Sur
les traces de Léon Degrelle
Les fidèles adeptes du «degrellisme»
de 1945 à nos jours
Après la chute de la dictature hitlérienne,
en mai 1945, le SS wallon Léon Degrelle s'exila en Espagne,
chez le dictateur national-catholique Franco. L'ex-chef du fascisme
à la belge y continuera le combat pour l'«Europe nouvelle»
voulue par les nazis. Parrain politique de nombreuses organisations
néonazies, antisémites et négationnistes, belges
et étrangères, Degrelle est devenu une icône également
de tous les autres adeptes de l'Ordre nouveau, de Jean-Marie Le Pen
à des dirigeants du Vlaams Blok/Belang. Pour leur part, toutes
les tentatives néorexistes ont été vouées
à l'échec. Eclairage sur les adeptes du «degrellisme»,
dont le style pourrait revenir à la mode en pleine crise économique
et bancaire.

Léon Degrelle (sur cette photo, assis
au premier rang), le 18 novembre 1991 avec plusieurs de ces derniers
«camarades» européens, dont Pedro Varela (le dirigeant
du Cedade, une organisation néonazie espagnole aujourd'hui
disparue), Daniel Gilson (ex-dirigeant du PFN belge et, au moment
de la prise de cette photo, membre de la direction du Front national
de Daniel Féret), Olivier Grimaldi (le responsable du Cercle
franco-hispanique, de tendance néofasciste) et Alberto Torresano.
Assis au premier rang : un curé traditionaliste français
disciple du Maréchal Pétain - Doc. RésistanceS.be
Malgré sa fuite en Espagne, après le déclin de
l’«empire nazi», Léon Degrelle gardera le
contact avec les plus fanatiques de «ses soldats», les
anciens combattants de la «Légion belge Wallonie»
et de la «Division SS Wallonie», officiellement regroupés
à partir de 1978 dans l'association « les Bourguignons
». Ensemble, avec des associations d'anciens SS flamands, ceux-ci
étaient restés en relation permanente avec leur chef,
jusqu'à son décès en mars 1994. Lors de rassemblements
commémorant les batailles des Waffen SS, organisés en
Belgique ou en Allemagne, un message de Léon Degrelle –
spécialement écrit pour l’occasion – était
souvent lu ou un enregistrement audio de celui-ci diffusé.
Le tout, couronné par des tonnerres d'applaudissements.
Ces rendez-vous de nostalgiques du front
de l’Est et de sa «croisade antibolchévique»
(sic) permettaient aussi d’entretenir la flamme du nazisme.
Donc de faire perdurer son idéologie auprès des nouvelles
générations militantes apparues après la guerre
40-45, dont certains membres militent activement dans les partis de
la droite nationaliste contemporaine : au Front national français
et au FN belge, au Vlaams Blok/Belang, au parti national libéral
autrichien....
Mais au-delà de cette extrême
droite revancharde, Degrelle allait aussi recevoir le soutien d'une
partie de la droite conservatrice. Ainsi, à plusieurs reprises,
dès 1949, cet ancien collaborateur des nazis, l'un des plus
importants, bénéficiera d'une réhabilitation
politico-médiatique dans «Europe magazine». Cet
hebdomadaire anticommuniste préconisait la réintégration
de la droite collaborationniste dans le cadre de la poursuite du combat
contre l'URSS. Nous étions alors en pleine «guerre froide».
«Europe magazine» était également favorable
à un gouvernement autoritaire pour faire face aux défis
qui allaient secouer l'après-guerre : la «question royale»,
les conflits sociaux, la montée des régionalismes, la
décolonisation... Degrelle gardera donc en Belgique plusieurs
amis fidèles, non étiquettés «fascistes».
Amis désormais actifs au sein des arcanes du pouvoir.
|
«Degrelle
n'a plus d'importance»

Couverture
du bimensuel de l'organisation Jeune Europe du 27 novembre 1964
© Doc. RésistanceS.be
Malgré un attrait politique
réel à son égard, l’extrême
droite ne comptait pas, après-guerre, que d'inconditionnels
partisans de «Fourex», un des surnoms de Léon
Degrelle. Certains pensaient même qu'il représentait
alors un poids empêchant tout renouveau du nationalisme
de droite en Belgique ou en Europe.
