RésistanceS 13-04-2007

Un exemple héroïque pour les générations actuelles


L’Insurrection
du Ghetto de Varsovie

 


Combattants juifs du Ghetto de Varsovie.

Le 19 avril 1943 - il y a 64 ans jour pour jour -, la veille de Pessah, la Direction de l’Organisation Juive de Combat, née en juillet 1942, ordonne l’Insurrection en réponse à l’assaut massif de la Wehrmacht. Cinq membres la composent : Mordekhaï Anielewicz du Hashomer Hatzaïr en assume le commandement ; Marek Edelman du Bund est son commandant en second ; Icchak Cukiermann du mouvement pionnier Hekhaloutz, Hersz Berlinski du Poale Sion de gauche et Michal Rojzenfeld du Parti communiste en font également partie.

Marek Edelman, l’un des rares insurgés à avoir survécu, le rappelle dans la postface signée pour la réédition, en 2002, de ses « Mémoires du Ghetto de Varsovie » :


« La défense du Ghetto n'avait rien d'inattendu. Elle était la suite logique de quatre années de résistance d'une population enfermée dans des conditions inhumaines, humiliée, méprisée, traitée, selon l'idéologie des vainqueurs, comme des sous-hommes. Malgré ces conditions dramatiques, les habitants du ghetto ont, dans la mesure du possible, organisé leur vie selon les plus hautes valeurs européennes. Alors que le pouvoir criminel de l'occupant leur refusait tout droit à l'éducation, à la culture, à la pensée, à la vie, voire à une mort digne, ils ont créé des universités clandestines, des écoles, des associations et une presse. Ces actions qui engendraient la résistance contre tout ce qui menaçait le droit à une vie digne, ont eu pour conséquence l'insurrection. Celle-ci était l'ultime moyen de refus des conditions de vie et de mort inhumaines, l'ultime acte de lutte contre la barbarie et pour la sauvegarde de la dignité. »

Au cours d’une interview qu’il a accordée récemment au quotidien israélien Yediot Aharonot, une journaliste lui a demandé si l’insurrection ne constituait pas une manière de suicide collectif. Edelman s’insurge :

« En nous soulevant, nous avons rappelé notre appartenance au genre humain. En prenant les armes contre ceux qui voulaient nous anéantir, nous nous sommes raccrochés à la vie et nous sommes devenus des hommes libres. »

Vers l’extérieur, les insurgés ont donc lancé un message où le désespoir le dispute à la foi en des lendemains que la plupart d’entre eux ne connaîtraient pas. En témoigne ce passage de la « Proclamation du Ghetto au combat », diffusée le 23 avril :

« Nous nous battons pour notre liberté et pour la vôtre... Pour notre honneur et pour le vôtre... Pour notre dignité humaine, sociale, nationale et pour la vôtre... »

Entre 1939 et 1945, des Juifs ont combattu partout : dans des armées régulières, au sein de mouvements de résistance, et dans d’autres ghettos que celui de Varsovie. Mais c’est grâce à cet appel adressé à la conscience des générations futures que l’Insurrection du Ghetto de Varsovie fait aujourd’hui figure de symbole. Un symbole dont beaucoup de ceux qui la commémorent chaque année ont visiblement perdu le sens, ou peut-être voulu l’oublier.


[Texte extrait de « Points critiques », mensuel de l'Union des progressistes juifs de Belgique, n° 275, avril 2007 – Publié sur le site de RésistanceS – www.resistances.be – le 13 avril 2007]

 

« Nous voulons sauver la dignité humaine »


Mordekhaï Anielewicz, l’un des cinq jeunes insurgés du Ghetto de Varsovie.

Le soulèvement éclate le 19 avril 1943 : il mobilise 400 insurgés de l'Union militaire juive (ZZW) et une quarantaine de combattants de l'Organisation juive de combat (ZOB).

Les combats firent environ 7 000 morts parmi les habitants du ghetto ; 6 000 autres furent brûlés vifs ou gazés tandis que le quartier était entièrement rasé. Les Allemands déportèrent les survivants vers le camp d'extermination de Treblinka et les camps de travail de Poniatowa, de Trawniki et de Majdanek.

Le retentissement psychologique de l'insurrection du ghetto de Varsovie fut considérable. Les Allemands n'avaient pas prévu une résistance d'une telle vigueur : vu le déséquilibre des forces, l'issue n'en restait pas moins certaine.

« My nie chcemy ratowac zycia. Zaden z nas zywy z tego nie wyjdzie. My chcemy ratowac ludzka godnosc »
(« Nous ne voulons pas sauver notre vie. Personne ne sortira vivant d'ici. Nous voulons sauver la dignité humaine »).
Arie Wilner (pseudo Jurek) soldat de la ZOB.

[Texte extrait de la notice sur la révolte du Ghetto de Varsovie publiée sur Wikipedia ]


À Bruxelles, le 19 avril
Commémoration de la révolte du Ghetto de Varsovie
L'Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) invite le public à célébrer le 64e anniversaire de l'insurrection juive du Ghetto de Varsovie, le jeudi 19 avril, à Bruxelles.

Organisée chaque année par l'UPJB, cette commémoration se déroulera en deux temps :

• A 19h :
Dépôt de fleurs devant le Monument à la Résistance juive et le Mémorial de la
Déportation d’Anderlecht, à l’angle de la rue Emile Carpentier et de la rue des Goujons (1070 Bruxelles).

• A 20h15 :
Projection d’un film consacré à la révolte du Ghetto de Varsovie. Elle se tiendra au local de l'UPJB : 61 rue de la Victoire à 1060 Bruxelles

Renseignements complémentaires :
Tél :00-32 (0)2-537.82.45
e-mail : upjb@upjb.be
Site : www.upjb.be