Bienvenue dans le nouveau numéro de "Maudite : Autriche
!"
Ce numéro de "Maudite : Autriche !" est dominé par le "scandale
des informateurs" qui hante le FPOe et met les nerfs de Joerg Haider à rude
épreuve, depuis le début du mois d'octobre.
À part cela, le FPOe a remplacé ce mois-ci deux de ses ministres, et a ainsi
depuis le mois de février "usé" la moitié de l'équipe gouvernementale. Quel
dommage qu'il s'en trouve toujours des nouveaux pour les remplacer...
Comme d'habitude, un mot d'explication au sujet de ce bulletin d'information :
"Maudite : Autriche !" est notre bulletin mensuel d'information sur la
situation en Autriche et les conséquences du gouvernement de coalition FPOe/OeVP. Nous
avons décidé de lancer ce bulletin après avoir remarqué que peu de gens savent ce
qu'il se passe actuellement en Autriche, surtout depuis l'étranger. Le gouvernement a
atteint son objectif : après le rejet des discussions sur les "sanctions" de
l'Union européenne, la folie quotidienne qui règne dans le pays a disparu de l'ordre du
jour, pour le public international.
Les "sanctions" ont été levées, événement célébré comme une victoire par
presque tous les groupes politiques, et "l'intérêt" que suscitaient les
développements en Autriche a encore diminué. La "normalisation" du
gouvernement de droite et d'extrême droite se poursuit, ce qui rend plus que jamais
nécessaire l'information sur l'aggravation de la situation en Autriche. Il est donc
essentiel que vous diffusiez ce bulletin autour de vous autant que possible, de manière
à faire connaître aux plus de personnes possible la situation
autrichienne.
Diffusez, diffusez, diffusez ! Bien entendu, vous pouvez utiliser ce matériel,
entièrement ou partiellement, pour des magazines et des journaux, auquel cas nous vous
remercions de nous en avertir par e-mail.
Vos critiques et vos remarques sont les bienvenues, de préférence en allemand ou en
anglais, à : raw@raw.at
Bonne lecture !
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Au sommaire de ce numéro de novembre 2000 :
[1] Haider à Vienne
[2] Commémoration interdite
[3] Condamnation pour activités nazies
[4] Un politicien FPOe local de la base
[5] Schmid 1
[6] Le nouveau ministre FPOe pour la Femme
[7] Exit le ministre 2, ou : Schmid 2, ou : la crise du personnel au FPOe 1
[8] La censure ou : le FPOe toujours prêt à engager une poursuite
[9] Scandale sur le financement du parti
[10] Le scandale des informateurs - avant-propos
[11] Le ministre de la Justice Herr Boehmdorfer
[12] Le membre "de la base" du parti
[13] Hilmar Kabas & Co ou : des problèmes de personnel au sein du FPOe 2
[14] Salzburg ou : des problèmes de personnel au sein du FPOe 3
[15] L'" ultime contre-attaque"
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[1] Haider à Vienne
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Le 19 octobre dernier, le FPOe commençait non-officiellement sa campagne électorale à
Vienne : Haider s'est adressé à quelque 800 partisans d'un âge moyen de 70 ans, au
Palais des congrès de Vienne (pendant que de nombreuses protestations se faisaient
entendre à l'extérieur). Il a utilisé un vocabulaire désormais bien connu, évoquant
une "élimination conséquente" des étrangers et déclarant que Vienne
"mérite d'être libérée de la gauche (...)", et que "Depuis qu'(il) est
gouverneur de Carinthie, aucune personne de gauche n'ose manifester de manière
sérieuse". Il a poursuivi dans cette veine, à la grande joie de ses partisans.
Suite à cet événement, quelques jeunes partisans du FPOe ont mis en pratique les
préceptes de Haider, agressant six personnes qui avaient protesté contre cette
conférence plus tôt dans la soirée et qui rentraient chez eux. Commentaires des
agresseurs : "À l'intérieur, les discussions, mais dehors : l'action", et
"Nous continuons ce que Haider ne peut pas faire lui-même". Ils ont battu ces
six personnes, menaçant en outre un journaliste avec un couteau. Bilan : deux personnes
gravement blessées, une légèrement blessée, toutes des opposants de Haider....