«Degrelle
n'a plus d'importance. Politiquement, il est mort depuis longtemps»,
mentionnait le 27 novembre 1964 le bimensuel de «Jeune
Europe», une organisation dirigée par Jean Thiriart.
Ce dernier fut membre des Amis du grand Reich allemand (Agra).
Actif durant l'occupation nazie, l'Agra avait été
fondé par des opposants et des concurrents du parti Rex.
L'opinion de Jeune Europe à l'égard de Degrelle,
n'empêchera cependant pas Jean Thiriart d'entretenir avec
lui des relations amicales, tout en méprisant les néorexistes.
«Je suis un ami personnel de Degrelle que j’estime
comme homme. Nos racines sont (cependant) tellement différentes
: religion/athéisme. Degrelle est un orateur brillant,
moi médiocre. Je suis un théoricien politique
avec un immense bagage historique. Degrelle est brillant, superficiel,
sans densité et sans profondeur», écrira
bien plus tard Jean Thiriart (1). Concernant les disciples les
plus acharnés de Degrelle, comme Jean-Robert Debbaudt,
Jean Thiriart n’exprimera qu’un mépris sec
à leur égard : «J’ai le plus grand
mépris ironique pour Debbaudt… personnage en carton,
pseudo-SS en plastique (il n’a jamais été
dans la SS). Jeune Europe ignorait totalement cet individu.
Les néo-rexistes sont des cornichons sans importance»
(2).
C'est en 1954 que le dirigeant-fondateur
de Jeune Europe avait rencontré, pour la première
fois, l'ex-SS wallon. Cette rencontre eut lieu à l’occasion
de l’inauguration de la villa «La Carlina»
de Degrelle, à Constantina, en Andalousie. Parmi les
autres convives de cette petite fête privée, on
trouvait Maurice Bardèche, l'un des idéologues
du néofascisme français et premier auteur négationniste.
Si Jeune Europe ne reprit jamais
Degrelle comme modèle politique, pour leur part, des
exclus de cette organisation nationale-européenne restèrent
eux en contact politique avec Degrelle. Ils fondèrent
en 1964 les groupes «Révolution européenne».
Dont le nom fait écho à un vieux thème
degrelliste.
M.AZ
(1) Extrait d'une
lettre personnelle, daté du 6 novembre 1992, de Jean
Thiriart à Manuel Abramowicz.
(2) Idem.
|

Quelques matériaux de propagande de
groupuscules néorexistes datant des années 1970 et 1980
© Image documentaire RésistanceS.be
Guerre des clans chez les néorexistes
Chez les adeptes idéologiques de Degrelle restés
au pays, l'ambition de remettre sur pied son parti, Rex, restera au
programme. A partir des années 1950, plusieurs tentatives eurent
donc lieu pour fonder en Belgique un nouveau parti rexiste. Les expériences
en la matière furent toujours folkloriques, groupusculaires
et éphémères, notamment à cause d’innombrables
conflits internes. Résultat : plusieurs groupuscules néorexistes
– adoptant ouvertement l’héritage idéologique
de Rex – se succédèrent tour à tour, des
années 1950 aux années 1990. Ils furent souvent initiés
par Jean-Robert Debbaudt. Citons pêle-mêle : le Mouvement
social belge (MSB, dans les années 1950), le Front fédéral
fasciste (FFF) en 1965, le Front rexiste au début des années
1970, sa dissidence Rex National, le Front nationaliste populaire
(FNP, pseudopode du Front rexiste) en 1977, le Mouvement social nationaliste
(MSN, dirigé par un ancien du FNP) en 1982, le Parti des forces
nouvelles (PFN) entre 1987 et 1991, le groupe l’Assaut de 1988
à 1993... Un des piliers de ce dernier fut Emile Robe, le dirigeant-fondateur
de Rex National et responsable de sa publication, «Bec et Ongles»,
vouée à l'admiration de Degrelle.
