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Le point sur Georges-Pierre Tonnelier
Georges-Pierre Tonnelier a adressé
il y a peu à RésistanceS une curieuse requête
: il nous demandait en effet de supprimer de notre site certaines
informations selon lui insultantes ou dénigrantes, mais également
en contravention avec les lois de protections de la vie privée.
Il déplore en outre n’avoir trouvé sur notre site
« aucune analyse politique de [ses] propos publics ».
Soucieux d’actualiser nos informations, nous nous sommes donc
plongés dans le parcours récent de cet ancien militant
du FDF, passé ensuite au Front national de Daniel Féret,
puis au Front nouveau de Belgique (une dissidence du FN), avant de
revenir au FN et aujourd'hui se retrouver parmi les dirigeants du...
nouveau FN.
Lorsque Georges-Pierre Tonnelier quitte
le Front national, il se tourne vers le MR. Sans succès, puisque
ce parti lui suggère aussitôt de retirer sa demande d’adhésion,
afin d’éviter d’encourir une procédure d’exclusion.
Depuis, Georges-Pierre Tonnelier, condamné
le 18 avril 2006 à sept ans d’inéligibilité
pour incitation à la haine, à la discrimination et à
la ségrégation raciales, serait sans parti politique.
Peut-on pour autant soutenir, comme il le fait, qu’il n’est
pas un personnage public ? Et exiger, comme il le fait, le retrait
d’informations qui concernent l’époque où
il était le bras droit de Marguerite Bastien (présidente-fondatrice
du Front nouveau de Belgique) ou de Daniel Féret (président-fondateur
du Front national) ?
Bien qu’orphelin de parti, Georges-Pierre
Tonnelier n’en est pas moins l’un des membres fondateurs
d’un Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen
(voir notre document), comité fondé en avril dernier
pour soutenir la candidature de ce dirigeant de l'extrême droite
française, régulièrement condamné pour
racisme. Tonnelier est également très présent
sur la toile. Son propre site internet, qui préfère
manifestement s’étendre sur les goûts musicaux
ou cinématographiques du bonhomme que sur son parcours politique,
est de très peu d’intérêt, même s’il
permet d’apprendre qu’il range parmi ses valeurs la lutte
contre l’immigration, sans donner le moindre mot d’explication
à ce sujet.
Pour en savoir plus, il faut lire ce
qu’écrit Georges-Pierre Tonnelier sur divers forums,
blogs, etc. où le moins qu’on puisse dire est qu’il
est très présent.

En 2001, Georges-Pierre
Tonnelier militait activement au Front nouveau de Belgique (FNB),
une dissidence radicale du Front national, comme le prouve cet encart
publié dans « le Bastion », le mensuel officiel
du FNB. Ce document est toujours aujourd'hui en ligne sur Internet
sur le site du FNB. Un problème, pour Tonnelier ? Il ne semble
que non... - Document : RésistanceS.
Le fascisme ? Une « idéologie
de gauche » !
Comme il le reconnaît
volontiers lui-même, Georges-Pierre Tonnelier est un homme «
de droite », « plutôt conservateur
». Ce qui ne fait bien évidemment pas de lui un extrémiste
de droite. Faut-il alors considérer qu’il pourrait avoir
pris ses distances idéologiques avec l’extrême
droite francophone ?
Malheureusement, nulle part nous n’avons
trouvé le moindre propos public de Georges-Pierre Tonnelier
critiquant le programme politique ou l’idéologie de ses
anciens compagnons de route. Passé au FDF, il n’hésite
pourtant pas aujourd’hui à qualifier Olivier Maingain
de « raciste anti-flamands président du FDF
»[1]. Preuve qu’il est parfaitement capable de formuler
des critiques acerbes envers certains de ses anciens compagnons de
route. Mais s’agissant de l’extrême droite, ses
écrits récents tendent bien plus à la présenter
comme respectable qu’à s’en distancier :
« Je n'ai à répondre
que de mes propres opinions. Je n'ai pour ma part jamais fait l'apologie
ni du nazisme, ni du fascisme. Je n'ai jamais nié les chambres
à gaz ni fait preuve de racisme primaire ni d'antisémitisme.
Je vous mets au défi de retrouver une quelconque publication,
un quelconque écrit de ma part qui aille dans ce sens. Je
n'ai donc rien à voir avec de quelconques néo-nazis
ou autres révisionnistes, dont je ne partage pas les thèses.
