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Il quitte l'extrême droite
: pourquoi ?
Georges-Pierre Tonnelier et l'extrême
droite : c’est fini
Du milieu des années 1990 à tout récemment,
il fut l'un des cadres du Front national de Daniel Féret, du
Front nouveau de Belgique (FNB) de Marguerite Bastien et à
nouveau du FN féretiste avant de participer à la création
du Front national rénové en septembre 2007. Georges-Pierre
Tonnelier a présidé le centre d'étude de ce dernier.
Il a aussi été poursuivi pour racisme. Il fut même
condamné par notre justice. Mais depuis lors, ce jeune militant
frontiste affirme avoir compris le danger que représente l'extrême
droite. C'est pour cette raison qu'il a quitté ses rangs. Voici
un article de Nadia Geerts, membre de la rédaction de RésistanceS.be
sur cette « conversion ».

Après plus de 10 ans de militance en
son sein et plusieurs poursuites judiciaires, Georges-Pierre Tonnelier
affirme désormais avoir quitté l'extrême droite.
Selon Georges-Pierre Tonnelier, sa rupture avec le Front national
date de février 2008, date confirmée par une lettre
de Patrick Sessler, secrétaire général du FN
rénové. Selon Georges-Pierre Tonnelier toujours, cette
prise de distance est le résultat d’un « long cheminement
», notamment sur la question du révisionnisme :
« J'ai eu l'occasion de faire
un certain nombre de rencontres et de parler avec un certain nombre
de personnes, qui m'ont amené, tout doucement, à me
sensibiliser à la question, notamment, du révisionnisme.
Je n'avais pas spécialement conscience à quel point
cette question pouvait être sensible pour certaines personnes
et à quel point ce gens d'idées pouvait causer du
tort à autrui. J'avais, dans un esprit de grande largesse,
défendu la liberté d'expression pour tous, y compris
pour ceux qui nient l'existence des chambres à gaz, bien
que je ne défende pas moi-même ces idées. Cependant,
au vu de ces entretiens, j'ai changé d'avis et je ne désire
plus, aujourd'hui, faire preuve de la moindre tolérance à
l'égard de ce genre d'opinions, si tant est qu'on peut les
qualifier ainsi.
Les récents propos de Patrick Concriamont, député
fédéral FN, qui ont été retranscrits
dans l'ouvrage "Un an au FN", publié par le MRAX,
font partie des choses que je ne peux plus tolérer.
»
Sur la question du racisme, Georges-Pierre
Tonnelier déclare aujourd’hui que « le racisme
biologique, tel qu'il peut être défendu par des individus
tels que Bernard Mengal, l'antisémitisme, sont des choses qui
vont de plus en plus contre mes propres valeurs. ».
On notera cependant que l’expression
« racisme biologique » renvoie à une acception
particulière et, espérons-le, en voie d’extinction,
du terme « racisme ». La plupart des partis d’extrême
droite actuels ne défendent en effet plus une hiérarchie
des « races », mais bien le concept de préférence
nationale et le refus du métissage au nom de la préservation
de l’identité culturelle, voire de la pureté ethnique.
De cela, Georges-Pierre Tonnelier ne dit rien. Mais il admet lui-même
qu’ « Après tant d'années, évidemment,
à militer dans ce milieu, il est difficile de tirer un trait
là-dessus d'un coup, mais j'aimerais bien m'y employer, même
si, j'en suis conscient, c'est à moyen terme. »
Il rappelle en revanche qu’il a
« rejoint les rangs du FN suite à une violente agression
dont j'avais été victime, voici dix ans maintenant,
et qui m'a laissé, psychologiquement, handicapé à
8% (expertise psychiatrique à l'appui). »
Il déclare également tenir
« à prendre les plus grandes distances avec tout
de qui touche, de près ou de loin, à la « nostalgie
» par rapport à de telles idées [du régime
totalitaire national-socialiste allemand], et j’attends d’une
personne, pour qu’elle puisse compter parmi mes relations, qu’elle
aussi ait une attitude semblable. »
(source : )
Georges-Pierre Tonnelier exprime le vœu
que soient mentionnés ses vifs remerciements à «
MM. Jean-Louis Renchon et Xavier Renders, respectivement Doyen
de la Faculté de Droit et Vice-Recteur aux affaires étudiantes
de l'UCL, pour les nombreuses conversations et échanges de
courriels que nous avons eu à ce sujet, et qui m'ont aidé
à ouvrir les yeux sur un certain nombre de problématiques,
dont celle du négationnisme (…) et des souffrances que
ce genre de considérations peut causer à autrui, encore
aujourd'hui. »
Enfin, il tient à signaler que
le 8 octobre prochain se tiendra une audience dans le cadre de l’affaire
Mengal, dans laquelle il devra comparaître; l’avocat qu’il
s’était initialement choisi ayant lui aussi été
condamné pour racisme, Georges-Pierre Tonnelier sera défendu
par « Thibault Verbiest et Etienne Wéry, du cabinet
Ulys, que l'on peut difficilement soupçonner de la moindre
complaisance à l'égard de l'extrême-droite.
».
Il est à espérer qu’une
fois terminés les divers procès dans lesquels il est
impliqué, Georges-Pierre Tonnelier poursuivra le chemin qu’il
semble avoir entamé récemment. Si tel était le
cas, il va de soi qu’il serait du devoir de tout démocrate
de l’aider non pas à effacer, mais à surmonter
et dépasser cette longue « erreur de jeunesse ».
