de son « pseudo-programme », notamment en matière d’immigration, renvoie inévitablement aux maigres scores que le parti remporte habituellement aux élections. Mis à part un résultat en voix plus élevé en 1991 et surtout en 1994 par rapport à 1987, les années suivantes ont révélé un certain immobilisme avant de connaître une baisse significative des suffrages en 1999. Cette situation ne concerne en rien le Vlaams Blok qui, au contraire, n’a de cesse de s’affirmer sur la scène électorale en gagnant à chaque élection un plus grand nombre d’électeurs. Celles de 1999 ont ainsi permis au parti flamand de récolter quelque 10 % des voix (74).

Conclusion

L’évaluation de cette dernière partie nous a permis de répondre à notre question de départ : en quoi les programmes du Vlaams Blok et du Front National belge relatifs à l’immigration se rapprochent-ils et se distancient-ils ? D’une manière générale, l’évolution des politiques relatives à la question des étrangers non européens des deux partis d’extrême droite a révélé une plus grande capacité flamande d’organisation au sein de son groupe. Le projet en 70 points du Vlaams Blok demeure la concrétisation d’une politique anti-immigrée farouche et structurée qui n’a bien sûr pas manqué d’être critiquée à certains égards (75). Fondamentalement, le souci de mettre sur pied le programme le mieux élaboré possible avant d’attaquer les élections ne s’est jamais retrouvé du côté francophone. En outre, la stratégie électorale du parti flamand axée sur la question des immigrés suite à l’essor du FN français lui a, entre autres, permis de renforcer sa position sur la scène politique et d’obtenir des sièges à l’échelle du pays ainsi qu’au niveau européen. En ce qui concerne les résultats du Front National de Daniel Féret, ils n’ont jamais atteint le niveau flamand même si le parti francophone a connu un certain succès aux élections législatives du 24 novembre 1991 et plus encore en 1994/1995.

Un autre constat au terme de cette analyse réside dans le fait que les deux partis ont également envisagé les crises conjoncturelles comme conséquences directes de la présence d’étrangers sur le sol belge. Une fois encore, force nous est de constater que le Vlaams Blok dispose de plus d’éléments à son actif, quant à son opposition aux étrangers en termes d’emploi, d’assistance sociale et de sécurité que le Front National belge. En effet, celui-ci n’enrichit pas son projet politique au fur et à mesure des élections et se plaît à imiter le VB ainsi que d’autres partis d’extrême droite tels celui de Jean-Marie Le Pen, sans s’en distinguer pour autant.

Pour conclure, le Vlaams Blok a nourri, depuis ses débuts, son programme grâce à des structures internes au parti, apparemment, efficaces si l’on regarde l’essor de celui-ci au fil des élections et grâce au FN français qu’il considère comme un modèle à part entière. A l’opposé, du côté francophone, le Front National n’a pas su se détacher (et il n’y arrive toujours pas) des exemples que les succès des autres partis lui ont procurés. A notre avis, cet enlisement le confine dès lors dans une politique éphémère et sans avenir alors que le Vlaams Blok apparaît plutôt continu dans son action. Cet état de fait pourrait faire l’objet d’une nouvelle analyse quant à se demander comment ces deux partis d’extrême droite belges s’organisent, s’affirment et s’adaptent à leurs homologues européens dans le cadre de l’élargissement de l’Union Européenne, toujours en ce qui concerne leur programme à l’encontre des immigrés.

Michèle BRUNIN
Etudiante à l’Université Libre de Bruxelles (ULB, 2001-2002).
Mise en ligne sur le site de RésistanceS : 4 juin 2003

 

Bibliographie & sources de ce travail

 

Ouvrages de référence

- ABRAMOWICZ, Manuel, Les Rats Noirs. L’extrême droite en Belgique Francophone, Bruxelles, Luc Pire, 1996, 239 pp.

- BREËS, Gwenaël, L’Affront National. Le nouveau visage de l’extrême droite en Belgique, Bruxelles, EPO, 1991, 159 pp.

- DELWIT, Pascal, DE WAELE, Jean-Michel, REA, Andrea, L’extrême droite en France et en Belgique, Bruxelles, Complexe, 1998, 301 pp.

- GIBSON, Rachel K., The growth of anti-immigrants parties in Western Europe, Lewinston, Queenston, Lampeter, The Edwin Mellen Press, vol.3, 2002, 223 pp.

- GIJSELS, Hugo, Le Vlaams Blok, Bruxelles, Luc Pire, 1993, 262 pp.

- GIJSELS, Hugo, Ouvrez les yeux! Le Vlaams Blok déshabillé, Bruxelles, Luc Pire, 1994, 174 pp.