Je ne suis pas le seul puisqu'il y a, par exemple, au sein du FN,
des personnes comme Charles Petitjean, que l'on ne pourrait soupçonner
de néo-nazisme, ou même Jean-Pierre Borbouse, qui n'a
rien à voir non plus avec cette idéologie. Daniel
Féret lui-même est tout sauf un nazi ».[2]
C’est oublier un peu vite les liens
étroits qui subsistent entre certains mandataires frontistes,
comme Sessler ou Cocriamont, et la mouvance néonazie. Visiblement,
cela ne semble pas gêner outre mesure Georges-Pierre Tonnelier…
Lorsque Georges-Pierre Tonnelier présente
son propre programme politique, on ne peut qu’être frappé
de sa similitude avec celui de l’extrême droite :
« (…) comme je l'ai
déjà écrit, ce terme "extrême-droite"
ne signifie rien du tout. Ensuite, le fascisme était une
idéologie de gauche, inspirée du socialisme. Comment
peut-on dès lors être à la fois fasciste et
d'extrême-droite ? (…) Je suis évidemment sensible
à la question des réfugiés, dont la situation
est certes malheureuse. Notre pays ne peut toutefois accueillir
toute la misère du monde. Comme disait feu Pim Fortuyn, notre
pays est plein. Il convient donc qu'ils aillent trouver refuge dans
un pays voisin du leur. En autorisant le regroupement familial,
le gouvernement encourage les pompes aspirantes de l'immigration.
Cela me semble évident. En ce qui concerne les personnes
qui sont déjà belges, je suis pour ma part favorable
à la mise en place d'une Commission parlementaire de révision
des naturalisations, qui serait chargée, au cas par cas,
de revoir les naturalisations accordées aux étrangers
extra-européens après la date d'arrêt officiel
de l'immigration, en 1974, sur base de critères concrets
tels que la volonté d'intégration, estimée
à partir de la connaissance de la langue, des institutions,
de la culture, de la civilisation, de l'Histoire belge et européenne,
ainsi que sur le comportement personnel de l'intéressé
(respect des lois, us et coutumes belges). Ces révisions
des naturalisations auraient un effet rétroactif »
[3].
Ce thème des « pompes
aspirantes de l’immigration » revient régulièrement
sous la plume de Georges-Pierre Tonnelier. Ainsi écrira-t-il
ceci : « Je me considère aujourd’hui comme
un résistant également ! Résistant à la
pensée unique, à la dictature du politiquement correct,
à l’immigration-invasion. »[4]
Défendre sa culture contre
la dissolution
Les exigences de Georges-Pierre
Tonnelier en matière d’intégration sont particulièrement
fortes. Ainsi refuse-t-il non seulement l’islamisme –
c’est-à-dire la tentative de mainmise de l’islam
sur la sphère politique – mais également l’islam
:
« Pour bien vivre ensemble,
il est nécessaire d'avoir au moins certaines valeurs en commun.
Ce n'est pas le cas avec les personnes qui prônent l'usage
du voile islamique, des repas sans porc, bref qui veulent vivre
selon les préceptes de l'Islam. ».
Et aussi :
« L'Etat ce n'est pas qu'une
entité désincarnée, laïque et neutre :
c'est aussi la matérialisation du peuple qui le constitue.
Il incarne nos valeurs, dont notre héritage chrétien,
ne vous en déplaise. Appartenir à un peuple, qui constitue
le fondement d'une nation, ce n'est pas uniquement adhérer
à un texte formel déclarant des droits et des devoirs,
c'est aussi vivre comme ce peuple, dans le respect de ses traditions,
de sa culture, de son mode de vie. Cela ne veut pas dire que celui
qui n'est pas des nôtres ne doit pas être respecté
ou doit faire l'objet de traitements contraires aux Droits de l'Homme,
de discriminations illégales : il ne peut simplement pas
se prévaloir de notre nationalité et des avantages
que tout pays octroie à ses nationaux (conformément
aux traités internationaux), y compris celui de séjourner
sur son sol (…). Je considère (…) que notre identité
fait partie de notre héritage et que la préserver
face à des cultures étrangères qui s'importent
par le biais d'une immigration de peuplement est un droit et un
devoir. Défendre sa culture contre sa dissolution et sa disparition
fait partie aussi des Droits de l'Homme.
Nous ne pouvons pas laisser l'Europe s'islamiser non seulement car
l'Islam est une religion extra-européenne, étrangère
à nos peuples mais également parce que cette religion
est totalitaire, intolérante et inégalitaire : elle
est en contradiction avec les valeurs fondamentales de l'Europe
(…). ».[5]
Ainsi donc, pour Georges-Pierre Tonnelier,
il ne suffit pas, pour « mériter » la
nationalité belge (nationalité qui pourra de toutes
façons être retirée par le biais d’une «
commission de révision des naturalisations ! »),
de respecter un nombre restreint de valeurs essentielles, piliers
de la démocratie : il faut en plus manger belge, boire belge,
s’habiller belge, chanter belge, lire belge, etc. Et, bien sûr,
prier « belge », c’est-à-dire catholique.