Il faut s'attendre à ce que la campagne électorale du FPOe à Vienne s'accompagne de
manifestations racistes d'envergure. Il n'en reste pas moins que le doute subsiste sur la
future tête de liste pour Vienne : il ne s'agira sans doute pas de Hilmar Kabas, puisque
son implication dans le "scandale des informateurs" devrait l'empêcher de se
présenter.
[2] Commémoration interdite
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Une cérémonie commémorative était prévue pour le 1er novembre dans un
cimetière de Salzbourg, pour les Juifs, Roma et Sinti de Salzburg, les victimes du
Travail obligatoire, les objecteurs de conscience, les victimes de l'euthanasie, et les
Résistants de Salzbourg, assassinés par les nazis. La cérémonie a été interdite par
la Direction fédérale de la Police car "l'objet de l'événement est contraire aux
lois anti-criminelles" et parce que cet événement ne correspondait pas aux
traditions populaires. La police a en outre indiqué que la cérémonie était "une
manifestation de caractère politique contre l'apparition d'anciens membres des forces
armées SS sur le cimetière".
Ceci signifie donc que lorsque des anciens SS commémorent leurs morts, cela correspond
aux traditions populaires, et que cela ne constitue aucune atteinte aux lois
anti-criminelles ! La commémoration des victimes de la barbarie nazie, par contre, est
selon la police une insulte "aux sentiments de vénération et de croyance religieuse
de nombreux (...) autres visiteurs du cimetière".
Même une manifestation de protestation silencieuse prévoyant le port d'étoiles jaunes
en papier a été interdite par les autorités, car certains visiteurs du cimetière
ressentaient ceci comme une "dérision des soldats tombés durant les deux Guerres
mondiales".
L'Autriche honore les nazis et interdit la commémoration de leurs victimes.
[3] Condamnation pour activités nazies
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L'activiste d'extrême droite, Robert Duerr vient d'être condamné en vertu de
la loi contre les activités nazies. Selon lui, cette loi a été voté pour protéger
"les escrocs et les criminels" (sic). Robert Duerr n'est pas n'importe qui.
Membre de l'équipe du magazine d'extrême droite "Sieg" ("Victoire"),
il entretient toujours de bonnes relations avec le NPD allemand (parti
"national-démocrate" néonazi). Il aurait participé - à plusieurs reprises -
en qualité d'orateur, à des événements du NPD. En outre, il a été parmi les
fondateurs du Partei Neue Ordnung (Parti de l'Ordre nouveau, une minuscule formation
autrichienne d'extrême droite) ainsi que de la "Communauté des Fermiers". Il
était également très actif pour le FPOe et un de ses candidats en 1987.
[4] Les sympathies nazies d'un politicien FPOe
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Wolfgang Haberler, président d'un district viennois du FPOe, a été
"dénoncé" par deux ex-permanent du FPOe. Ceux-ci déclarent, en effet, qu'il a
participé à une fête de solstice d'été en 1994, durant laquelle, il a chanté la
"chanson de Horst Wessel", interdite en vertu de la loi contre le fascisme. En
1993, Haberler avait déjà posé fièrement dans les tranchées d'extrémistes de droite
croates, recherchant où acheter des armes pour des tireurs isolés. Il a également mis
les locaux régionaux du FPOe à la disposition d'un groupe de jeunes qui portait le nom
de "Sturmgruppe Ost" (Groupe d'assaut-Est) et produisait des affiches sur
lesquelles on pouvait lire "L'Autriche était, est et restera allemande". En
1988, il a publié un article dans le journal d'extrême droite "Der
Voelkerfreund" (L'ami du peuples). Dans cet article, il proposait un commentaire du
"Saint Germain dictate", c'est-à-dire du traité de paix allemand de 1919.
Il y a deux ans, Wolfgang Haberler déclara que le gouvernement, par le biais de sa
politique d'immigration, entendait changer l'Autriche "de fond en comble".
[5] Le ministre FPOe Schmid n'est pas un modèle
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Si quelqu'un doit connaître les règles de la circulation, c'est bien Michael
Schmid, ministre FPOe de l'Infrastructure et de la circulation. Pourtant, au volant de sa
voiture, il a pris son téléphone mobile et composé un appel, sans utiliser de
"handsfree" (système qui laisse les mains libres). Ceci constitue un délit en
Autriche. Qui plus est, il a commis ce délit alors qu'il était filmé pour une interview
- ce qui tombe pour le moins dans la catégorie des "passablement stupides".