Il faudra encore pour cela qu’il clarifie sa position quant
au racisme « non-biologique ».
Nadia Geerts
PS : Suite à la publication de cet article, Georges-Pierre
Tonnelier m’envoie les précisions suivantes :
« En effet, non seulement
je condamne, ainsi que je l'ai exposé, le racisme biologique
- et je fais là référence à l'affaire
Mengal et aux écrits, dont il est l'auteur, et qui relèvent
clairement de ce type de racisme (emploi de termes comme "négroïde",
etc...), qui était celui des nazis, ainsi que très
justement mentionné dans l'article qui traite de ce sujet
sur le site de Résistances, mais aussi le racisme dans son
acception plus globale.
Il n'est évidemment pas question, pour moi, de refus du métissage,
au nom d'une quelconque notion de pureté ethnique. Cela renvoie,
là aussi, à du racisme de type biologique, qui n'est
pas acceptable. Une personne humaine reste une personne humaine,
qu'elle soit noire, jaune, ou d'une autre "couleur" (notion
très relative, vu la grande diversité ethnique de
notre espèce humaine).
De même, une discrimination
fondée, par exemple, sur la religion, serait tout aussi inacceptable
: on ne peut pas refuser à quelqu'un d'être musulman,
juif, bouddhiste, ou que sais-je encore. La liberté des cultes
fait partie des droits garantis par notre Constitution.
Par contre, je pense que, si l'on
ne peut bien évidemment pas reprocher à une personne
son origine ethnique, sa culture, ou même sa nationalité,
on peut lui demander d'adopter un comportement qui soit approprié
à l'environnement dans lequel il se situe.
Ainsi, il me semble normal de demander aux personnes qui arrivent
dans un pays de faire un effort afin d'en apprendre la langue, d'en
comprendre les valeurs fondamentales, et de les appliquer. Je pense
à des notions telles que l'égalité des hommes
et des femmes, de la mixité dans les écoles, dans
les lieux publics, l'apprentissage de la biologie, etc...
Il me semble que cette prise de position correspond, grosso modo,
aux valeurs défendues par le Mouvement Réformateur,
qui défend à la fois des droits mais aussi des devoirs
pour tous les citoyens.
Ainsi, je me sens plutôt
proche (sans vouloir les engager d'une quelconque manière
que ce soit à mon égard) de personnalités politiques
telles que Richard Fournaux, Daniel et son fils Denis Ducarme, François-Xavier
De Donnéa, ou encore plus localement, ici, à Woluwe-Saint-Pierre,
Jacques Vandenhaute et son successeur Willem Draps, Dominique Harmel
et Anne-Charlotte d'Ursel.
J'ai, ainsi que plusieurs membres
du MR, une position plus nuancée sur des questions telles
que le droit de vote des étrangers extra-européens,
ou l'adhésion de la Turquie dans l'Union européenne,
mais cela ne semble être un point de vue adopté par,
quand même, un certain nombre de personnalités démocrates,
et qui ne sont pas caractéristiques de l'extrême-droite.
Il me semble aussi qu'il convient
d'être raisonnable en termes d'accueil de demandeurs d'asile,
et d'une manière générale par rapport à
l'immigration, sachant que, matériellement, notre pays a
des ressources limitées et que l'intégration d'un
grand nombre de personnes ayant une culture différente de
la nôtre n'est pas facile, dans un contexte économique
difficile.
Je ne partage pas le point de vue
des partisans des sans-papiers, et me rapprocherais plus de celui
de la Ministre Turtelboom et du Ministre Dewael.
J'ai le sentiment que l'on peut
avoir une opinion de droite, relativement conservatrice, attachée
à des valeurs telles que la famille, et l'intégration
des personnes d'origine étrangère, réservée
quant à l'immigration, sans pour autant être d'extrême-droite
et nier aux individus leurs droits, en étant raciste et en
pratiquant la discrimination.»
Source: Le blog de Nadia Geerts 
Tonnelier
acquitté dans une affaire de spamming
Le 20 novembre
dernier comparaissait Georges-Pierre Tonnelier devant le tribunal
correctionnel de Bruxelles. Motif ? Harcèlement. Une
accusation dont l’ex-militant du FN a finalement été
acquitté, le 27 novembre dernier. Le tribunal a en effet
estimé que tous les éléments n'étaient
pas réunis pour déclarer la prévention
établie.
Georges-Pierre
Tonnelier était accusé d’avoir envoyé
en 2004 deux mails de propagande du FN à une fonctionnaire
de la Communauté française qui avait demandé
à ne plus figurer sur la liste de diffusion du Front
national.
[N.G]
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© RésistanceS –
web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite –
www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis
en ligne le 30 novembre 2008.
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Enquête
sur le Front national - chanson antisémite et Ordre noir
Un
dossier de Manuel Abramowicz
Avec Nadia Geerts
Au
sommaire de ce dossier :
• Etat des lieux : l'extrême
droite dans une voie sans issue ?
•
Chanson antisémite à la
tête du «nouveau» FN
•
Delacroix... gammée ?
•
Portrait du Zwarte orde-Ordre noir (Zoon)
•
Fachos et pognon
•
Georges-Pierre Tonnelier et l'extrême
droite : c’est fini
Sur
le(s) Front national, lire
également sur RésistanceS.be :
•
Les liens du président Front national
and C° avec un hitlérien...
•
Il y a deux Front national en Belgique
•
Etat des lieux de l'extrême droite
francophone
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