On retrouve à cet égard
le conservatisme extrême de Georges-Pierre Tonnelier, qui estime
par exemple que « L'avortement est un assassinat; ce n'est
pas parce qu'un enfant n'est pas encore né que ce n'est pas
déjà un être humain, dont la mère ne dispose
pas de la vie. Cela n'a rien à voir avec la religion mais bien
avec la biologie et avec la vie. »[6]

En avril 2007, Georges-Pierre
Tonnelier figure (sur ce tract) parmi les responsables du Comité
belge de soutien à Jean-Marie Le Pen, une structure mise en
place pour soutenir la candidature à l'élection présidentielle
du chef de l'extrême droite française. Le soutien sera
inconditionnel, pour une personnalité pourtant régulièrement
condamnée pour racisme. Un problème, pour Tonnelier
? Il ne semble que non... - Document : RésistanceS.
Antisémite ?
Georges-Pierre Tonnelier
rappelle régulièrement que sa grand-mère était
résistante et a aidé des Juifs pendant la guerre. Il
se targue aussi d’avoir eu un avocat et un médecin juifs.
Par ailleurs, Georges-Pierre Tonnelier s’oppose aux lois anti-négationnistes
au nom de la liberté d’expression :
« si je défends la
liberté d’expression pour tous, y compris les négationnistes
/ révisionnistes / etc, il ne me viendrait par contre pas
à l’idée de défendre leurs thèses.
Elles sont tout aussi stupides que la théorie de Terre plate,
qui est encore diffusée à l’heure actuelle par
une sombre société londonienne. De toute façon,
que 6 millions de personnes (pas seulement des juifs, je le précise,
des homosexuels, des opposants politiques et d’autres catégories
de déportés également) soient mortes dans des
chambres à gaz ou de faim ou de froid ou de mauvais traitements,
ou encore de maladies sans avoir pu bénéficier d’un
traitement médical, cela ne change rien : toujours est-il
que ces personnes sont mortes de la volonté d’autres
personnes qui voulaient les assassiner. Quand bien même une
seule personne aurait été déportée,
l’entreprise était criminelle et devait être
condamnée. Je l'ai d'ailleurs déjà dit : je
ne fais ici que me répéter. Je crois donc que tout
un chacun devrait être libre de s’exprimer au sujet
de la Seconde Guerre Mondiale et de donner son opinion sur la façon
dont ces gens sont morts ou bien ont disparu. La manière
dont ils le sont n’enlève de toute façon rien
au caractère criminel de l’entreprise qui, je le répète,
n’est contesté par personne de sérieux. Des
historiens français pensent d’ailleurs que les lois
anti-négationnisme entravent le travail des chercheurs dans
ce domaine (et je parle de chercheurs sérieux, pas de révisionnistes
…). Je suis bien conscient – cela figure dans les travaux
préparatoires de la loi du 23 mars 1995 tendant à
réprimer la négation, la minimisation, la justification
ou l’approbation du génocide commis par le régime
national-socialiste allemand pendant la seconde guerre mondiale
– que la volonté des négationnistes est de réhabiliter
le régime national-socialiste, mais cela ne devrait pas être
une raison pour les priver de la parole. »[7]
On notera que pour Georges-Pierre Tonnelier,
cela « ne change rien » que les victimes du nazisme
soient mortes de froid ou dans les chambres à gaz. Que, tout
en admettant que le négationnisme n’est qu’une
manière de tenter de réhabiliter le national-socialisme,
il n’estime pas que ce soit une raison suffisante pour interdire
les propos négationnistes.
Tout cela ne fait pas un antisémite,
c’est évident. Pas plus que l’insistance de Georges-Pierre
Tonnelier à amener la « question juive » sur le
tapis, même lorsque c’est totalement hors de propos, ne
suffit en soi à pouvoir l’accuser l’antisémitisme.
À propos de l’Etat d’Israël,
il écrit ceci :
« Les lois raciales de l'Etat
d'Israël, par exemple, sont dignes de celles du IIIème
Reich. La Palestine est devenue le plus grand camp de concentration
de la planète. Ce qui me fait dire qu'Israël est le
dernier Etat national-socialiste de la planète. Israël
est un Etat génocidaire qui a fait massacrer, affamer, spolier
de leurs terres, de leurs biens, des millions d'innocents Palestiniens.