Schmid s'est dénoncé lui-même à la police.
[6] Le nouveau ministre FPOe de la Femme
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L'ex-ministre de la Justice, Krueger (FPOe), a tenu tellement peu de temps son
portefeuille qu'il peut se qualifier pour le livre Guiness des Records. C'est aujourd'hui
Sickl, ministre FPOe des Affaires sociales, qui a dû démissionner. Son successeur, Herr
Haupt, est un vétéran et membre d'une confrérie d'étudiants de droite... Haupt sera
par conséquent aussi le ministre des Affaires de la Femme. Dans une interview, alors
qu'on demandait à son épouse si Herr Haupt l'aide dans les travaux du ménage, celle-ci
a répondu qu'il n'en avait pas le temps, mais qu'il lui achetait des appareils
ménagers... : la politique de la Femme, à la sauce autrichienne !
[7] Exit le ministre 2, ou : Schmid 2, ou : la crise du personnel au FPOe 1
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Les ministres Krueger (FPOe) et Sickl (FPOe) ont été démis de leurs fonctions en raison
de pressions internes au sein de leur parti; Schmid, le ministre de l'Infrastructure,
s'est retiré lui-même car ses "batteries sont vides". Et aussi parce qu'il en
avait assez des luttes internes dans le parti, depuis la défaite du FPOe lors des
élections dans le land fédéral autrichien de Styrie. Son successeur n'a pas encore
été déterminé ; on parle de Hubert Gorbach (FPOe), mais celui-ci ne bénéficie pas
des faveurs du "membre de la base du
parti " Joerg Haider. Il n'en reste pas moins vrai que le FPOe commence à manquer de
ministrables.
[8] La censure ou : le FPOe toujours prêt à engager une poursuite
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Dans une lettre adressée aux rédacteurs en chef d'un magazine d'étudiants
(d'un tirage de 200 exemplaires), on pouvait notamment lire : "J'ai participé aux
manifs contre ce gouvernement de merde depuis la première heure". Quatre ministres
FPOe, Boehmdorfer, ministre de la Justice, Mme Riess-Passer, vice-chancelier, Sickl,
ministre des Affaires sociales (depuis lors "ex-ministre") et Schmid (lui aussi
"ex") ministre de l'Infrastructure, ont soupçonné un délit criminel et,
s'estimant insultés, ont engagé des poursuites contre le
magazine. Les quatre ministres ont exigé du magazine d'étudiants des réparations
appropriées ! Le tribunal saisi n'a pas donné suite aux charges, ce qui n'a pas
satisfait les ministres qui ont alors fait appel devant un autre tribunal où la chose a
été tranchée par Ernest Maurer, sympathisant FPOe (voir "Maudite : Autriche
!" de juillet 2000).
Ce dernier a estimé, comme il se devait, qu'il y avait là effectivement lieu d'engager
des poursuites judiciaires. Le procès a donc eu lieu, et du fait de manque de moyens
financiers, le représentant du magazine d'étudiants a comparu sans avocat et a été
contraint de demander un compromis. Le magazine a dû verser 18 000,00 schillings, dépens
légaux additionnels non compris. Nous ne ferons qu'un commentaire : gouvernement de merde
!
[9] Scandale sur le financement du parti
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Sans doute le FPOe juge-t-il insuffisant le scandale des informations
illégalement obtenues : le nouveau scandale concerne donc le financement et les dons au
parti. Il s'agit cette fois du ministre FPOe de la Justice, Boehmdorfer, qui se moquait de
la loi, et plus précisément de la loi relative à la réglementation des dons aux partis
politiques. Cette loi prévoit en effet que les donateurs généreux offrant plus de 150
000,- ATS (soit 11 000,- euros) doivent figurer sur des listes nominatives. À l'origine
de tout ce tapage, une enveloppe contenant - selon un employé des cabinets de Boehmdorfer
- "une épaisse liasse de billets de 5 000 shillings" (pour un montant total de
5 millions de schillings, soit 350 000,-- euros). Cette somme a été remise à Joerg
Haider comme don au parti par feu Herr Turnauer, propriétaire de la société
Constantia-Iso Holding AG et partisan du FPOe. Cette somme fut ensuite placée dans les
cabinets de Boehmdorfer et cachée en toute sécurité. Pour tout commentaire, Boehmdorfer
et ses confrères de cabinet ont indiqué avoir été tenus au silence du fait de leurs
responsabilités juridiques. La comptabilité du parti ne fait aucune mention de cette
somme marginale de 350 000,- euros.