- GIJSELS, Hugo, VANDER VELPEN, Jos, Le Chagrin des Flamands. Le Vlaams Blok de 1938 à nos jours, Bruxelles, EPO, 1992, 198 pp.

- LE PAIGE, Hugues (dir.), Le désarroi démocratique. L’extrême droite en Belgique, Bruxelles, Labor, 1995, 301 pp.

- VAN DE BRINK, Rinke, L’Internationale de la Haine. Paroles d’extrême droite; Belgique, France, Italie, Bruxelles, Luc Pire, 1996, 223 pp.

 

Articles

- BREWAEYS, Philippe, L’extrême droite francophone face aux élections, Courrier du CRISP, Bruxelles, CRISP, n°1350, 1992, 32 pp.

- DERIEUW, Sandra, « Analyse du programme en 70 points du Vlaams Blok », Revue politique, Bruxelles, Centre d’Etude et de Documentation, n°5-6, septembre-décembre 1992, pp.79-112.

- DE WITTE, Hans, BILLIET, Jaak, SCHEEPERS, Peer, « Hoe Zwart is Vlaanderen? Een exploratief onderzoek naar uiterst-rechtse denkbeelden in Vlaanderen in 1991 », Res publica, Bruxelles, Institut belge de science politique, vol.36 n°1, 1994, pp.85-102. 

- GOVAERT, Serge, « Le Vlaams Blok et ses dissidences », Courrier du CRISP, Bruxelles, CRISP, n°1365, 1992, 42 pp.

- NOLLET, Frédéric, « L’extrême droite en Europe et en Belgique : état des lieux et stratégies », CEPESS : regards sur la société, Bruxelles, 21 février 2002, www.psc.be/notes/75.htm

- SWYNGEDOUW, Marc, « L’idéologie du Vlaams Blok : l’offre identitaire », Revue Internationale de Politique Comparée, Louvain-la Neuve, vol.5, n°1, 1998, pp.189-202.

- SWYNGEDOUW, Marc, « The extreme right utopia in Belgium and France: the ideology of the Flemish Vlaams Blok and the French Front National », West European politics, London, Frank Cass, vol. 24, n°3, juillet 2001, pp.1-22.

Centres de documentation

- CEGES : Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines.

- Centre pour l’Egalité des Chances et de Lutte contre le Racisme.

- MRAX : Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie.

Programmes électoraux

- « Nu afrekenen ! », Programme desélections de 1995 (Vlaams Blok)

- « Thuis zijn », Programme des élections communales de 2000 (Vlaams Blok).

- « Aanpassen of terugkeren. Het vreemdelingenstandpunt van het Vlaams Blok », Brussel, september 2001.

- « Le programme » in Le National, n°38, octobre 1996 (Front National)

 

Notes (de bas de page)

 