On a volé leur terre à ces gens pour y implanter l'Etat
hébreu, qui concentre à côté de tant
de misère les millions de la diaspora juive dans le monde.
(…) L'Allemagne notamment est victime d'une campagne de culpabilisation
suite aux malheureux événements de la Seconde Guerre
Mondiale, campagne qui la force à subsidier aujourd'hui à
coups de millions d'euros l'Etat d'Israël, alors que les victimes
de l'Holocauste ont été depuis bien longtemps largement
indemnisées. L'Allemagne est en train de payer au centuple
pour ce qui s'est passé il y 60 ans. Quand donc les comptes
seront-ils quittes et Israël cessera-t-il d'extorquer de l'argent
à l'Allemagne en utilisant ce génocide comme prétexte
? » [8]
Georges-Pierre Tonnelier a beau jeu,
ensuite, de crier à la calomnie lorsqu’on l’accuse
d’antisémitisme :
« quiconque critique un juif,
une organisation juive ou l'Etat d'Israël se fait automatiquement
taxer d'antisémite ! J'ai déjà vécu
le cas et c'est profondément injuste, car s'il y a bien une
personne qui n'est pas antisémite, c'est moi : mon médecin
de famille a été, durant des années, un juif
dont la mère était survivante des camps de concentration.
J'ai eu un avocat juif. J'entretenais d'excellentes relations avec
plusieurs survivantes de ces camps, tant au sein du FN qu'en dehors,
lorsque j'habitais Saint-Josse. Ma grand-mère, qui était
résistante, a aidé des juifs durant la Seconde Guerre
Mondiale. J'ai déjà dit publiquement et je répète
ici que je condamne sans réserve et sans ambiguité
tous les régimes totalitaires attentatoires aux libertés
fondamentales, dont le communisme et le national-socialisme. Je
ressens donc les insultes d'antisémitisme de manière
particulièrement douloureuse, tant elles sont injustes.
»[9]
Bien sûr, pris isolément,
chacun de ses propos est acceptable. On a parfaitement le droit de
critiquer la politique d’Israël, comme on a le droit de
ne pas savoir que c’est volontairement que l’Allemagne
aide l’Etat d’Israël. On a tout autant le droit d’être
un partisan acharné de la liberté et d’être,
de ce fait, farouchement opposé à toute limitation de
la liberté d’expression, même lorsqu’il s’agit
d’éviter la propagation d’une idéologie
liberticide et criminelle. On a le droit d’être peu soucieux
de la nuance et de mettre sur le même pied les exactions d’Israël
envers les Palestiniens et celles des nazis envers les Juifs et autres
« Untermenschen ».
Mais un tel faisceau de propos qui, comme
par hasard, sont étonnamment semblables à ceux d’une
extrême droite dont Georges-Pierre Tonnelier conteste jusqu’à
l’existence, ça commence à faire beaucoup.
Signalons pour terminer que le 19 septembre
dernier, Georges-Pierre Tonnelier diffusait encore un communiqué
de presse émanant du Front national (voir ci-dessous) . Et
ce à titre de « collaborateur du député
Jean-Pierre Borbouse ». Jean-Pierre Borbouse ? Un dirigeant
du « nouveau FN ». La signature de Tonnelier
précisait aussi qu'il était le « Président
du Centre d'Etudes » et le « Secrétaire
du bureau politique »... du Front national !
Nadia Geerts
Pour RésistanceS

La rédaction de RésistanceS
reçoit le 19 septembre dernier un e-mail contenant un communiqué
de presse du Front national (tendance Michel Delacroix). Ce communiqué
est diffusé par... Georges-Pierre Tonnelier en personne. En
effet, celui-ci est l'un des membres hyper actifs du clan des anti-Féret
qui ont repris à leur compte le FN belge. Un parti qui reste
à l'extrême droite de l'échiquier politique. Un
problème, pour Tonnelier ? Il ne semble que non... - Document
: RésistanceS.

La signature électronique
des e-mail de Georges-Pierre Tonnelier informait encore le 19 septembre
dernier que celui-ci était le « collaborateur de Jean-Pierre
Borbouse » (député régional de Charleroi
du FN), le « président du Centre d'Etudes » et
le « secrétaire du Bureau Politique »... du Front
national (présidé par Michel Delacroix). Un «
front » regroupant, comme celui de Daniel Féret, des
ex-néonazis. Un problème, pour Tonnelier ? Il ne semble
que non... - Document : RésistanceS.
© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême
droite – www.resistances.be – info@resistances.be –
27 octobre 2007.
|
REACTUALISATION
du 31 novembre 2008 :
Georges-Pierre Tonnelier n'est plus d'extrême droite CLIQUEZ
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