A la fin des années 1980, pour
gagner le leadership de la mouvance néorexiste, le PFN avait
même mis en place une structure spéciale dont le principal
objectif était de réhabiliter Léon Degrelle auprès
de l'opinion publique : l'Association pour l'indivisible liberté
d'expression (Aile). Second objectif de l'Aile : diffuser les thèses
négationnistes (niant le génocide des Juifs commis par
les nazis) que Degrelle avait déjà épousé,
depuis bien longtemps. Ce sont les responsables de l'Aile et du PFN
qui continueront ensuite à réaliser de nombreuses interviews
et images vidéos du vieux chef nazi. Documents désormais
très recherchés par les disciples du rexisme. Et vendus
très chers sur le marché du «marketing degrelliste».
Certaines de leurs images seront diffusées ce 5 mars dans le
film documentaire de la RTBF «Léon Degrelle ou la
Führer de vivre».

Affiches du Front rexiste, du Front nationaliste
populaire (qui lui succéda en 1977) de Jean-Robert Debbaudt
et de l'Association pour l'indivisible liberté d'expression,
fondée par des dirigeants du Parti des forces nouvelles pour
«repopulariser» Léon Degrelle © Image documentaire
RésistanceS.be
Rex vaincra... Ref vaincra
La dernière tentative politique néorexiste
connue eut lieu en 1995, avec la création dans la région
liégeoise du mouvement Référendum, qui se présentait
aussi sous le nom de «Mouvement REF». Cette dissidence
radicale du «front wallon» d'extrême droite AGIR
tentera en effet de se développer en reprenant comme modèle
Rex. Son slogan principal étant «Ref vaincra»,
référence directe au «Rex vaincra»
de Degrelle. Le ballet rexiste – pour balayer les «pourris»
du monde politique – deviendra encore l'un des symboles de la
propagande de REF. Slogan et symbole du parti de jadis de Léon
Degrelle… comme par hasard, bien entendu ! Mais REF, comme jadis
le Front rexiste, Rex National, le FNP, le MSN, le PFN... présent
aux élections, ne rencontrera qu'un succès d'ordre groupusculaire.
Malgré les cuisants échecs
électoraux néorexistes, on a vu se multiplier les contacts
avec celui qui fut surnommé erronément «le général»
(Degrelle ne l'a jamais été). Les adeptes fidèles
du «degrellisme» iront ainsi, sans discontinuité,
rendre visite au chef dans son exil espagnol. De véritables
«voyages organisés» seront, à partir de
la fin des années 1980, régulièrement planifiés.
Parmi les «pèlerins du degrellisme», il y eut ses
anciens soldats, sous-officiers et officiers, ainsi que de nouveaux
adeptes issus de la jeune génération militante néofasciste
et néonazie...
En 1989, lors d'une rencontre exceptionnelle,
organisée par l'ex-capitaine SS wallon Jean Vermeire, entre
Degrelle et plus de deux cents anciens de ses ex-soldats et admirateurs,
se trouvait un certain Michel Delacroix. Avocat de militants d'extrême
droite et d'anciens Bourguignons (dans des dossiers sociaux), il rejoindra
ensuite le Front national de Daniel Féret, où se rassemblaient
déjà des partisans de Degrelle. Michel Delacroix a été
le premier président du Front national récemment «rénové»,
mais a dû démissionner de ce poste, en novembre dernier,
suite à la révélation d’une vidéo
où on le voit entonner une chanson antisémite .
En Flandre, malgré ses anciennes
relations compliquées avec le VNV, le parti nationaliste flamand
des années 1930-1940, le chef de la Division SS «Wallonie»
sera vite mis à l'honneur par la droite nationaliste favorable
au fascisme et au nazisme. Des ex-SS flamands, des dirigeants du Vlaamse
militanten orde (VMO, le principal groupe d'action néonazi
flamand dans les années 1970 et 1980), du Vlaams Blok/Belang
(VB) et d'autres organisations nationalistes se rendront en Espagne
auprès de Degrelle. Dans les années 1990, les éditions
anversoises Tyr se chargeront quant à elles de la version néerlandophone
d'un des livres de Léon Degrelle. Cette maison d'édition
publiait alors les ouvrages de dirigeants du Vlaams Blok, comme Filip
Dewinter ou Wim Verreycken.