  1. A ce sujet, Hugo Gijsels confronte les programmes et les idées du Vlaams Blok au Front National français, voir Hugo GIJSELS, Le Vlaams Blok, Bruxelles, Luc Pire, 1993, pp.176-177. Voir aussi Gilles IVALDI , Marc SWYNGEDOUW, « The Extreme-Right Utopia in Belgium and France : The Ideology of Flemish Vlaams Blok and the French Front National, West European Politics, London, F.Cass, vol.24, n°3, July 2001.
  2. Serge GOVAERT, « Le programme économique du Vlaams Blok », in Pascal DELWIT, Jean-Michel DE WAELE, Andrea REA (dir.), L’extrême droite en France et en Belgique, Bruxelles, Complexe, 1998, p.119.
  3. Grondbeginselen, pp.8-9 (voir en annexes la carte qui reprend cette hiérarchie ainsi que les « territoires occupés » selon le Vlaams Blok).
  4. Marc SWYNGEDOUW, « L’idéologie du Vlaams Blok : l’offre identitaire », Revue Internationale de Politique Comparée, Louvain-la-Neuve, vol.5, n°1, 1998, p.191.
  5. Gilles IVALDI , Marc SWYNGEDOUW, , « The Extreme Right Utopia in Belgium and France: The Ideology of the Flemish Vlaams Blok and the French Front National, op.cit., p.5.
  6. Gilles IVALDI, Marc SWYNGEDOUW, op.cit., p.17.
  7. Hugo GIJSELS, Jos VANDER VELPEN, Le Chagrin des Flamands. Le Vlaams Blok de 1938 à nos jours, Bruxelles, EPO, 1992, p.112.
  8. Serge GOVAERT, «  Le Vlaams Blok et ses dissidences », Le Courrier du CRISP, Bruxelles, CRISP, n°1365, 1992, p.10.
  9. Ibid.
  10. Serge GOVAERT, « Le Vlaams Blok et ses dissidences », op.cit., p.13.
  11. Voir en annexes le programlme en 70 points du Vlaams Blok publié par Kadima, périodique de l’Union des Etudiants juifs de Belgique, Bruxelles, n°76, mars 1993, p.26.
  12. Serge GOVAERT, « Le Vlaams Blok et ses dissidences », op.cit., p.3.
  13. Voir en annexes le programme de 1978 du VB in Hugo GIJSELS, op.cit., p.112.
  14. Id., p.113.
  15. Hugo GIJSELS, Ouvrez les yeux ! Le Vlaams Blok déshabillé, Bruxelles, Luc Pire, 1994, p.53.
  16. Voir en annexes les principaux points abordés durant le congrès de 1984, in Hugo GIJSELS, Jos VANDER VELPEN, op.cit., pp.117-118.
  17. Hugo GIJSELS, Le Vlaams Blok, op.cit., p.171.
  18. Rinke VAN DEN BRINK, L’Internationale de la Haine. Paroles d’extrême droite; France, Belgique, Italie, Bruxelles, Luc Pire, 1996, p.97.
  19. Serge GOVAERT, « Le Vlaams Blok et ses dissidences », op.cit., p.12.
  20. Hugo GIJSELS, Ouvrez les yeux. Le Vlaams Blok déshabillé, op.cit., p.32.
  21. Hugo GIJSELS, Jos VANDER VELPEN, op.cit., p.121.
  22. Serge GOVAERT, « Le Vlaams Blok et ses dissidences », op.cit., p.13.
  23. Hugo GIJSELS, Jos VANDER VELPEN, op.cit., pp.122-123.
  24. Serge GOVAERT, « Le Vlaams Blok et ses dissidences », op.cit., p.14.
  25. Hugo GIJSELS, Jos VANDER VELPEN, op.cit., p.138.
  26. Serge GOVAERT, « Le Vlaams Blok et ses dissidences », op.cit., p.15.
  27. Hugo GIJSELS,  Le Vlaams Blok, op.cit., p.78.
  28. Voir en annexes « le programme sur l’immigration proposé par Filip Dewinter, député au Vlaams Blok », publié par Kadima, périodique de l’Union des Etudiants juifs de Belgique, Bruxelles, n°76, mars 1993, p.26.
  29. Gilles IVALDI, Marc SWYNGEDOUW, « The Extreme Right Utopia in Belgium and France: The Ideology of the Flemish Vlaams Blok and the French Front National », op.cit., p.15.
  30. Serge GOVAERT, « Le Vlaams Blok et ses dissidences », op.cit., p.16.
  31. Id., p.17.
  32. Rinke VAN DEN BRINK, op.cit., pp.112-115.
  33. Serge GOVAERT, « Le Vlaams Blok et ses dissidences », op.cit., p.16.
  34. Voir en annexes le programme de 1995, p.43.
  35. Voir en annexes le programme concernant le problème des étrangers non européens conçu lors des élections législatives et régionales du 21 mai 1995.
  36. Voir en annexes, le discours de Filip DEWINTER, p.1.
  37. Filip DEWINTER, op.cit., p.4.
  38. Voir également en annexes le programme des élections communales de 2000.
  39. Rachel K. GIBSON, The growth of anti-immigrants parties in Western Europe, Lewinston, Queenston, Lampeter, The Edwyn Mellen Press, 2002, pp.21-22.
  40. Voir en annexes, Aanpassen of terugkeren. Het vreemdelingenstandpunt van het Vlaams Blok, Brussel, verantwoordelijk uitgever: Frank VANHECKE, September 2001, p.11.
  41. Rinke VAN DEN BRINK, op.cit., p.100.
  42. Marc SWYNGEDOUW, Gilles IVALDI, op.cit., p.14.
  43. Serge GOVAERT, « Le programme économique du Vlaams Blok », op.cit., p.123.
  44. Voir en annexes dans le programme de 1992, les points 19, 36, 51, 52, 60, 63, 64 et 65.
  45. Aanpassen of terugkeren. Het vreemdelingenstandpunt van het Vlaams Blok, Brussel, verantwoordelijk uitgever: Frank VANHECKE, September 2001, p.21.
  46. Voir dans le programme de 1992, les points 20, 21, 57, 61 et 62.
  47. Serge GOVAERT, « Le Vlaams Blok et ses dissidences », op.cit., p.15.
  48. Hugo GIJSELS, « Le Vlaams Blok », op.cit., p.101.
  49. Voir en annexes, Filip DEWINTER, « Faire face à l’invasion étrangère », Op.cit., p.2-3.
  50. Aanpassen of terugkeren. Het vreemdelingenstandpunt van het Vlaams Blok, Brussel, verantwoordelijk uitgever: Frank VANHECKE, September 2001, pp. 18-19.
  51. Voir en annexes la brochure « Stop de terreur ».
  52. Philippe BREWAEYS, « L’extrême droite francophone face aux élections », Le Courrier du CRISP, Bruxelles, CRISP, n°1350, 1992, p.20.
  53. Andrea REA, « Immigration et racisme », in Hugues LE PAIGE (dir.), Le désarroi démocratique. L’extrême droite en Belgique, Bruxelles, Labor, 1995, p.39.
  54. Philippe BREWAEYS, op.cit., p.27.
  55. Manuel ABRAMOWICZ, Les rats noirs. L’extrême droite en Belgique francophone, Bruxelles, Luc Pire, 1996, p.42.
  56. Philippe BREWAEYS, op.cit., p.28.
  57. Manuel ABRAMOWICZ, op.cit., p.42.
  58. Id., pp.45-46.
  59. Rinke VAN DEN BRINK , op.cit., p.34.
  60. Frédéric NOLLET, « L’extrême droite en Europe et en Belgique : état des lieux et stratégies », CEPESS : regards sur la société, Bruxelles, 2000, p.12.
  61. Manuel ABRAMOWICZ, op.cit., p.36.
  62. Id., pp.43-44.
  63. Voir en annexes Le programme du FN de 1996, pp.6-7.
  64. Voir en annexes le programme en vue des élections du 13 juin 1999.
  65. Rachel K. GIBSON, The Growth of Anti-immigrants Parties in Western Europe, op.cit., pp.21-22.
  66. Philippe BREWAEYS, « L’extrême droite francophone face aux élections », op.cit., pp.28-29.
  67. Voir en annexes le programme de 1996 paru dans le mensuel du Front national p.8.
  68. Voir en annexes le programme de 1999.
  69. Frédéric NOLLET, op.cit, p.12.
  70. Voir en annexes le programme de 1996, pp.3-5. Le programme précédant les élections du 13 juin 1999 reprend exactement les mêmes points qu’en 1996.
  71. Voir en annexes cette brochure.
  72. Voir en annexes le discours de Filip DEWINTER.
  73. A ce titre, voir en annexes les programmes concernés dont, pour le Vlaams Blok, Thuis zijn (2000).
  74. Rachel K. GIBSON, op. cit., p.21.
  75. Sandra DERIEUW, « Analyse du programme en 70 points du Vlaams Blok », Revue politique, Bruxelles, Centre d’Etude et de Documentation, septembre-décembre 1992, pp.79-112.
Etudes & Documents universitaires


