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Qui était Jacques Yerna ?

Nous publions, ci-dessous, une notice biographique consacrée à Jacques Yerna. Cette notice est extraite de l'ouvrage www.destree.org/IJD-Publications.htm édité en 1995 par l’Institut Jules Destrée, sis à Charleroi. Nous la complétons d’une correction historique essentielle.

Licencié en sciences économiques de l'Université de Liège (1947), employé au ministère du Travail (1947-1948), acheteur au Grand Bazar (1948), Jacques Yerna entre à la FGTB nationale dans le service "Conseils d'entreprises", placé sous la direction d'André Renard (1949- 1959). Il y crée une commission économique qui sera à l'origine des rapports « Réformes de structures et Holdings et démocratie économique » des Congrès FGTB de 1954 et 1956.

Déçu par le compromis qui a mis fin à l'Affaire royale et, irrité par le fait que les métallurgistes n'ont pas rejoint les mineurs du Borinage dans leur grève en 1959, il l'exprime dans les pages de « La Gauche », hebdomadaire qu'il a contribué à créer avec notamment Freddy Terwagne, François Perin et André Renard (1956). Ce dernier lui ferme alors les presses de « La Wallonie » où était imprimée « La Gauche ». Secrétaire national de Gazelco (1959-1962), le penseur rationnel et doctrinaire qu'est J. Yerna n'a pas hésité à lancer le mot d'ordre de marche sur Bruxelles au moment de la Grande Grève (1er janvier 1961). Il n'adhère au Mouvement populaire wallon (MPW) qu'en 1962, afin d'y défendre l'idée que la Wallonie doit être maître de sa politique économique. A la mort d'André Renard, dont la mémoire est perpétuée dans une fondation que Jacques Yerna a contribué à créer (la FAR), il devient le secrétaire de la Régionale Liège-Huy-Waremme de la FGTB (1962). Partisan d'un fédéralisme lié à un projet socialiste pour la Wallonie, il participe à toutes les actions wallonnes de 1962-1963. En 1964, suite à la motion d'incompatibilité d'appartenance décidée par le PSB, Jacques Yerna "choisit" d'abandonner ses responsabilités au journal « La Gauche » et de quitter le PSB. Il participera pourtant à un rapprochement des Fédérations wallonnes du PSB et de la FGTB (1967), et collaborera à la rédaction du texte du congrès de Verviers des Socialistes wallons.

Membre du groupe « Esprit » (1954) qui donnera naissance au Centre de recherches et d’information socio-politique (CRISP), dernier président du MPW (1968), Jacques Yerna est le coordinateur, avec Max Bastin, du groupe de réflexion B-Y, qui réunit « les gauches chrétienne et socialiste afin de construire une vision commune de l'avenir de la Wallonie et ce indépendamment des rivalités de partis ».

Pour une biographie plus complète, on se reportera à la notice qui lui est consacrée dans l’« Encyclopédie du Mouvement wallon », sous la direction scientifique de Paul Delforge, Philippe Destatte et Micheline Libon, Charleroi, 2001, tome 3, p. 1685-1686.

 

NDLR (de RésistanceS) :
Cette présente notice ne précise pas que l’un des principaux piliers du journal « La Gauche » fut Ernest Mandel, le dirigeant belge de la IVème Internationale trotskiste. Pendant plusieurs années, l’équipe de cet hebdomadaire anima un courant politique défendant les principes marxistes-révolutionnaires au cœur même de l’appareil socialiste (PS) et syndicaliste (FGTB). Jacques Yerna, ensuite mis au courant par Ernest Mandel lui-même de l’opération d’entrisme orchestrée par « la Quatre », en devint un compagnon de route. En effet, jusqu’à son récent décès et malgré son appartenance au parti socialiste, Jacques Yerna milita aux côtés de ses camarades de la gauche radicale.

Manuel ABRAMOWICZ, Bruxelles, 13 août 2003.

Sommaire de notre hommage à Jacques Yerna

Jacques Yerna (1923-2003) : Notre Grand Jacques est mort, hommage de RésistanceS à un militant antifasciste

Le CRACPE salue son militant Yerna

Qui était Jacques Yerna ?

Hommage citoyen et révolutionnaire à Jacques Yerna

Jacques Yerna, un rassembleur (interview)

Jacques Yerna : les références (à lire de et sur Jacques Yerna)