Sur cette photo inédite avec Léon
Degrelle, prise en Espagne en février 1985, de gauche à
droite : les membres de la délégation du Vlaamse militanten
orde (VMO, l'organisation néonazie de référence
du mouvement national-flamand), Bert Eriksson (alors son chef), Geert
Moors, Roger Spinnewijn et le Bruxellois francophone Emile Robe. Adhérent
du VMO-Bruxelles, ce dernier était également le dirigeant
du groupuscule Rex National et milita ensuite au groupe néonazi
l'Assaut - Photo extraite du livre «Les Barbaras», réalisé
par les revues antifascistes flamande «Halt» et belgo-française
«CelsiuS» (éditions Epo, 1988).
La «galaxie degrelliste»
se lézarde
Il faut savoir que depuis sa fuite en Espagne, l'ex-SS belge
participera, bien que timidement, aux diverses tentatives de restructuration
d'un réseau européen néonazi. Léon Degrelle
était lié au Nouvel ordre européen (Noe), via
sa section espagnole (le Cedade). En Belgique, l'un des responsables
du Noe était l'incontournable Jean-Robert Debbaudt. Qui éditait
pour le compte du Noe, le périodique «L'Europe réelle»,
référence directe au «Pays réel»,
l'ancien journal de Rex. Malgré ses contacts internationaux
et de nombreuses rumeurs, Degrelle ne fut jamais le chef d'orchestre
d'aucune «internationale néonazie».
Lors de l'annonce de son décès,
survenu le 31 mars 1994 à Malaga, sur le sol espagnol, les
néonazis du monde entier lui rendront un vibrant hommage. Mais
les cérémonies à son honneur se feront en ordre
dispersé. En effet, au fil des années, la «galaxie
degrelliste» avait lentement implosé. Les conflits et
concurrences seront légions entre les adeptes de Degrelle.
Parfois en raison de différents politiques, souvent à
cause de litiges financiers à propos du véritable business
organisé autour du «culte de la personnalité»
voué au père du rexisme.
Léon Degrelle (au centre), avec ses
derniers fidèles adeptes néonazis, en 1992 en Espagne.
Bras tendu comme à l’époque du Reich hitlérien,
on reconnaît sur cette photographie (premier en partant de gauche),
Hervé Van Laethem, responsable du VMO-Bruxelles, puis dirigeant-fondateur
du groupe néonazi l'Assaut (actif de 1988 à 1993) et
cofondateur, en 1999, du mouvement Nation. Ce dernier compte se présenter
aux prochaines élections du mois de juin prochain.
Ainsi c’est l'ex-SS-Hauptsurmführer
Jean Vermeire qui dispersera les cendres de Degrelle (incinéré
en Espagne) au «nid d'Aigle», la résidence d'Adolf
Hitler à Berchtesgaden, en Bavière, à la frontière
avec l'Autriche. De plus, avec l'amicale des Bourguignons, Vermeire
organisera aussi une messe pour leur commandant en chef. Tandis qu’Hervé
Van Laethem, le dirigeant-fondateur du groupe l'Assaut disciple de
Degrelle, proposera, lui, le 19 avril 1994, une autre messe catholique
en l'honneur de Degrelle, et ce avec le soutien des anciens SS flamands
du Hertog Jan van Brabant.
L'organisation simultannée de
ces deux cérémonies différentes caractérisait
les tensions vivaces chez ces derniers degrellistes. Confident personnel
de Degrelle, Jean Vermeire n'avait jamais accepté la récupération
que le groupe néonazi l'Assaut avait fait de l'ex-SS wallon.
Et notamment, la réutilisation du nom et du logo du journal
«L'Assaut», un «hebdomadaire de combat de la
jeunesse», qu'il avait fondé à la fin de
la Deuxième Guerre mondiale.
Les semaines qui suivront la mort de
Degrelle verront apparaître par ailleurs la Fondation/Fonds
européenne Léon Degrelle (FELD), animée par le
toujours actif néorexiste Jean-Robert Debbaudt et le vidéaste
de l'Aile et du PFN. Soutenue par la librairie parisienne néonazie
L'AEncre, la FELD voulut faire perdurer l'héritage idéologique
de Léon Degrelle, entre autre à travers une revue confidentielle.
Son existence sera néanmois éphémère.