Dans la rubrique « Etudes & Documents universitaires » de notre
site, nous publions des études et des travaux issus d'universités belges et étrangères. La plupart d'entre eux ont été réalisés par des étudiants. Leurs études et travaux servent aussi à mieux analyser les phénomènes que sont le racisme et l'extrême droite.

Afin qu'ils ne restent pas inertes sur des étagères de chambres
d'étudiants ou dans les archives de leurs professeurs, nous avons décidé de leur consacrer une rubrique à part entière. Le but : les rendre disponibles à un large public et qu'ils participent à la nécessaire compréhension des phénomènes sectaires, antidémocratiques, intégristes et fascistes.

Nous remercions tous les étudiants qui, par la republication de leur
travaux sur notre site, participent avec nous à la lutte pour une
société démocratique.

Manuel Abramowicz, pour RésistanceS

 

Présentation de l’auteur du texte : Immigration : Blok et Front, les différences, les similitudes…

 

L’auteur de ce texte, Michèle Brunin, est étudiante en science politique à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Son étude que nous republions ici, avec son aimable autorisation, a été réalisée dans le cadre du cours « Etude approfondie de questions de sciences politiques » (année académique 2001-2002).

Le titre de ce document tel que publié sur notre site est de notre rédaction.

Mise en ligne : 16 juin 2003


Sommaire de ce texte

LE VLAAMS BLOK, UN PROGRAMME FORT

- L’immigration, le thème dominant
- Les premiers pas du parti
- L’immigration, l’ambition première du parti
- Une percée à l’échelle du pays
- L’immigré : le « bouc émissaire » du VB
- Le chômage et la sécurité sociale
- La criminalité

LE FRONT NATIONAL DE BELGIQUE, UN SEMBLANT DE PROGRAMME

- L’immigration : la priorité du parti
- L’emploi et social

 

EVALUTATION DES PROGRAMME DU VLAAMS BLOK ET DU FRONT NATIONAL RELATIF A L’IMMIGRATION

- Les similitudes
- Les divergences

CONCLUSION
ANNEXES

BIBLIOGRAPHIE & SOURCES
NOTES (de bas de page)