[Home][Les Infos][Années de plomb] Le milieu néonazi borain perquisitionné # Dépêche RésistanceS-Info-Net # Diffusée par e-mail # 24 juillet 2000.
Depuis quelques mois, la cellule denquête sur les massacres commis dans le Brabant wallon, au début des années quatre-vingt, sintéresse à nouveau à la piste dextrême droite. Plusieurs militants néofascistes, des anciens du Front de la jeunesse et du Westland new post, sont, tour à tour, réinterrogés. Lobjectif est sans doute de fermer des portes. Néanmoins, cette piste semble sérieuse. Elle pourrait placer de nouvelles pièces sur le puzzle des « années de plomb ». Dans ce cadre-là, en avril dernier, un militant néonazi, de longue date, a reçu la visite des enquêteurs. Comme le signalait récemment « Le Matin ». Le 22 juillet 2000, le quotidien « Le Matin », nous informait dune étrange perquisition qui eut lieu deux mois plutôt. La « cible » de cette perquisition était un dénommé Simon Gevenois. Le journaliste du « Matin », Erik Rydberg, mentionnait que ce personnage habitait tout « près de la caravane où Vittorio avait élu domicile ». Il sagit dAndriano Vittorio, un « ancien suspect de la filière boraine, qui sest notamment fait connaître pour ses rétractions à répétition dans la tuerie du Colruyt de Nivelles en 1983 ». Vittorio était connu pour « ses relations interlopes avec lextrême droite, notamment le tristement célèbre Service daction civique » (SAC). Pensé par la mouvance barbouze du parti gaulliste français, le SAC avait pour mission de combattre bec et ongles, au moment de la guerre dAlgérie, lOAS, le bras militaire et terroriste des partisans de lAlgérie française. Ce service policier parallèle sétait spécialisé dans le retournement et le recrutement dactivistes dextrême droite et dadeptes dOrdre de chevalerie. Le voisin de Vittorio, Simon Gevenois, est pour sa part également connu pour ses liens étroits avec lextrême droite. Une piste militaire et facho « Des armes auraient aussi été saisies », entre autres un riot-gun. Le journaliste du « Matin » mentionnait encore, à propos de cette perquisition : « On sait que les pistes samenuisent, et que les maigres espoirs saccrochent aux mouvances boraines, dextrême droite et des clubs de tir. Daucuns ajoutant que le milieu militaire bénéficie dune attention toute particulière. Gevenois nest pas galonné. Mais une bonne partie de ses fréquentations lest. On pense entre autres aux gens de la SCI, la « Section countur-intelligence ». Est-on allé chez lui afin de rendre nerveuses dautres personnes plus intéressantes ?», sinterrogeait à juste titre Erik Rydberg dans son papier. RésistanceS peut rajouter au pedigree de Simon Gevenois dautres informations. Ces informations montrent que ce dernier est bel et bien un nostalgique de lOrdre nouveau, un peu folklorique, il est vrai, mais bénéficiant de multiples contacts au cur même de la « famille nationaliste » belge. On retrouve sa trace, lors des élections législatives du 13 octobre 1985. Il mène alors la liste montoise n°17 pour le sénat de « FORCES ». Une liste présentée par le Parti des forces nouvelles (PFN), la section politique du Front de la jeunesse (FJ), une organisation néofasciste violente qui avait néanmoins le soutien, dans les années 70, du CEPIC, laile conservatrice du PSC. Plus tard, plusieurs adhérents du FJ-PFN seront cités dans le dossier des tueurs du Brabant. Déjà à cette époque, Simon Gevenois devait fréquenter des militaires de carrières, dont des officiers parachutistes, puisque plusieurs membres du Front de la jeunesse faisaient partie de lArmée belge. Comme Victor Dossogne, le père du chef du FJ, également candidat lors des élections du 13 octobre 1985. Ce vieux colonel dartillerie, aujourdhui décédé, conduisait la liste bruxelloise pour la Chambre de « FORCES » (voir le tract de FORCES que nous reproduisons ci-dessous).
Du PFN à AGIR
Lors des élections législatives du 24 novembre 1991, le Bloc Belge se présenta sous le label « FN-BB » (Fraction nationaliste du Bloc Belge), avec lappui du parti nationaliste wallon AGIR (le monde est petit, AGIR était lui aussi issu du Front de la jeunesse !). Patrick Hermann, le fondateur-dirigeant du BB, mentionnera à ce propos : « Je vous signale laffaire la plus intéressante du mois. Des accords sont intervenus entre le Vlaams Blok et le groupe AGIR. A notre niveau, une convention sest concrétisée avec AGIR, et ce depuis le mois daoût de cette année. De là à prédire que les trois partis précités travailleront en parfaite symbiose avec Monsieur Jean-Marie LE PEN, il ny a quun pas que nous avons déjà franchi » (2). Suite à cette intégration dans AGIR, et en particulier suite à son alliance avec laile radicale dAGIR, menée par lancien gendarme Hubert Defourny (actuel éditeur responsable du Bloc wallon) , le BB disparaîtra en tant que tel de la circulation. Pour sa part, Simon Gevenois continuera à animer son propre mouvement : le Parti national-socialiste borain ! Un parti néo-hitlérien groupusculaire qui se serait rapproché, vers 1996, du Front nouveau de Belgique. Comme les radicaux de lex-AGIR, toujours conduit par Defourny. Depuis lors, Simon Gevenois et certainement lensemble de ses connaissances - semble sérieusement intéresser la cellule Brabant wallon, comme lécrivait « Le Main », le 22 juillet dernier. La pièce Gevenois est-elle une des bonnes pièces du puzzle des « années de plomb » belges ? A suivre RésistanceS-Info-Net
Notes :
[Home][Les Infos][Années de plomb]
|
|