[10] Le scandale des informateurs - avant-propos
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Ce fut pas une grande surprise pour nous d'apprendre que des officiers de police
avaient remis au FPOe des informations provenant des réseaux informatiques de la police,
et ce à la demande du parti. Après tout, nous savons tous depuis des années que les
informations entre la police et le FPOe circulent très bien. Le FPOe a également tenté
à plusieurs reprises, au cours de ces dernières années, d'utiliser ces informations
pour la diffamation de ses adversaires politiques. Les politiciens du FPOe, et le
quotidien "KronenZeitung", ont ainsi présenté de manière répétée des
documents ne pouvant provenir que des services de police. Mais ceci ne surprendra pas les
personnes politiquement averties. Ce qui surprendra par contre, c'est l'envergure de
l'affaire : il semble que c'est tout un réseau interne qui a été mis sur pied à cet
effet, au sein des services de police - ce qui équivaut à la loi mettant sur pied une
organisation criminelle.
Ce scandale montre en outre la vision du FPOe sur les questions de la protection des
informations et de la démocratie. Il reste à savoir si cette affaire peut nuire au
parti, à long terme...
[11] Le ministre de la Justice Herr Boehmdorfer
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Le ministre de la Justice, Boehmdorfer, a été impliqué dans le scandale des
informateurs de différentes manières :
1. Boehmdorfer a cité des documents secrets de la police, dans le cadre de ses activités
d'avocat, et il a également produit des photos prises par les services de police. Même
s'il n'a encouragé personne au vol d'informations, il demeure susceptible de poursuites
judiciaires pour violation des lois relatives à la protection des informations.
2. Le ministre de la Justice a affirmé que Joerg Haider était "au-dessus de tout
soupçon" dans ce scandale. En qualité d'avocat de Haider, il peut faire de telles
déclarations. Mais en qualité de ministre de la Justice, c'est intolérable !
3. Les cabinets pour lesquels Boehmdorfer travaillait représentent l'AUF (le syndicat de
police lié au FPOe) dans cette affaire (tous les officiers de police suspendus
appartiennent à l'AUF), ainsi que le responsable local viennois Michael Kreissl et
Michael Rami, confident de Boehmdorfer, tout spécialement actif. Ce dernier a notamment
engagé des poursuites contre l'artiste Andre Heller et le scientifique politique Anton
Pelinka pour commentaires insultants.
En résumé : nous avons ici un avocat général - aux ordres de Dieter Boehmdorfer -
enquêtant sur des officiers de police de l'AUF suspects et représentés par un confident
de Boehmdorfer. Le parlement a entre-temps rejeté la troisième mise en accusation de
Boehmdorfer, grâce aux votes de l'OeVP et du FPOe ; il est critiqué par les juges, mais
le Chancelier Schuessel (OeVP) déclare pour sa part : "J'ai confiance dans
l'indépendance du ministre de la Justice qui n'appartient à aucun parti politique."
Toutes les demandes de révocation de Boehmdorfer sont ignorées!
[12] Le membre "de la base" du parti
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[Note du traducteur : lorsque Haider s'est retiré de ses fonctions de Président
du FPOe, il a annoncé ne plus vouloir être à l'avenir qu'un "membre de la base du
parti".]
Les apparitions publiques de Joerg Haider dégénèrent et glissent vers le chaos verbal.
Il affirme ainsi, par exemple, qu'il n'existait aucune preuve contre lui et d'autres
fonctionnaires du FPOe, qu'il ne s'agit ici selon lui que d'une simple campagne
incendiaire rouge-vert dirigée contre la "cohérence de sa politique contre
l'immigration", le sandale tout entier étant "né dans l'esprit malade de
certains journalistes" et enfin que, quoi qu'il arrive, quelqu'un allait
"remettre de l'ordre" à présent.