Au même moment, l'amicale les Bourguignons – reprise en
main par Jean Vermeire – fut traversée par une «guerre
des clans» interne. Vermeire poursuivra seul son combat avec
cette amicale ne regroupant plus qu'une poignée d'«anciens».
Refusant l'autoritarisme affiché de Jean Vermeire, plusieurs
autres légionnaires wallons du front de l'Est et certains de
leurs enfants se regrouperont, dès 1994, dans une nouvelle
association, dénommé le «Dernier carré».
De nos jours, ce «Dernier carré»
et l'amicale les Bourguignons poursuivent, avec les derniers survivants
de la SS Wallonie et leurs quelques jeunes admirateurs inconditionnels,
l'entretien des souvenirs de la «croisade antibolchévique»
de 1941 à 1945.
Contre les «banksters», Degrelle de retour ?
En ce qui concerne son «passé degrelliste»,
Patrick Sessler, le secrétaire général et député
régional bruxellois du Front national belge, affirme toujours
actuellement qu'il ne regrette rien. Et continue, avec Michel Delacroix,
l'ex-président frontiste, de fréquenter le commandant
Jean Vermeire, de la «Grand Armée» (nom donné
ici à la Waffen SS), ainsi que l’appelle ce responsable
frontiste !
Fondé en 1999 par des dissidents
du Front national et du Front nouveau de Belgique, le mouvement Nation
a regroupé lui aussi dès ses débuts des anciens
néorexistes. Son dirigeant-fondateur est Hervé Van Laethem,
déjà cité dans cet article comme un disciple
belge de Degrelle. Le premier chef de la section Bruxelles-Brabant
Wallon de Nation était quant à lui un certain... Jean-Robert
Debbaudt, le dirigeant-fondateur des diverses initiatives néorexistes
depuis les années 1950, comme nous l'avons vu. Lorsque Debbaudt
meurt le 28 juin 2003, le mouvement Nation lui rend un hommage digne
de ce nom en affirmant : «Jean-Robert Debbaudt restera pour
ses anciens et plus récents camarades l'exemple de la fidélité
à un idéal. Toujours disposé à donner
des conseils, à raconter ses expériences, il était
et reste un exemple».
Lors du décès en 2006 d'un
autre activiste néorexiste, Emile Robe, ex-responsable de Rex
National et du groupe l'Assaut, Hervé Van Laethem lui rendra
un hommage personnel sur le site néonazi Novopress. Extraits
de cet hommage : «Pendant un demi-siècle, Emile fit
partie de ses obscurs qui ont maintenu la flamme et l'ont transmise
à de nouvelles générations», «"Passant"
du nationalisme, n'oublie jamais tous ces gens, qui comme Emile Robe,
ont fait ce qu'il fallait pour que nos idées survivent ! Ne
les oublie jamais et incline-toi...!». De toute évidence,
ces héritiers de Léon Degrelle restent donc des exemples
pour le mouvement Nation.
Un nouveau Léon Degrelle et son
«style politique» pourront-ils cependant refaire surface
en 2009 ? Notamment en pleine crise économique provoquée
par le crash bancaire ? La réponse est oui. En tous les cas
pour le style. Récemment, le mouvement Nation a repris, dans
un de ses communiqués, le terme «degrelliste» de
«Banksters», fusion à dessein des mots «banquiers»
et «gangsters». Pour leur part, les responsables de l'actuelle
campagne électorale du Front national de Jean-Marie et Marine
Le Pen pour les élections européennes, du mois de juin
prochain, ont choisi le slogan suivant : «Contre l'Europe
des banksters»... Le style degrelliste – simpliste,
populiste et anti-politique – est donc bel et bien de retour.
Manuel ABRAMOWICZ
Affiche du Front national français pour
les prochaines élections européennes. Le terme «banksters»
a été inventé au milieu des années 1930
par... Léon Degrelle – Doc. RésistanceS.be
|
Degrelle,
héros wallon pour l'extrême droite européenne

Promotion sur Internet du local régional
«Léon Degrelle» du parti néofasciste
italien Forza nuova, lié en Belgique au mouvement Nation
– Doc. RésistanceS.be
Pour
l'extrême droite étrangère, Léon
Degrelle est devenu bien vite un modèle. Auteur prolixe,
ses livres seront traduits dans plusieurs langues : anglais,
espagnol, italien, portugais, néerlandais, croate, polonais...
En Espagne, où
il trouva refuge en 1945 et vécu tout le restant de sa
vie, l'ex-SS wallon avait de nombreux amis et admirateurs au
sein la Phalange espagnole, le parti unique du régime
dictatorial franquiste. Il faut dire que Degrelle apporta, dès
sa fondation en 1965, son soutien au Circulo Espanol de Amigos
de Europa (Cedade, Cercle espagnol des amis de l'Europe), la
section hispanique du Nouvel ordre européen (Noe). La
direction de ce réseau néonazi, dont le siège
se trouvait en Suisse, comportait d’ailleurs le néorexiste
belge Jean-Robert Debbaudt. Léon Degrelle pouvait aussi
compter en Espagne sur Fuerza nueva (Force nouvelle), un parti
néofranquiste fondé, en 1977, par un proche :
son ami de toujours Blas Pinar. En 1987, Fuerza nueva pris le
nom de Frente nacional, sur le modèle du Front national
français. Depuis la disparition en 1994 de Léon
Degrelle, une «association culturelle des amis de Léon
Degrelle» existe dans son pays d'adoption. Cependant,
elle semble être désormais en sommeil.
En France, dans
les années 1980, dans l'organigramme du Parti nationaliste
français et européen (PNFE, ouvertement hitlérien),
il y avait une «section Léon Degrelle». Une
librairie à Paris, la librairie Ogmios, diffusait alors
ses écrits. En 1992, la librairie L'AEncre (qui reprit
le flambeau d'Ogmios), se chargera de diffuser l'«Appel
aux Jeunes européens», un des derniers textes
écrit par Degrelle. Ce texte visait à mobiliser
la nouvelle génération militante, des néonazis
à ceux de la droite nationaliste. C'est alors le Groupe
Union Défense (Gud) qui fut l'une des autres organisations
les plus admiratrices du dirigeant nazi wallon. Jean-Marie Le
Pen himself et plusieurs sections locales de son Front
national considèrent encore Léon Degrelle comme
un modèle politique. En 2000, une librairie parisienne
fréquentée par des militants du Front national,
diffusait «Tintin mon copain», le dernier livre
de Degrelle, édité plusieurs années après
son décès par certains de ses disciples.
En Pologne et en
Russie, celui qui – de 1941 à 1945 – a combattu
les armes à la main les Soviétiques reste une
référence pour les naziskins de Blood & Honour.
Comme aux Etats-Unis, pour le NSDAP-AO, le parti hitlérien
reconstitué outre-Atlantique. Cependant, c'est en Italie
que Degrelle semble avoir le plus d'admirateurs de nos jours.
En particulier chez les dirigeants de Forza nuova (FN), la formation
d'extrême droite la plus active dans ce pays. Un local
(depuis novembre 2007) et une «section jeune» de
ce FN italien portent le nom de Léon Degrelle !
M.AZ
|
© RésistanceS –
web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite –
www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis
en ligne le 4 mars 2009.
|

INFORMATION EXCLUSIVE
Jean
Vermeire, ex-officier SS belge et dernier chef du rexisme, est décédé
(03/10/2009)
Au sommaire de ce dossier
:
• Léon
Degrelle à la Une (introduction au dossier)
• Les
fidèles adeptes du «degrellisme» de 1945 à
nos jours
• Léon
Degrelle, le Che Guevara de l'extrême droite
• L'idéologue
de Degrelle : Charles Maurras
• Degrelle
sous la plume de Jonathan Littell
• L’ex-bras
droite de Degrelle est mort
• Un
héritier de Degrelle au Vlaams Blok
• L’Extrême
droite est-elle nazie ?
Prochaine en librairie
:
le livre de Manuel Abramowicz (coordinateur
de RésistanceS.be) consacré aux disciples et aux héritiers
du «degrellisme»

Ce livre sera publié aux éditions Aden,
dans sa nouvelle collection «RésistanceS.be»

Léon Degrelle à
la RTBF avec RésistanceS.be
Comité
de soutien de RésistanceS
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