- Aucune preuve sur les transferts d'informations ? Outre le fait que Haider s'est vanté
de pouvoir obtenir des "informations de la police, à tout moment", il en a
donné une preuve écrite en 1997, qui porte sa signature.
La lettre de Haider à l'ex-ministre de l'Intérieur Schloegl, qui a été jalousement
conservée sous clef jusqu'ici, contient la phrase suivante : "Des documents
provenant de réseaux informatiques de la police de Haute-Autriche, de Styrie et de
Salzbourg, qui ont été mis à ma disposition, en fournissent la preuve
indubitable." Il précisait dans ce courrier ne pas souhaiter nommer ses
informateurs, ne voulant pas "faire de ces courageux officiels... des
coupables." Haider a empêché toutes les enquêtes sur cette affaire, à cette
époque. Il reste à savoir s'il pense agir de nouveau de la sorte, maintenant qu'au moins
cinq de ces "courageux officiels" produisent des preuves contre lui. Une
descente a eu lieu au domicile de Binder, son garde du corps, et Haider lui-même a été
entendu par le service des affaires financières de la police.
Nous verrons si Haider a eu raison de déclarer : "Nous serons aussi capables d'agir
contre cette racaille."
[13] Hilmar Kabas & Co ou : des problèmes de personnel au sein du FPOe 2
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Le président viennois du FPOe a été sévèrement incriminé : il aurait versé
entre 10 000 et 15 000 ATS (soit de 750 à 1 100 euros) par mois à un officier de police
pour obtenir des informations "utilisables politiquement et dans les médias".
Son ami Michael Kreissl, secrétaire du FPOe viennois et ancien président de l'AUF
(syndicat policier du FPOe) aurait personnellement recueilli des documents et organisé le
trafic d'argent. Le ministère public a demandé la levée de l'immunité parlementaire de
Kabas et de Kreissl. Le FPOe de Vienne est ainsi confronté à de sérieux problèmes,
puisqu'une campagne électorale est en vue et que Kabas ne pourra fort probablement pas se
maintenir la tête hors de l'eau encore très longtemps. Ceci signifie qu'il existe, aussi
à Vienne, un problème de personnel au FPOe.
[14] Salzburg ou : des problèmes de personnel au sein du FPOe 3
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À Salzbourg également, le scandale des informateurs est l'origine de problèmes
de personnel pour le FPOe : Helmut Naderer, vice-président du FPOe, officier de police,
parlementaire et adjoint au maire du village de Seekirchen, est lui aussi soupçonné
d'avoir remis illégalement des informations. Naderer s'était rendu célèbre en refusant
que la municipalité de Seekirchen participe au fonds de dédommagement des victimes du
travail obligatoire des nazis (voir "Maudite : Autriche !" de juillet 2000). Karl Schnell, président fédéral FPOe de
Salzbourg, a semble-t-il utilisé lui aussi des informations illégalement obtenues à des
fins politiques (notamment des données provenant de bureaux d'aide sociale). Des demandes
de levée de l'immunité parlementaire de ces deux personnalités sont en cours. À
Salzbourg, au moins 50 enquêtes sur des informations obtenues de manière illégale ont
été confirmées.
[15] L'" ultime contre-attaque"
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Peter Westenthaler a annoncé récemment une "ultime contre-attaque".
Il a remis au cabinet du procureur général une preuve écrite attestant que Kessler,
l'ancien président de la police d'État sous le ministre de l'Intérieur (SPOe) Einem,
qui était tout particulièrement honni par le FPOe, a tenté de placer des officiers de
la police d'État dans l'entourage de Haider en prétextant que des "terroristes
allemands" essayaient d'attenter à sa vie. L'ultime contre-attaque s'est vite
tournée en ridicule, Kessler n'ayant pas été à la tête de la police d'État sous
Einem, mais bien sous son prédécesseur, Loeschnak (SPOe). Au fait : Haider nommait
toujours Loeschnak "notre homme dans le gouvernement" ! Nous conseillons à
Peter Westenthaler de rechercher un autre emploi : dans un cabaret satirique politique !
ÉPILOGUE
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